Brakna : Accoucheuses exposées aux risques et victimes de l’injustice d’état

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Elles sont plus d’une dizaine à crier leur ras-le bol devant la presse. Accoucheuses en majorité. Parmi elles aussi deux nutritionnistes. En majorité, elles sont toutes des mères de familles qui capitalisent une longue expérience dans le métier qui sauve la vie aux mères et aux enfants. Les plus anciennes parmi elles, travaillent depuis 28 ans. L’ancienneté des autres varie entre 10 et 15 ans. Pratiquement, ce sont elles qui tiennent la gestion de la plupart des postes médicaux du département de M’Bagne, de Bababé, et même de Maghta Lahjar, d’Aleg et de Boghé. Elles font le boulot le plus difficile durant toute la période de l’année.
Elles remplacent les sages femmes dans leurs rôles le plus noble, sauver la vie. Donc, réduire le taux de mortalité infantile, néo-natal et maternelle. Une priorité de l’Etat mauritanien et des nations unies poursuivi pour l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement à l’horizon 2015. Ces braves dames, sont purement et simplement négligées voire totalement oubliées par nos gouvernants. Elles dénoncent le recrutement sur des bases subjectives (parenté, amitié, tribalisme) de femmes analphabètes et sans formation comme accoucheuses par l’ancien ministre Bâ Housseynou Hamadi et dont les rémunérations sont supérieures aux siennes. Situation incompréhensible et à la limite injuste s’écrie Bâ Maîmouna Siaw, l’une des accoucheuses. Un exemple pour corroborer les propos de ces braves dames. Eya Mint Saîd est née en 1991 à El Vora (Moughatta de Bababé), elle a été engagée le 01 Juillet 2012. Elle porte le matricule 1300962. Elle est affectée à Tadioukel dans le même département. Son net à percevoir est de 44.372 UM. Comparez son revenu avec celui d’El Moumna Mint Hmeyid, née en 1970 à Aleg, titulaire du matricule 1300568 en service officiellement au poste de santé d’El Vor dont la date d’engagement ne figure pas sur le bulletin de solde (voir fac-similé), affirme exercer dans le secteur depuis 1998. Soit une ancienneté de 15 ans. Son net à percevoir est de 39.500 UM. Faites la différence. Ce qui est encore bizarre, c’est qu’El Moumna, tient le laboratoire d’analyses du centre de santé de Bababé. Comme aussi sa collègue, Bâ Maîmouna Siwa, accoucheuse axillaire qui exerce depuis 2002, gère la vente des médicaments et la caisse du centre médical. Elles ont brandit leurs diplômes (voir fac-similé) qu’elles ont décrochés à l’école de santé publique contrairement à la plupart de celles qui ont été recrutées par le prédécesseur de Ould Hademine. El Moumna a affirmé avoir rencontré plusieurs fois le ministre Ba Housseynou pour attirer son attention sur cette injustice dont elles sont victimes mais en vain. Il n’a honoré aucun de ses engagements vis-à-vis des accoucheuses qui réclament la régularisation de leur situation dans la fonction publique, le versement des primes de risques dans les délais, l’accès aux stages de formations, aux concours de l’école nationale de santé publique, bref ; que l’Etat mette fin de cette injustice. Elles lancent un appel au nouveau ministre pour trouver une solution définitive à leur problème en réparant l’injustice dont elles sont victimes.
1- Bâ Maîmouna Siwa (accoucheuse axillaire)- CM de Bababé - 2002
2- Tall Aîssata Seydi (accoucheuse auxiliaire) PS- Aéré M’Bar - 2002
3- d’El Moumna Mint Hmeyid (accoucheuse auxiliaire) CM de Bababé -1998
4- Ramatoulaye Kane (accoucheuse auxiliaire)- PS-Bagodine- 1999
5- Binta Sall (accoucheuse auxiliaire) PS-Niabina-1999
6- Hassina Mint Berrouh (accoucheuse auxiliaire) PS-Sabouallah-1999
7- Hawa Samba Sy (Nutritionnistes) 2004 – PS- Sèno Boussobé
8- Thioulal Sarr (accoucheuse axillaire) 1987 – PS- Wothie
9- Sy Fatimata Samba (accoucheuse axillaire) PS- Féralla-2002
10- Hawa Anne (accoucheuse axillaire) PS-Sorimalé-1999
11- Diop Fatimata El Hadj (accoucheuse axillaire) CM-M’Bagne-2002
12- Aminata Thiam (accoucheuse axillaire) PS-Garlol- 2002
13- Hawa Bolol (accoucheuse axillaire) 1985- CM- Boghé
14- Zeînebou Diallo (Nutritionniste) 1985-CM-Aleg


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