Défaite interdite pour le pouvoir d’Aziz

, par  masterEveil , popularité : 11%

Si au Bénin, le Président PATRICE TALON renonce à sa réforme constitutionnelle après le rejet par les députés de son projet de révision constitutionnelle en affirmant clairement : « la révision de la constitution initiée par moi, c’est fini ». En Mauritanie, c’est le contraire, car Aziz tient à son forcing.

Ainsi, malgré le fiasco que lui a infligé le Sénat, le Président et sa majorité tentent encore de se remettre de leur KO en sonnant la mobilisation générale pour le référendum à venir. Il faut dire que ce camp est à la recherche d’un nouveau souffle.

C’est pourquoi les réunions et conciliabules se multiplient à l’UPR et dans certains partis de la majorité afin de créer une dynamique en faveur du oui. De son coté, l’opposition regroupée au sein du FNDU, appuyée par le RFD, n’entend pas baisser les bras et veut profiter de la brèche créée par les sénateurs pour conduire le pouvoir à un nouvel échec.

La rébellion, au sein de la majorité, conduite par un groupe de sénateurs a complètement remis en cause tous les calculs et obligé le Président des pauvres ou le Président de la Pauvreté, c’est selon, à repenser à de nouvelles stratégies aptes à lui assurer une fin sereine de mandat lui permettant de quitter, sans grands accros, le pouvoir… si telle est réellement sa volonté.

Ainsi l’Union Pour la République (UPR) a mis en branle « sa machine de guerre » en décidant d’envoyer des missions de sensibilisation autour des amendements constitutionnels à l’intérieur du pays.

Pour ce faire, des commissions ont été mises en place pour élaborer le programme de ces missionnaires au plan de la logistique, les moyens financiers, et la programmation .Et une réunion est prévue en milieu de semaine pour apporter les dernières retouches avant l’envoi de « ces délégations ». D’ores et déjà, les membres du gouvernement, les hauts responsables et cadres de l’Union pour la république (UPR, principal parti de la majorité) ont entamé une vaste campagne de communication pour pousser les mauritaniens à voter "oui" en vue de faire passer les réformes prévues.

Parallèlement, dans le camp des soutiens au régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, on sonne la mobilisation et on multiplie les réunions qui se tiennent généralement aux domiciles des certains ministres qui tiennent coute que coute à sauvegarder leurs strapontins.

Il est question également d’associer à ces campagnes de sensibilisation, les partis de la majorité présidentielle et ceux de l’opposition ayant pris part au dialogue de 2016.

Il faut dire que la débâcle du Sénat inquiète encore la majorité qui joue sa survie lors de cette consultation populaire.

Une victoire du non serait un cataclysme sans précédent qui devrait emporter dans les abimes : Président, UPR, majorité présidentielle et autres. Par contre l’opposition et des cercles diplomatiques, hommes d‘affaires et autres en confrontation contre le régime, depuis quelques années se sentent revigorées et cherchent à asséner le coup fatal au pouvoir.

C’est dans ce cadre que le FNDU annonce la mise en œuvre d’une feuille de route en vue de faire échec « à la tentative de putsch constitutionnel » du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Selon Mohamed Jemil Ould Mansour, président en exercice du FNDU celle-ci est axée sur trois points. D’abord, une bataille juridique basée sur toutes les voies de recours juridiques pour empêcher la tenue d’un référendum, qui n’est en réalité qu’un putsch visant à faire passer des réformes anticonstitutionnelles. Ensuite, une campagne de sensibilisation des citoyens autour du danger que constitue l’agenda d’un pouvoir qui s’acharne à porter atteinte à la Loi fondamentale du pays.

Enfin, des manifestations anti-référendum qui prendront la forme de manifestations populaires au cours desquelles le FNDU, va afficher sa détermination en vue de sauver les acquis démocratiques menacés par le régime. Ainsi, à défaut d’un dialogue politique national inclusif, hautement improbable dans les conditions actuelles, la météo politique annonce un été chaud-bouillant à Nouakchott.

AOB


Echos&Confi

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