ETUDE DE CAS : Décorticage d’un classement.

, par  masterEveil , popularité : 0%

Sur quelle base un ministre est choisi, ce n’est pas une question essentielle. Dès l’instant qu’il est demandé à un ministre de travailler sur une déclaration de politique générale du gouvernement, à partir de ce moment son travail est balisé. Il doit simplement, fidèlement appliquer le « manuel de procédure » c’est-à-dire, le programme électoral du président que détermine en principe les engagements qu’il a pris lors de sa campagne électorale.

Quelque soient, le cursus académique, les capacités professionnelles, les aptitudes politiques du ministre, ce dernier doit être en mesure, au niveau de son département, de mettre en œuvre la politique générale du gouvernement auquel il appartient.

Même si, ce ministre n’a pas le profil du domaine de compétences du portefeuille qui lui a été attribué, -ce qui arrive d’ailleurs souvent-, il doit s’appuyer sur ses proches collaborateurs, (experts, conseillers et chargés de missions) qui sont eux « sensés » être outillés pour combler les insuffisances de leur ministre dans des domaines qui ne touchent pas à l’aspect politique de sa mission.

Il n’y a donc pas de ministres bons et d’autres mauvais. Mais parfois, des ministres sont moins performants que d’autres. Toutefois, si on part du principe qu’un ministre est avant tout choisi pour mettre en application la politique gouvernementale, normalement et dans les faits, chacun d’eux en ce qui le concerne, doit mettre en œuvre les programmes qui relèvent des attributions de son département, ce qui, en principe ne nécessite pas forcément de sa part des aptitudes académiques poussées. Cela ne nécessite généralement que de s’assurer que le travail qu’il accomplit sera fait conformément aux engagements du président de la république.

Si un ministre est entouré de collaborateurs compétents, conscients, responsables et soucieux de la bonne gouvernance, son travail affichera des résultats performants. Si par malheur, ce ministre est entouré de collaborateurs qui affichent des insuffisances et des incompétences professionnelles, il sera handicapé dans son travail, ses performances seront réduites,  parfois même elles deviennent catastrophiques et peuvent, ce qui est parfois très grave, nuire à la politique de son gouvernement.

Taahoudatys, le cahier de charges des ministres.

Le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, s’est fait élire sur la base d’un programme électoral consigné dans son livret « vert » Taahoudaty, qui se traduit par « Mes engagements ». En principe, tous les membres du gouvernement doivent travailler sur la base de ce manuel de procédure, -véritable cahier de charges-, qui doit refléter fidèlement la politique du premier ministre en charge de l’exécution du programme du chef de l’Etat.

Pour les plateformes numériques « Voix des Citoyens » Box.fr, et « Groupe de Presse des journalistes francophones », en indépendant et en toute impartialité, j’ai procédé au classement des douze (12) ministres de l’actuel gouvernement les plus actifs dans la mise en application de la politique des engagements du Président de la République.

Ce classement est le résultat d’un travail de longue haleine basé sur la compilation de toutes les informations parues en français dans des tabloïds ou diffusées sur des sites d’information du 01 janvier au 31 décembre 2021.

Il ne s’agit donc pas d’un classement de compétence. C’est un classement qui évalue le rythme de travail des ministres sur une période donnée, sur la base d’un calcul de la couverture médiatique publique et privée.

Des portefeuilles « poids lourds » et des portefeuilles « poids plumes ».

Le gouvernement actuel compte 24 membres. Certains de ces membres, plus que d’autres, ont la lourde responsabilité de mettre en place des programmes qui, obligatoirement s’inscrivent dans le feu de l’action des engagements du président de la République. C’est le cas du Ministère de l’action Sociale de l’Enfance et de la famille (Naha Mint Haroun Ould Cheikh Sidiya), celui de l’Equipement et des Transports, (Mohamedou Ould Ahmed M’Haimed) et celui de l’Hydraulique et de l’Assainissement Mohamed El Hassen Ould Boukhreis). (Ces trois ministres appartenant à la dernière vague de nominations n’ont pas été pris en compte dans le classement).

