Classement mondial de la liberté de la presse 2019 : La Mauritanie dégringole de 22 places et se positionne 94e sur 188 pays

, par  masterEveil , popularité : 8%

Le RSF (Reporters sans frontières) a bouclé la boucle des résultats du classement évaluant chaque année, la situation du journalisme dans 18 pays et territoires. Dès l’entame de ses propos, Arnaud Frauger, Responsable Afrique de RSF, pointe du doigt, la haine du journalisme, et de ses acteurs. « Le nombre de pays considérés comme sûrs, où les journalistes peuvent exercer leur métier en toute sécurité continue de se réduire. Haine du journalisme parce que ses acteurs sont accusés de tous les maux de la société notamment les conflits sociétaux », avance-t-il.

Huit conférences de presse se sont tenues dans le monde en ce jour. Avant d’en venir aux résultats, le responsable a tenu à expliquer le but du RSF, en le comparant à un diagnostic médical. « Reporters sans frontières défend les journalistes emprisonnés et la liberté de la presse dans le monde, c’est-à-dire le droit d’informer et d’être informé, conformément à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme », cite-M. Frauger. « Son but est de déterrer les maux que connaissent le métier », dit-il.

Cette année, les États-Unis ont connu trois bonds en arrière. Ils sont à la 89e place. C’est, d’après M. Frauger, la conséquence de l’assassinat de quatre journalistes en pleine rédaction. « Jamais, les journalistes américains n’avaient été exposés à des menaces de mort qu’au cours de l’année 2018. Jamais ils n’ont eu recours à des entreprises privées pour assurer leur propre sécurité. Ceci, dans un contexte où leur président ne cesse de s’en prendre de manière extrêmement hostile à la presse de son pays. Il avait qualifié les journalistes d’ennemies du peuple. Donc les Etats-Unis se retrouvent à la 48ème place dans le classement de la liberté de la presse » argue-Frauger.

L’incident le plus notable est, selon Frauger, l’assassinat le plus abject, sur les 80 journalistes tués au cours de l’année 2018, du journaliste saoudien, Jamal Kashoggi, dans son consulat d’Arabie Saoudite, en Turquie.

Dans ce classement, Assane Diagne, Directeur du Bureau Afrique de l’Ouest de RSF renseigne que le Sénégal a gagné une place. De 50e, il passe à la 49eplace. L’Afrique enregistre la plus faible dégradation régionale de l’édition 2019 du Classement mais aussi certaines des plus fortes évolutions de l’année écoulée.

L’Afrique de l’Ouest tient le flambeau de la liberté de la presse dans tout le continent africain. « Le Sénégal doit cette place de plus sur la liste des pays où l’exercice du métier de journaliste est facilité, à son code de la presse. Même s’il est vrai que l’on attend toujours, et que les conditions des journalistes ne sont pas très enviables, ils ne sont pas malmenés », explique-Assane Diagne.

Dans la foulée, la question du lien entre le caractère autoritaire d’un régime et la problématique de la liberté de la presse a jailli du public. Le Responsable Afrique de RSF de répondre : « Il y a bien un lien entre eux. Mais l’un des enseignements de ce classement est que les pires exactions peuvent arriver aux journalistes dans les pays qui se disent démocratiques », dit-il. Comme exemple, il cite les États-Unis, la France, avec Charlie Hebdo.

Pape Saine, correspondant de la RSF en Gambie relève que la presse hume un nouvel air de liberté depuis la destitution du président Jammeh. « Le pays compte sept journaux, 20 radios privés, laissés à leur propre esprit », pose-t-il.

Dépénalisation des délits de presse. C’est là où rebondit Fatou Jagne Senghor. « Elle est beaucoup plus complexe que ce qu’en pensent, la plupart des gens, » dit-la directrice Afrique de l’Ouest Article 19. « La dépénalisation des délits de presse n’est en rien une porte à l’impunité des journalistes. C’est vrai que cela accorde plus de droits aux journalistes mais chaque journaliste traîne sur ses épaules ses responsabilités. La responsabilité est individuelle et il appartient au journaliste de se responsabiliser », soutient-elle.

Les Fake news se sont aussi glissés dans cette rencontre entre journalistes. Frauger avance que les délits de Fake news ont toujours existé. Avec la floraison des médias, l’on peut toujours s’attendre au bruit d’une fausse nouvelle. « Le RSF ne cautionne pas qu’un journaliste, formé comme il se doit, publie une Fake news, avec toutes les conséquences que celà peut avoir ». Par contre, il condamne le non-encadrement des aspirants au métier de journaliste. « Certains États se plaignent de ne pas avoir de bons journalistes. Tu te renseignes, tu te rends compte qu’il n’y a aucune école apte à former les journalistes. C’est de la responsabilité des États autant que des journalistes », tonne-Frauger.

Classement des premiers

1-Norvège

2-Finlande

3-Suède

Classement des derniers

178-Érythrée

179-Corée du Nord

180-Turkménistan

Baisses significatives

RCA -33

Tanzanie -25

Mauritanie -22

Bénin -12

Gabon -7

Hausses significatives

Éthiopie +40

Gambie +30  ; 32e place

Angola + 12

Côte d’Ivoire +11 ; 71e place

Togo +10 ; 76e place

Par Mame Khary Leye

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