3 Mai 2020 : journée mondiale de la liberté de la presse : lueurs d’espoirs

, par  masterEveil , popularité : 99%

« Cette année la journée mondiale de la liberté de la presse a été célébrée dans un contexte difficile marquée par la pandémie de la Covid 19, qui a engendré plus de trois cent mille morts, cinq millions de personnes infectées , n’ épargnant aucun Etat. Notre pays a été touché de plein fouet par cette maladie et il faut le reconnaitre le pouvoir en place a très tôt mis en place une batterie de mesures pour protéger nos populations, même si on assiste à un relâchement suite à l’allègement du dispositif de lutte anti-Covid.

Nonobstant cette grave situation que nous vivons le Président de la République a tenu, et c’est une première, à féliciter les acteurs des Médias. Lui emboitant le pas, le ministère de tutelle a décidé dans la foulée, de prendre en charge 85% des coûts d’impression des journaux privés remplissant certains critères auprès de l’imprimerie nationale, ainsi qu’à relever la subvention allouée aux médias. C’est dire qu’après une longue période sombre ou on a tenté par tous les moyens d’étouffer le quatrième pouvoir mauritanien, des lueurs d’espoirs pointent à L’horizon. »

Genèse

La rencontre des principaux responsables des médias Africains qui s’est déroulée à Windhoek (Namibie) en 1991, a achevé ses travaux par l’ adoption d’une déclaration dite : « la Déclaration de Windhoek sur la promotion de médias indépendants et pluralistes ». Le contexte de l’époque était marqué par ce qu’on a appelé le printemps de la presse africaine, après le démantèlement du mur du Berlin et les conférences nationales organisées dans la plupart des Etats africains pour plus de liberté et de démocratie.

En décembre 1993, L’Assemblée générale des Nations Unies instaure le 3 MAI, Journée mondiale de la liberté de presse.

Ainsi chaque année la journée du 3 mai est célébrée par tous les pays épris de liberté et de démocratie.

Il faut simplement rappeler que : « La Déclaration de Windhoek » met l’accent sur la promotion d’une presse pluraliste, libre et indépendante et sur la préservation de la démocratie au sein d’un État ainsi que sur le développement économique »

La Mauritanie ! Du surplace à l’espoir

A l’instar de la communauté internationale, la Mauritanie célèbre à son tour la journée mondiale de la liberté de presse. C’était souvent, le même décor qui est planté : discours du ministre de la communication le matin, suivi d’un diner-débat financé par le département, ensuite c’est autour des associations de jouer leur partition.

Ces dernières années notre pays avait procédé à quelques reformes allant dans le sens d’un peu plus de liberté, et de l’élargissement du pluralisme, notamment :

"La libéralisation de l’audiovisuel, la dépénalisation du délit de presse, le fonds d’aide à la presse, la création d’un cadre juridique pour la presse électronique, " etc.

Mieux, avec le passage début septembre 2013, d’un responsable du WORLD EDITORS FORUM, le gouvernement avait pris l’engagement de signer la Déclaration de la Montagne de la TABLE (DTM) qui allait constituer une avancée notoire dans le renforcement de la liberté de la presse. Cette décision est demeurée lettre morte.

Ces acquis qui provenaient des revendications et des recommandations de la corporation portaient d’ores et déjà les germes de leurs insuffisances, puisque les principaux acteurs (associations professionnelles, journalistes) ne participaient pas à leur matérialisation.

Pire, on continuait à réprimer les journalistes, les bloggeurs et des responsables des journaux en ligne ;

De facto on faisait du surplace. Les ministres de la communication qui se sont succédé avaient curieusement « le même discours de l’année dernière », surfant sur les mêmes acquis.

Ainsi la Mauritanie a dégringolé en matière de liberté de presse, selon Reporters Sans Frontières et a perdu sa première place historique au sein du monde arabe …

Last but not least : l’ancien pouvoir décide, ipso facto, de supprimer les abonnements et les annonces destinés aux Médias privés. Du jamais vu même au moment pénible du fameux article 11 qui était pourtant une épée de Damoclès constamment suspendue au dessus des têtes des journalistes.

Perspectives

Après la chape de plomb qui a couvert notre pays, l’arrivée au pouvoir d’un nouveau Président avait suscité beaucoup d’espoirs. Les citoyens mauritaniens souhaitaient un raffermissement de la démocratie, le respect des droits humains et le renforcement de la liberté de presse et de la liberté d’expression.

Le diner offert par le Président de la République « à toutes les générations de la presse » était un signal assez fort.

Il s’agit en outre, pour tous les acteurs au sein de la profession, de consolider le pluralisme et la diversité des Médias.

Il est temps de revisiter certaines questions en instaurant une journée nationale de réflexion sur l’information et la communication pour l’accès à l’information qui est devenu un droit pour le public, sur les questions de régulation et d’auto régulation en mettant en exergue la qualité des membres et la représentation des associations professionnelles, le problème du genre dans les médias, la promotion et la diffusion des langues nationales dans le journaux et télés ainsi que des NTIC…etc.

Pour ce faire un comité de réflexion doit être mis en place pour examiner les contours de cette journée avec l’apport de tous, y compris la société civile, en s’appuyant sur les conclusions des journées de concertation tenues du 11 au 14 /07/ 2016

Par ailleurs, en tenant compte de la conjoncture qui prévaut , les Médias doivent accompagner le pouvoir dans sa lutte contre la pandémie de la Covid 19 ; répandre toutes ces mesures, combattre les fakes news, rassurer les populations, combattre l’indiscipline, le laisser-aller, ainsi que la panique.

La presse doit mobiliser toutes ses énergies et se dresser comme une sentinelle et un auxiliaire, afin de repousser cette calamité mondiale ; cet objectif constitue l’une de nos principales priorités.

Les organisations et associations des Médias

Elles doivent prendre en main, en amont et en aval l’organisation de la journée du 3 MAI. Elles sont les vecteurs et les principales concernées, le département venant en appoint. Les organisations professionnelles doivent renforcer leur cohésion, et leur unité pour faire face à tous les dangers qui menacent la profession, (L’argent et la manipulation). Plus de liberté mais également plus de responsabilité pour prendre davantage des initiatives.

Nous devrions introduire une dose d’éthique dans nos organisations, tout en respectant les échéances fixées pour le renouvèlement de nos directions pour ne pas faire comme « certains Chefs d’Etats » que nous critiquons sévèrement.

-* Les professionnels de l’information et de la communication

Le professionnalisme de certains parmi nous laisse à désirer. Ils se contentent quelquefois des rumeurs, des « chtary » , de calomnies, au lieu de donner une information fiable traitée correctement et recoupée à la source.

Comme dit l’autre : « quand le besoin broie la morale et que l’alimentaire s’acoquine avec le ventre … » ! Dans ces conditions, force est de reconnaitre qu’il est difficile d’assurer l’indépendance du journal et l’intégrité du journaliste.

En fait" le journaliste est un acteur social, il n’est pas un acteur politique", bien que son rôle social ait un impact politique.

Enfin la démocratie ne se conçoit pas sans l’existence d’une presse libre, responsable et crédible

AOB


Echos&Confi

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