Concertation relative à la préparation de l’organisation des prochaines élections : la classe politique partagée

, par  masterEveil , popularité : 0%

Après avoir suspendu le processus des concertations nationales, le gouvernement vient de convier des chefs de partis à une concertation relative à la préparation de l’organisation des prochaines élections législatives, régionales et municipales.
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A travers ce nouveau processus, le gouvernement exprime sa volonté, ‘’de créer les conditions préalables en vue de l’organisation des élections libres et transparentes dans le respect du calendrier électoral avec la participation de tous dans un climat de sérénité et d’apaisement’’.

Ce procédé ne suscite pas un grand enthousiasme au sein de la classe politique surtout des partis de l’opposition.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Ahmed ould Mohamed Lemine a entamé mardi dernier, au lendemain de la fête de Tabaski,des concertations avec vingt deux présidents des partis politiques au sujet des mesures à prendre dans le cadre des préparatifs participatifs des élections législatives, régionales et communales prochaines.

Au cours de cette rencontre, il a été noté ‘’ des discussions libres, franches et approfondies sur les différentes questions soulevées ont eu lieu dans une atmosphère amicale et constructive’’.Ainsi, à l’issue , il a été conclu ce qui suit :
- Le ministère et les partis politiques présents s’efforcent d’associer dans les meilleurs délais les partis politiques absents à cette concertation,
- Fournir à tous les partis politiques - par écrit - les propositions qui ont été présentées lors de la réunion,

- Préparer les réponses et les propositions des partis politiques et en informer le Ministère. Ce document retracera l’ensemble des problématiques et qui sera transmis aux différents partis politiques et les invitant, par la même occasion, à donner suite en formulant minutieusement des propositions aux problèmes posés.
- Rédaction de rapports par une commission tripartite composée de partis de l’opposition, de partis de la majorité et du personnel du ministère de l’Intérieur .Cette commission aura la charge de produire une synthèse qui sera présentée en plénière en vue de l’élaboration d’un document final qui servira de plan d’action.
- L’approbation des trois parties sur le rapport final et le plan d’action, y compris les échéanciers.

Ouvrant la réunion, selon le communiqué publié par le département, le ministre a remercié les participants et a exprimé son entière satisfaction pour la réponse des partis politiques à cette invitation avant de souligner le fait que l’invitation intervient conformément aux instructions de Son Excellence le Président de la République, M. Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Ainsi le ministre a indiqué que ‘’le but de la réunion est de préparer au plus tôt les prochaines élections, afin qu’elles se déroulent dans les délais constitutionnels et dans les meilleures conditions, de manière transparente et convaincante garantissant à tous le droit de participer aux élections dans le respect des textes relatifs aux élections et aux pouvoirs accordés aux différentes parties concernées, notamment la Commission électorale nationale indépendante’’.

Fichier électoral, CENI, diaspora

Le ministre a par ailleurs appelé à ‘’la concertation et à la coordination entre les différentes parties concernées que sont la Commission électorale nationale indépendante, les partis politiques, les organisations de la société civile au sujet des dispositions relatives à la préparation des élections, notamment en ce qui concerne les textes organisant les élections ainsi que les questions ayant trait aux ressources humaines ou à la logistiques nécessaires au bon déroulement des opérations électorales’’. Poursuivant toujours son allocution, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine a invité les participants à se pencher sur un certain nombre de cas susceptibles d’entacher la régularité ou de perturber le processus électoral. Il a cité à titre d’exemples, le fichier électoral, la CENI, et la diaspora.

Sur le fichier électoral, il exhorte les chefs de partis à se prononcer sur son audit ou son réaménagement en rappelant que près de deux millions de cartes d’identité ont déjà expiré et que prés de cinq-cents milles jeunes sont désormais en âge d’accomplir leur droit de vote.

