Au Niger, l’armée a tué par erreur 14 paysans

, par  masterEveil

L’armée a pris les paysans pour des combattants de Boko Haram, dans le sud-est du pays. Le Niger fait parti des pays du G5 Sahel qui participent à la Force conjointe pour lutter contre le terrorisme dans la région, un pari risqué.
C’est une bavure meurtrière, une de plus dans le Sahel. Cette fois, l’armée nigérienne a tué par erreur, mercredi 5 juillet, 14 paysans dans la région de Diffa. Réfugiés dans un camp pour fuir les exactions de Boko Haram, ils étaient revenus dans leur village d’Adama pour préparer leurs champs.
Le camp se trouve à la frontière du Nigeria et il est connu pour être infiltré par les djihadistes. Les paysans n’avaient pas prévenu les autorités de leur retour dans cette zone rouge interdite aux civiles, ils sont tombés sur une patrouille de gendarmes qui les a pris pour des djihadistes. Elle a ouvert le feu. Selon le secrétaire général du gouvernorat de Diffa, Yahaya Godi, douze Nigérians et deux Nigériens ont été tués.

Un village déjà frappé il y a deux ans

Il y a deux ans, ce même village avait été visé par l’aviation nigériane. Les pilotes avaient confondu les fidèles d’une mosquée avec des combattants de Boko Haram. Ils avaient bombardé le site sans état d’âme, tuant 36 personnes.
Depuis des années, l’armée nigériane est accusée par les ONG internationales de défense des droits de l’homme de ne pas faire la distinction entre les civils et les adeptes de Boko Haram. Au tour, cette fois, de l’armée nigérienne.

Une armée sur les nerfs

Ce même mercredi 5 juillet, l’armée nigérienne avait essuyé, dans le nord du pays, une attaque près de la frontière du Mali : selon des témoins, elle aurait perdu au moins cinq soldats.
Attaqué directement dans le Nord ouest, sur sa frontière malienne et dans le Sud est, sur sa frontière nigérienne, le Niger est aussi menacé à sa frontière libyenne.
Sans la présence des troupes françaises, sans le soutien des États-Unis, sans la mobilisation des armées nigériane et tchadienne contre Boko Haram, les forces de sécurités nigériennes auraient été depuis longtemps débordées par les djihadistes.

Un G5 Sahel fragile

La bavure et les pertes de l’armée nigérienne, trois jours après le sommet du G5 Sahel réuni à Bamako, illustrent les fragilités et les faiblesses de cette structure pensée et portée par la France pour assurer la sécurité dans la région. Compter sur la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad est un pari risqué. Au Mali même, des affrontements entre deux groupes armés signataires de l’accord de paix ont fait trois morts jeudi 6 juillet, dans le nord-est du pays.

Contrairement à la France, les États-Unis doutent de l’efficacité et du sérieux de cette organisation : c’est la raison principale pour laquelle Washington refuse de lui verser les fonds nécessaires pour la création de sa Force conjointe, la future brigade d’intervention régionale. Un projet lancé officiellement dimanche 2 juillet, au Mali et en présence d’Emmanuel Macron

la-croix.com