Discours du 14 juillet 2019 de SEM l’ambassadeur Robert MOULIE

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Ambassade de France - Monsieur le ministre,

Mesdames et messieurs les officiels mauritaniens, chers collègues de la communauté diplomatique, chers compatriotes, chers invités.

Je vous remercie tous de votre présence, un dimanche soir, à l’ambassade de France, pour y célébrer notre fête nationale.

Avec votre permission, Monsieur le ministre, je débuterai mon allocution en remerciant tout particulièrement celles et ceux sans qui cette réception n’aurait pas été possible :

- d’abord nos mécènes, trop nombreux pour que je puisse les citer tous, mais dont les noms figurent aussi bien sur les cartons d’invitation que sur la banderole à l’entrée de ce site ; ces mécènes sont tous des opérateurs économiques français, franco-mauritaniens ou mauritaniens, qui incarnent la densité des relations entre les entreprises de nos deux pays, créatrices de richesses, de croissance et d’emplois ;

- je remercie aussi les personnels de l’ambassade, de la résidence, de l’Institut français, qui ont veillé à la bonne organisation de cet événement. Merci spécialement à Françoise Alves, Frédéric Yatéra, Marie-Paule Biokou, Patrick Nguyen, et à leurs équipes.

Célébrer la Fête nationale française, en commémorant la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, c’est célébrer la République et ses valeurs, résumées dans notre devise : « Liberté, égalité, fraternité ».

Les serviteurs de la République française ont pour mission de faire vivre ses valeurs. D’abord à l’intérieur de nos frontières. Mais celles et ceux qui ont l’honneur de représenter la France à l’étranger doivent les promouvoir également dans nos relations internationales.

Permettez-moi d’illustrer mon propos à travers quelques exemples traduisant notre fidélité à la devise « Liberté, égalité, fraternité » dans notre action internationale, et plus particulièrement dans notre relation avec la Mauritanie.

LIBERTE

Le premier impératif pour défendre la liberté de chacun, c’est de combattre les ennemis de la liberté. C’est ce que la Mauritanie et la France, avec d’autres alliés et partenaires représentés dans cette assemblée, font depuis plusieurs années dans la bande sahélo-saharienne.

Il s’agit de lutter contre la radicalisation, l’extrémisme violent, les groupes armés terroristes, là où ils sévissent. Permettez-moi, Monsieur le ministre, de saluer une fois encore les résultats remarquables, exemplaires, de la Mauritanie dans la sécurisation de son territoire, et son engagement résolu en faveur de la sécurité régionale, sous l’impulsion décisive du Président Aziz.

Nous ne doutons pas que la Mauritanie continuera d’œuvrer dans ce sens, notamment au sein du G5 Sahel, dont elle exercera la présidence en 2020. La Mauritanie est un allié précieux pour la France, qui entend poursuivre avec elle son partenariat fructueux en matière de défense et de sécurité intérieure.

La liberté, ce sont aussi les libertés publiques, les libertés individuelles, les droits de l’Homme auxquels aspirent légitimement les citoyens de toute démocratie. La Mauritanie a ratifié toutes les conventions internationales en la matière, parties intégrantes de son Etat de droit.

Indéniablement, de grands progrès ont été accomplis en Mauritanie au cours des dix dernières années. Cependant, il reste du chemin à parcourir afin que les lois se traduisent toujours davantage dans les actes et les comportements.

C’est la mission de la Justice que de garantir l’application effective des lois. A cet égard, je relève dans le programme du candidat Mohamed Ould Ghazouani, aujourd’hui Président élu, que, « conscient du rôle important de la Justice dans l’édification de l’Etat et la consolidation de la démocratie, (il veillera) à son indépendance effective ».

Dans le même document, il annonce sa ferme intention de garantir « l’application efficace et effective de la loi criminalisant l’esclavage », « d’en éradiquer définitivement les séquelles, de panser les plaies laissées par le passif humanitaire ».

Nous saluons la clarté et la détermination de ce propos. La France sera aux côtés de la Mauritanie pour l’accompagner dans cette action, action qui contribuera à corriger une image à l’étranger parfois caricaturale, donc injuste.

EGALITE

Comme pour la liberté, le meilleur moyen de promouvoir l’égalité, c’est de lutter contre les inégalités. En France, c’est encore un sujet d’actualité qui mobilise pleinement notre gouvernement. C’est un travail de tous les jours.

La lutte contre les inégalités, c’est aussi le thème de la Présidence française du G7 en 2019. Il s’agit notamment de réduire les inégalités de destin et de permettre à chacun, chacune, d’avoir les mêmes chances dans la vie, quel que soit son lieu de naissance, son lieu de résidence, son appartenance sociale.