Par principe et par glissement, certaines activités de ces trois départements s’appuient sur les prérogatives et les compétences d’autres institutions comme la Délégation Générale à la Solidarité Nationale et la lutte contre l’Exclusion -Taazour -, (de Mohamed Mahmoud Ould Bouasriya), le Commissariat à la Sécurité Alimentaire, (de Fatimetou Mint Mahfoudh Ould Khattri) ou enfin, Le Commissariat aux Droits de l’Homme, à l’Action Humanitaire et aux Relations avec la Société Civile (de Cheikh Ahmedou Ould Ahmed Salem Ould Sidi), tous élevés aux rangs de ministres pour les rôles qu’ils sont appelés à jouer pour compléter l’action du gouvernement dans certains domaines spécifiques.

La somme des efforts à fournir par les uns et les autres de tous les ministres, que ceux-ci soient membres du gouvernement (assis aux conseils) ou simplement responsables d’appuis logistiques complémentaires de l’action de ce gouvernement, doit pouvoir contribuer au bilan de l’action du Gouvernement qui emprunte les grands axes du programme inspiré par les engagements du chef de l’Etat.

Les engagements du chef de l’Etat visent à relancer l’économie afin d’amorcer une croissance plus inclusive, à créer des emplois orientés vers la réduction des inégalités. Mais le socle même de la politique du gouvernement qui doit équilibrer les poteaux des « Taahoudatts » du président de la République, doit évoluer vers la justice sociale, la lutte contre la pauvreté, la précarité, l’injustice et l’exclusion mais également vers la consolidation de l’économie nationale pour la rendre plus résiliente. 

Pour y parvenir, bien entendu les activités collectives ou individuelles des membres du gouvernement doivent s’atteler, au moyen d’une bonne gouvernance, à mettre en œuvre le programme politique sur la base duquel le Président de la République a été élu. Ce programme est censé garantir aux citoyens la « création » d’un Etat moderne, une économie engagée sur le chemin de l’émergence, un capital humain de compétences valorisé au service du développement, tout cela, afin de parvenir à la structure d’une société qui propose un environnement où les diversités sociales et culturelles sont réconciliées avec elles-mêmes  et vivent dans un environnement de justice et d’équité.

Douze ministres d’un classement spécifique.

Trois ministres, la ministre du commerce (Naha), le ministre de l’éducation nationale et de la réforme du système éducatif (Ould Eyih) et le Ministre de l’équipement et des transports (Ould M’Haimed) ne figurent dans ce classement. Leurs départements très surchargés par de multiples responsabilités sont fortement pénalisés par le désordre qui y règne, l’incompétence et la corruption de certains responsables et proches collaborateurs de ces ministres.

Le premier de ce classement est le Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, le Dr Taleb Ould Sid’Ahmed. Ce ministre accumule beaucoup de points grâce au travail remarquable accompli alors qu’il était en charge de la jeunesse. Pourtant, il ne figure pas au Top 5 des ministres les plus compétents du classement de la « Voix des Citoyens » Box.fr, publié en novembre 2021. N’empêche, tout au long des années 2020-2021, il est resté « imbattable » et toujours en pole position du classement des ministres les plus actifs.

Le ministre des Affaires Economiques et de la promotion du secteur productif qui était le premier au classement du Top 5 des ministres, prend la seconde place au classement des ministres les plus actifs derrière le ministre de l’emploi. Ce recul ne diminue en rien ses compétences et ne traduit pas un relâchement dans les résultats positifs qu’il obtient de plus en plus. Le travail du ministre Kane se maintient par une constance positive et cohérente dans les objectifs qu’il s’est fixé pour faire tenir les engagements du chef de l’Etat.

