Affaire Ahmed Hamza/IGE : éviter l’escalade et la surenchère

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Après le feuilleton « Bouamatou et le Fisc » va-t-on assister à une nouvelle série intitulée cette fois-ci « Ahmed Hamza et l’IGE »  ? Depuis quelques jours en effet, le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott est dans le collimateur de l’Inspection Générale de l’Etat (IGE) qui - dans un rapport provisoire – aurait mis en cause sa gestion ayant entrainé « un trou de 350 millions UM dans les finances de la Communauté urbaine de Nouakchott (CUN) ». Il n’en fallait pas plus pour que la presse et l’opinion publique s’emballent et se saisissent de cette affaire qui réunit tous les ingrédients pour être considérée par certains comme un nouveau règlement de compte. Ahmed Hamza est un cousin du Président de la République et membre influent du RFD de Ahmed Ould Daddah, qui fait partie de la COD, dont le mot d’ordre est « Aziz Irhal » (Aziz dégage) ! De là à voir une relation de cause à effet, il n’y a qu’un pas que beaucoup ont franchi allègrement.

Sans préjuger des motivations de l’IGE, il faut dire que les griefs reprochés au président de la Communauté Urbaine peuvent sembler léger pour susciter un tel traitement. D’abord, on ne parle pas de « détournement », mais plutôt de « mauvaise gestion ».

La réalité des dépenses incriminées est vérifiable

En effet, l’IGE demande à Ould Hamza de rembourser des montants qui ont été dépensés dans le cadre d’un budget dûment voté par l’organe légitime de délibération et approuvé par la tutelle. Ces montants qui couvrent les exercices 2011/2012 concernent pour la plupart des dépenses et des allocations qui ont toujours existé depuis la création des communes. Ces montants dont on réclame le remboursement ne sont ni des fausses factures, ni de la surfacturation, ni des dépassements budgétaires, ni des transferts de chapitre à chapitre et encore moins du détournement. Il s’agit plutôt, pêle-mêle, de subventions versées aux coopératives féminines à l’occasion de la fête du 8 Mars et à la demande du ministère de la condition féminine ; d’appuis apportés aux dentistes pour acheter des fauteuils, à la demande du ministère de la santé ; de subventions allouées aux différents festivals de Nouakchott ; d’aides accordées à des malades et à des nécessiteux… Il y a encore quelques années, pour ce genre de cas, l’IGE, connaissant la liberté que prennent certains responsables avec les procédures, se contentait de vérifier auprès des supposés bénéficiaires, s’ils ont réellement été les destinataires des aides et subventions, et cela suffisait comme preuve. L’essentiel étant que toutes les dépenses ont réellement été effectuées.

Ahmed Hamza n’a pas le « profil d’un détourneur »

Toujours est-il que tout le monde est unanime pour dire qu’on peut ne pas être d’accord avec Ahmed Ould Hamza, qu’on peut désapprouver un aspect ou un autre de sa gestion, mais au risque de paraître simpliste, on ne peut en aucune manière mettre en cause sa probité et le soupçonner de détourner de l’argent pour des intérêts particuliers.
En attendant, l’IGE aurait fixé un ultimatum d’une semaine – qui expire ce jeudi - au président de la CUN pour rembourser la somme de 350 millions d’ouguiyas.

De leur côté, les partisans de Ahmed Hamza se mobilisent. Déjà, une « pétition contre l’acharnement de l’IGE sur M. Hamza » circule et pour la COD, le président de la Communauté Urbaine de Nouakchott (CUN), est victime de « suspicion malveillante » et lui déclare « son soutien infaillible face à cette sinistre campagne ».

Sikhousso