Aliou Diop : « L’exclusion des jeunes n’est pas une option si on veut capter le dividende démographique »

, par  masterEveil , popularité : 6%

Aliou DIOP est Directeur Exécutif de l’Association des Gestionnaires pour le Développement (AGD). Coordinateur de la coalition des OSC de la Mauritanie pour la PF, il explique les défis liés à la prise en compte des jeunes dans la promotion de la PF dans son pays.

Pourquoi autant de difficulté à prendre en compte les besoins des jeunes et des ados ?
Aliou DIOP :
La Mauritanie est un pays où la planification familiale est consacrée pour les couples mariés dans le cadre de l’espacement des naissances. Les jeunes non mariés sont exclus de facto de cette option. La sexualité est absente de l’éducation des enfants, elle est un tabou dans la société et c’est seulement après le développement de la stratégie des Jeunes Ambassadeurs par notre coalition ENEM que les partenaires y compris le gouvernement ont commencé à associer les jeunes.

Qu’avez-vous fait pour que la SRAJ soit mieux prise en compte ?


Aliou DIOP : Nous avons d’abord formé les jeunes sur notamment le plaidoyer et l’utilisation des outils de communication. Nous les avons également introduits auprès des partenaires (gouvernement et partenaires techniques et financiers) pour qu’ils puissent participer aux débats dans une perspective de prise en compte de leurs besoins. Sur un second plan, nous avons décentralisé les activités des jeunes ambassadeurs dans deux autres régions pour créer plus de voix et de synergie. Cela a permis au gouvernement de comprendre que l’exclusion des jeunes n’est pas une option si on veut réussir la capture du dividende démographique.
Pourquoi les engagements pris dans ce domaine tardent à être respectés ?
Aliou DIOP : Il y’a la faiblesse de la collaboration entre le gouvernement et la société civile, ainsi que la question de la délégation des tâches d’une part et le contexte social, réglementaire, d’autre part. Les ressources financières sont aussi rares et la société civile peine à mobiliser.

Propos recueillis par Kissima DIAGANA

Source : Bulletin du Partenariat de Ouagadougou, Abidjan décembre 2016


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