Afrique du Sud : Il y’ a 25ans Madiba est libéré.

, par  masterEveil , popularité : 2%

Après vingt-sept années passées dans une prison de l’apartheid, Nelson Mandela le leader historique sud-africain de l’ANC est un homme libre le dimanche 11 février 1990.

La libération de Nelson Mandela est un événement médiatique planétaire. Des centaines de photographes, caméras de télévision et journalistes -venus du monde entier- sont présents devant la maison d’arrêt pour immortaliser ce moment historique. Des millions de téléspectateurs vivent l’évènement en direct.

Image pour l’histoire que celle de ce Monsieur à cheveux blancs, très droit, très digne, très ému, s’avançant lentement vers la foule en donnant la main à sa femme.

Nelson Mandela, le plus vieux prisonnier du monde, a retrouvé, le 11 février 1990, la liberté dont il était privé depuis vingt-sept ans. « C’est un homme de quarante-cinq ans, dans la force de l’âge, qui avait été arrêté en 1963, puis jugé. C’est un vieillard de soixante-douze ans, mûri par la réflexion et l’emprisonnement qui a retrouvé, le 11 février 1990, la liberté. « Longue vie à Mandela ! Vive l’ANC ! »

Quand MADIBA« costume gris rayé, chemise blanche, pochette et cravate bleues- marche, en donnant la main à Winnie, les millions de manifestants hurlent leur joie avec un enthousiasme à la mesure de leur impatience ». On entend : « Freedom ! Freedom ! » En chœur, ils reprennent les slogans : « Longue vie à Mandela ! Vive l’ANC ! Mandela salue le poing levé.

Revenons sur une visite de Robben Island

En cette matinée du 7 juin 2007, en marge de la rencontre de la 60ème WAN IFRA, du 14ème WORLD EDITEUR FORUM et du TAEF, je quitte Cape Town pour revisiter un pan de notre « histoire contemporaine ».

Le ferry dans lequel je m’embarque avec des centaines d’autres passagers tangue, bascule à gauche, à droite, bringuebale sur la mer à cause des grosses vagues qui titillent vos entrailles. La traversée dure à peine une trentaine de minutes et vous êtes sur la fameuse île de ROBBEN ISLAND où MADIBA fut embastillé durant plusieurs années.

Dès notre arrivée sur cette île prison, nous prenons un petit bus pour un tour de l’ile.

Malgré la dure traversée qui vous tient encore jusqu’aux tripes, tous sont impatients de visiter cette prison. Le guide, un homme jovial avec un large sourire, le ventre bedonnant et les cheveux grisonnants, nous explique qu’il a été arrêté et emprisonné dans cette forteresse : « j’étais membre de la branche de la lutte armée Umkonte We Sizwe (La lance de la Nation), j’avais été arrêté avec des armes et des explosifs. »

Robben Island fut d’abord une léproserie. Au cours de la deuxième guerre mondiale, l’île servira de base pour les alliés. A la fin des hostilités, elle sera de nouveau un lieu d’isolement et d’incarcération pour anéantir et briser tous les résistants à l’oppression et au système de l’apartheid.

Les murs de cette prison sont hauts et immenses ; il est difficile de s’échapper étant donnée la configuration des lieux : la mer cernant tous les côtés. La cour centrale est vaste et recouverte de cailloux, les cellules petites et froides, avec un assemblage d’affreux barreaux métalliques entrecroisés aux fenêtres. Un confrère d’un pays africain aura une sorte de malaise et ne pourra visiter la minuscule cellule 5, celle du prisonnier au numéro matricule 46664.

« On se demandera toujours comment MADIBA a pu survivre à ces conditions inhumaines et dégradantes durant 18 longues et pénibles années, où tout est conçu pour tuer ou anéantir moralement le détenu », soulignera le guide.

En suite ce sera un détour vers une carrière. Enchainés, les prisonniers devaient casser du calcaire toute la journée. On raconte d’ailleurs que la maladie qui a emporté MADIBA provient de cette montagne « qui a rongé ses poumons et causé sa tuberculose ».

Mosquée ? Autre curiosité de Robben Island !

Quand on sort de la sinistre prison, on aperçoit à quelques encablures une moquée. Et lorsqu’on demande à notre guide : « C’est quoi cette mosquée » ? Il répond : « C’est un sanctuaire musulman, en fait un mausolée construit par des musulmans indonésiens pour un Cheikh qui a résisté au XVI siècle aux envahisseurs hollandais. Il sera trahi, emprisonné et mourra dans ce bagne. Plusieurs milliers de musulmans de l’Asie font chaque année le déplacement pour se recueillir et prier pour ce résistant ».

Grâce à leur courage et par la force de leurs convictions, les prisonniers de l’ANC vont finalement transformer ROBBEN ISLAND en un centre de formation et de culture. « Ce fut une grande université pour nos militants », déclara un jour MADIBA.

En 1991, les derniers prisonniers vont quitter ce bagne et en 1996, l’île deviendra un Musée national classé en 1999 patrimoine mondial de l’humanité l’UNESCO.

Chaque jour que Dieu fait, des milliers de visiteurs se rendent sur l’île, qui est un témoignage vivant de l’oppression et du racisme. Seulement, les murs ont fini par s’écrouler car « aucun mur ne peut arrêter la marche de l’histoire, le triomphe de la justice, la liberté et la dignité » ; j’ai cité MADIBA.

MS


Echos&Confi

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