Réaliser cet objectif implique en particulier de favoriser l’égalité entre les femmes et les hommes, de garantir l’accès à l’éducation et à des services de santé de qualité. Le moment culminant de cette Présidence française du G7 sera le Sommet de Biarritz du 24 au 26 août, mais il aura été précédé de réunions préparatoires associant, selon un format renouvelé, des gouvernements et sociétés civiles d’Afrique, en particulier du Sahel. Plusieurs ministres et personnalités de Mauritanie participent à ces travaux.

Je les en remercie chaleureusement, au nom du Président Emmanuel Macron et du ministre Jean-Yves Le Drian, qui ont également apprécié, Monsieur le ministre, votre participation et celle de la société civile mauritanienne au « Sommet des deux rives », à Marseille les 23 et 24 juin derniers.

La lutte contre les inégalités a été un des thèmes centraux de la campagne électorale récente en Mauritanie, chaque candidat faisant de la justice sociale un élément clé de son programme.

Je relève dans celui du Président élu, M. Ghazouani, sa ferme intention de mettre en œuvre « une politique volontariste pour résorber les disparités issues des discriminations sociales », à travers des politiques publiques adéquates en matière d’éducation, de santé et d’emploi, mais aussi par « la mise en place de réponses rapides aux besoins des populations démunies ».

Je lis également dans son discours du 1er mars que figure « au premier rang de (ses) préoccupations, la multiplication des chances pour toute composante (du peuple mauritanien) qui connut, à travers son histoire, une injustice économique ou sociale ».

Là encore, nous saluons la justesse et le volontarisme du propos. Soyez assuré, Monsieur le ministre, que la France continuera de soutenir les efforts de la Mauritanie, pour un meilleur accès de tous les Mauritaniens aux services sociaux de base et à l’emploi.

FRATERNITE

C’est le troisième terme de la devise de la France, que nous partageons avec celle de la Mauritanie, « Honneur, fraternité, justice ».

La fraternité de 1789, c’est ce que l’on nommerait aujourd’hui en France la solidarité, cette solidarité qui permet de cimenter la nation et d’assurer la cohésion sociale. Unité nationale, cohésion sociale furent aussi au centre de la campagne électorale en Mauritanie, à juste titre, car ce sont des enjeux cruciaux pour l’avenir du pays.

Dans ce processus électoral, le premier geste accompli au service de la cohésion nationale fut celui du Président Aziz qui, dès 2016, a annoncé qu’il ne modifierait pas la Constitution pour briguer un troisième mandat. Sa décision est appréciée à sa juste valeur par la communauté internationale. Elle est un exemple pour ses homologues, en Afrique et ailleurs.

Cette maturité politique s’est exprimée aussi dans la forte participation des électeurs mauritaniens, de même que par l’appel au calme et au dialogue de la part des candidats de l’opposition. Pour la première fois en Mauritanie, nous assistons à une transition pacifique et démocratique à la tête de l’Etat, conforme à la Constitution.

Le dialogue est aujourd’hui engagé : qu’il soit le plus fructueux possible, dans l’intérêt général des Mauritaniens et des Mauritaniennes.

La fraternité, Monsieur le ministre, trouve à s’exprimer dans chacun de nos pays, mais elle caractérise aussi les relations entre la Mauritanie et la France. Notre histoire commune est faite d’échanges humains très denses. Nombreuses sont les familles franco-mauritaniennes qui peuvent en témoigner. C’est une richesse que nous avons en partage.

D’autres relations quasi-fraternelles se tissent, depuis des décennies, sur les bancs des écoles et des universités françaises. Je pense bien sûr aux élèves du lycée Théodore Monod. Je pense aussi aux 1300 étudiants mauritaniens qui fréquentent chaque année nos établissements d’enseignement supérieur.

Parmi eux, une mention spéciale pour l’Ecole Polytechnique qui accueillera, à la rentrée, huit nouveaux lauréats mauritaniens, la Mauritanie se classant cette année à la première place du concours international. Pour terminer, Monsieur le ministre, permettez-moi de m’adresser à mes compatriotes.

La communauté française en Mauritanie, environ 2000 personnes, est trop nombreuse pour la réunir entière à la résidence de France le 14 juillet. Que celles et ceux qui n’ont pu avoir accès à cette réception cette année veuillent bien m’en excuser. Il n’en demeure pas moins que notre communauté fait l’objet d’un suivi attentif par nos services, en collaboration avec notre conseiller consulaire.

Nos portes sont toujours ouvertes. Et comme le savent certains d’entre vous, j’ai entrepris de remédier à un certain cloisonnement de notre communauté, en particulier entre les habitués des réunions et réceptions à l’ambassade et les autres. Avec votre aide, chers compatriotes, je poursuivrai dans cette direction, pour davantage d’échanges et une meilleure cohésion au sein de notre communauté, riche de sa diversité.

C’est par ce message amical à mes compatriotes que je termine mon allocution.

Merci à tous de votre attention.

Vive la France !

Vive la Mauritanie !

Vive l’amitié entre nos deux pays !


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