Amendements constitutionnels : Le forum affûte ses armes pour faire échouer le référendum

, par  masterEveil , popularité : 16%

Avec une impasse politique profonde et persistante, qui n’a cessé de s’accentuer au cours de ces dernières années, le fossé politique entre les partisans et les opposants du régime en place, s’est considérablement agrandi, avec l’entêtement du pouvoir à forcer un référendum, bon gré, mal gré.
Face à cette ferme volonté des dirigeants du pays à exécuter leur agenda politique, nonobstant les concessions de la légalité, le forum de l’opposition affûte ses armes et annonce un plan B, pour faire échouer un putsch contre la constitution.
Une lutte sans merci est annoncée à ce propos sur trois fronts : juridique, politique et médiatique en plus de l’organisation de manifestations populaires.
Toutes ces mesures visent selon le forum à déjouer coup d’état constitutionnel que le régime est entrain de préparer, allusion à la détermination du président Aziz d’organiser un referendum pour faire passer les amendements constitutionnels.
Le forum compte ainsi sensibiliser les citoyens autour, de ce qu’il a appelé « des dangers que constituent les étapes que le pouvoir s’emploie à porter sur le plus important document juridique du pays », affirmant que ce défi exige pour être relevé, la conjugaison des efforts de tous les mauritaniens pour faire pression sur le régime actuel pour le dissuader d’opérer son coup d’état constitutionnel.

La majorité présidentielle bat campagne

Les membres du gouvernement, les hauts responsables et cadres de l’Union pour la république (UPR, principal parti de la majorité) ont entamé une vaste campagne de communication pour pousser les mauritaniens à voter "oui" en vue de faire passer les réformes prévues par le nouveau texte. Dans le camp des soutiens au régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, on sonne la mobilisation et on multiplie les réunions qui se tiennent généralement aux domiciles des ministres.

Une controverse référendaire nourrie

Même si la date du référendum constitutionnel n’a pas encore été officiellement fixée, l’option fait l’objet d’une controverse nourrie entre les différents acteurs politiques. Plusieurs juristes ont déjà fait savoir que le président Ould Abdel Aziz violerait la loi fondamentale s’il persistait dans sa démarche. Et désormais ce sont les sénateurs, qui ont voté contre le projet de réforme constitutionnelle, qui marquent leur désaccord avec le référendum.
Pour rappel, la réforme constitutionnelle prévoit notamment la suppression du Sénat et le changement de drapeau. Les sénateurs ont rejeté le projet, mais le chef de l’Etat a refusé d’y renoncer et demande maintenant au peuple de trancher en se référant à l’article 38 de la Constitution, qui lui donne le droit d’organiser un référendum, mais qui selon ses détracteurs ne permet pas d’être invoqué pour modifier la Constitution.
Pour les sénateurs frondeurs, les réformes proposées ne sont « ni le fruit du consensus, ni pertinentes », elles doivent donc être abandonnées. C’est ce qu’explique Cheikh Ould Sidi Ould Hanena, sénateur de l’UPR, le parti présidentiel, et président de la Commission de suivi du projet de réforme constitutionnelle au Sénat. Il espère encore que le référendum n’aura pas lieu.

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