Diplomatie : le torchon brûle entre Nouakchott et Alger

, par  Webmastrer , popularité : 15%

Les relations algéro-mauritaniennes sont tendues depuis la semaine dernière, passant à un niveau alarmant, avec l’expulsion de part et d’autre de diplomates qualifiés de persona non grata. La situation peut s’empirer si elle n’est pas gérée avec efficacité et avec rapidité, exposant des relations bilatérales entre les deux pays, demeurées toutes ces dernières années relativement solides à la rupture sinon à une représentativité stricto sensu formelle.
Tout est parti, de cette mesure prise par Nouakchott la semaine dernière, portant sur l’expulsion du premier conseiller de l’Ambassade d’Algérie en Mauritanie Belkacem Cherouati, qui « manipulait » un journaliste pour « saper » les relations entre Rabat et Nouakchott, indique-t-on.
Bekacem a été renvoyé pour avoir été derrière un article publié sur un journal mauritanien (Al-Bayan El-Souhoufi) dans lequel le Maroc était accusé d’« envahir » la Mauritanie « avec de la drogue ». D’ailleurs, le journaliste Ibrahim Ould Moulaye Ahmed, directeur de publication d’« Al-Bayan El-Souhoufi » a été interpellé récemment. Une enquête a été lancée par la direction de la Sûreté mauritanienne pour déterminer « si cette information provenait du diplomate algérien ».
L’article en question était paru suite à la visite du diplomate algérien dans les locaux du journal. Le responsable diplomatique est accusé d’ingérence dans les affaires intérieures de la Mauritanie et de mener des activités préjudiciables aux affaires étrangères du pays. Tout serait orchestré par le voisin de l’Est qui ne voit pas d’un bon œil le rapprochement entre Nouakchott et Rabat.
L’Algérie applique le principe de réciprocité
48h après le renvoi de Nouakchott du diplomate algérien, l’Algérie expulsait à son tour, le diplomate mauritanien à Alger, le premier conseiller le commandant de l’armée Mohamed Ould Abdallahi en application du principe de réciprocité, indique-t-on de sources concordantes à Alger.
Depuis le début de la crise, des chaines de télévision privées annonçaient que l’Algérie allait riposter sévèrement à l’expulsion d’un de ses diplomates, Belkacem Cherouati, mercredi soir par les autorités mauritaniennes. Après un silence de plusieurs jours, des sources officielles non-identifiées, cités par les TV privées algériennes, ont qualifié la décision mauritanienne "d’incompréhensible" et ont rappelé que l’Algérie applique toujours la réciprocité dans ces situations.
Commentant cet incident, Abdelaziz Rahabi est ancien diplomate, qualifie ce qui s’est passé de totalement inédit dans les relations entre les deux pays.
« Il est très grave de déclarer persona non grata, un diplomate d’un pays voisin et ami. C’est en soi un acte inamical et inacceptable qui peut avoir des conséquences sur l’avenir des relations entre les deux pays. Dans des situations pareilles, la Mauritanie aurait pu faire des observations à l’Algérie » a-t-il dit.
Et d’ajouter : « dans des situations pareilles, le moins que puisse faire l’Algérie est d’appliquer la réciprocité, et de façon urgente. Et on ne pourra pas faire de procès à l’Algérie, loin d’être à l’origine d’une crise diplomatique avec la Mauritanie, parce que ce n’est pas elle qui a commencé ».


Echos&Confi

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