Concernant la Ceni, le ministre rappelle que son mandat arrive à terme en Avril 2023, et que celui des députés à l’assemblée nationale expire le 1er octobre de la même année et que la loi recommande l’élection de nouveaux députés soixante jours auparavant. Alors faudra-t-il reconduire la Ceni ou simplement la renouveler en la restructurant de fond en com ?

Le Ministre a rappelé toutefois que selon les experts il faudra au moins dix mois pour qu’une commission électorale nationale indépendante puisque entreprendre ses dispositions en vue de l’organisation équitable d’une élection.

Pour ce qui est de la diaspora, le ministre a invité les participants à la rencontre à s’interroger d’abord sur le nombre de leurs sièges, avant d’entrevoir la possibilité pour les Mauritaniens établis à l’étranger de s’acquitter de leur droit au vote avec leur passeport étant donné que le passeport et la carte d’identité nationale portent les mêmes identités.

Avant de donner la parole à l’audience, le ministre a soumis à l’appréciation des participants la possibilité d’anticiper de quelques mois l’organisation du scrutin vu les contraintes liées à hivernage (aout - septembre).

Tour à tour, les chefs et représentants des partis politiques ont exprimé leur satisfaction quant à ‘’l’importance de cette rencontre qu’ils ont qualifiée d’importante et d’indispensable, et ont souligné la nécessité d’efforts concertés pour atteindre les objectifs souhaités’’.

Répondant mercredi dernier à une question relative à la concertation organisée par le ministère de l’Intérieur avec les partis politiques, le porte-parole du gouvernement a estimé qu’à’’ l’approche des échéances électorales, il est bien normales qu’il y ait eu des concertations afin de mieux préparer ces élections. L’objectif selon lui, est d’arriver à un consensus autour des points clés à traiter’’.

Il a déclaré que la révision du code électoral, le mandat de la commission électorale nationale indépendante qui expire en avril, le fichier électoral, le renouvellement des cartes nationales d’identité et le vote des mauritaniens de la diaspora, ont été au cœur des débats.

Un son de cloche tout différent est exprimé par le Front Républicain pour l’Unité et la Démocratie (FRUD) et quatre partis politiques signataires d’une déclaration commune.

Le FRUD, après avoir salué la volonté affichée par le Ministre dans ses propos, a exprimé par la voix de son président M.Diop Amadou Tidjane ‘’ son scepticisme quant à l’approche en vue de la traduire en actes concrets’’.par la suite , le FRUD a soumis à l’attention du ministre un certain nombre de doléances notamment :
- l’audit du fichier électoral.

- La restructuration de la Ceni
- Le redécoupage électoral.
- Le renforcement de sièges de députés à l’assemblée nationale pour Nouakchott.
- Le renforcement de sièges de députés à l’assemblée nationale pour la diaspora.
- Que les députés de la diaspora soient issus de leur choix et non du choix des députés déjà élus (ce qui relève de l’anti constitutionalité de l’acte).
- L’ouverture de plus de bureaux de vote pour la diaspora entre autres.
S’abstenir de prendre des décisions unilatérales

Dans un communiqué publié, le 12 juillet, quatre formations politiques( l’AJD/MR, le RFD, TAWASSOUL et l’UFP ont exhorté le ‘’gouvernement à faire preuve de patience et de s’abstenir de prendre des décisions unilatérales au sujet de l’organisation des prochaines élections’’.Ces partis rappellent au pouvoir ‘’ la gravite de la crise multiforme - morale, sociale, politique et économique - que traverse la Mauritanie et du danger du spectre de la division qui plane sur le pays’’.

L’AJD/MR, le RFD, TAWASSOUL et l’UFP appellent également à ‘’un retour urgent au processus d’organisation d’un dialogue national inclusif et apaisé, au service de l’intérêt suprême du pays, n’excluant personne, sans tabous et dont les conclusions seront mises en œuvre par les voies constitutionnelles et légales, prévues à cette fin, conformément aux engagements exprimés par Son Excellence Monsieur le Président de la République’’.
Saydou Nourou T.


Echos&Confi

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