Amendements constitutionnels : Le forcing de la dernière chance !

, par  masterEveil , popularité : 11%

La révision du projet constitutionnel portant entre autres sur l’annulation du sénat et les changements du drapeau et de l’hymne national, conformément aux termes de l’accord conclu, l’année dernière entre les participants au dialogue national inclusif, continue d’expérimenter toutes les issues pour trouver une voie à l’adoption.
Devant l’impossibilité d’organiser un référendum, en raison du cout élevé de cette option, dans un contexte national caractérisé par le marasme économique, les autorités supérieures du pays ont finalement décidé de tenter à tout prix et contre vents et marées, l’adoption des amendements constitutionnels à travers une conférence parlementaire, en convoquant la tenue, mercredi prochain, d’une session extraordinaire des deux chambres du parlement.
L’ordre du jour d cette session, convoqué par décret présidentiel vendredi dernier, comprendra, particulièrement, l’examen ou la poursuite de l’examen du projet de loi constitutionnelle portant révision de la Constitution du 20 juillet 1991 et ses textes modificatifs.
Jusqu’à un certain moment, le gouvernement était pourtant réticent, face à cette possibilité d’amender la constitution, comme l’avait implicitement reconnu le porte-parole du gouvernement, en se réservant, début février courant, de toute confirmation de la tenue de la conférence parlementaire
« Il existe deux manières de modifier la constitution : la conférence parlementaire et le référendum populaire » avait-t-il dit, affirmant que chacune de deux approches est susceptible d’être appliquée.
L’Assemblée nationale et le Sénat possèdent, chacun un règlement intérieur, a-t-il précisé, rappelant que le renouvellement récent de la chambre basse et la légitimité des sénateurs « jusqu’à la tenue de nouvelles élections ou la prise d’une décision en ce sens », a-t-il poursuivi.
Bien avant, le porte-parole du gouvernement affirmait la tenue imminente de la conférence parlementaire, avec la participation de toutes les parties.
« Elle constitue le choix idéal pour trancher toutes les questions d’une manière constitutionnelle sans dépenser des fonds colossaux et épuiser les acteurs politiques » avait-il déclaré.
Réagissant à cette option, des intellectuels avertis, l’ont qualifié de forcing.
« Le dialogue" engagé avec une partie de l’opposition n’a jamais eu une autre fonction que celle de lui servir de faire- valoir pour faire passer ses propres décisions unilatérales » affirme Lô Gourmo Abdoul, selon lequel « le pouvoir craint un désaveu public et massif en recourant à un référendum dont le boycott massif se profilait comme l’a montré très clairement la dernière manifestation impressionnante de l’opposition rassemblée ( FNDU/RFD). ».
Avec un sénat dont la validité a expiré depuis longtemps, adopter des amendements constitutionnels par des instances illégales, serait vraisemblablement un putsch contre la légalité, fait par les autorités sous couvert du parlement, afin de lui conférer une certaine légitimité et de pouvoir ouvrir la voie à des objectifs unilatéraux, qui ne bénéficieraient pas à tous les conclavistes du dialogue national inclusif.


Echos&Confi

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