Le Ministre de la Défense, Hanana Ould Sidi, second au classement du Top 5 des ministres les plus compétents, glisse à la 3 ème place de ce nouveau classement à cause de la position du Ministre de l’emploi et de la formation professionnelle qui vient à la tête du classement. Le Ministre de la défense reste en évolution constante très bien adaptée aux engagements du président de la République (dont il est très proche, fidèle et discret collaborateur). Il travaille en toute discrétion et avec beaucoup de compétences pour moderniser l’armée, pour l’élever aux normes de l’efficacité du système de défense, du renseignement, de la lutte contre le terrorisme et pour assurer à celle-ci un environnement pour des formations académiques adaptées à la conjoncture et à l’environnent sécuritaire de la sous-région.

Le Ministre de l’Habitat de l’Urbanisme et de l’aménagement du territoire se retrouve à la 6 ème place au classement des ministres les plus actifs alors qu’au Top 5 il était classé 3 ème. Ce n’est pas un recul. Mais le département dont il détient le portefeuille, est truffé « de mines » posées par des éléments de son propre cabinet, ce qui ralentit le rythme de ses avancées dans la mise en place de la politique que dessine sa vision globale du problème de l’Habitat.

Ces exemples de mouvements dans les positions d’un classement à un autre prouvent que les deux classements n’ont donc rien à voir l’un avec l’autre. Si le Top 5 des ministres publié l’année dernière (Kane Ousmane, Ould Hanena, Sid’Ahmed Ould Mohamed, Mint Bekaye et Ould Dhehbi) est un classement de compétences et de rendements, le classement actuel des douze ministres est un classement indicatif de la progression dans l’exécution du programme du chef de l’Etat par rapport à ses « Taahoudatous ».

Quatre ministres (Ould Eyih, Emal Mint Cheikh Abdallahi, Ould Zeine et Ould Zehav) qui figurent au palmarès de ce classement des douze sont nominés par la multiplication de leurs efforts pour progresser malgré les difficultés auxquelles ils font face à l’intérieur même de leurs départements respectifs, difficultés généralement engendrées par la présence au sein de ces départements de cadres souvent incompétents hérités des nominations de complaisance ou décidées par pressions politiques ou tribales.

La « rotative » Naha Mint Mouknass, (ministre du Commerce, de l’industrie, de l’artisanat et du Tourisme), représente un poids politique électoral qui fait sa différence avec les autres ministres. Ce qui explique que tous les régimes qui se sont succèdés depuis Maaouiya n’ont pu se passer d’elle. Malheureusement, cette femme ne figure ni au Top 5, ni au classement des douze ministres, parce que simplement elle est « coincée » et « handicapée » dans son travail par le désordre épouvantable qu’elle rencontre chaque fois dans les portefeuilles qui lui sont confiés comme l’éducation, l’hydraulique, et le commerce, qui sont des départements véritables « tombe-mort » pour les ministres, à cause de l’incompétence de la plupart des cadres de ces départements qui baignent souvent dans la corruption,  qui tournent en rond depuis le temps de Daddah dans des « essais », des mises en place de programmes sans intérêts véritables et qui n’apportent rien de nouveau.

Ould Dahi, ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des relations avec le parlement -porte-parole du gouvernement -, trop surchargé pour les « essieux » de sa petite taille, se distingue par des avancées significatives dans la mise en place de programmes cohérents et à impactes rapides. Il développe de très bonnes nouvelles idées rénovatrices et il suit avec fidélité et intelligence les engagements du chef de l’état par un travail cohérent.

La présence du Ministre de la pêche sur la liste des douze a provoqué des grincements des dents de certains, (trop jaloux ou peut-être très rancuniers) qui lui « collent » encore à la peau les cristaux du sucre d’un projet mort-né. Mais par rapport à ce classement, le ministre Ould Zeine n’est pas évalué sur son passé, mais sur son présent. La presse indépendante qui soutient ses efforts par une couverture très large de ses activités, a tenu compte du fait que c’est un ministre qui a hérité d’un département où tout est pratiquement à refaire ou à reprendre à zéro.

Cette couverture de presse le place au 10 ème rang pour des points marqués dans la résolution de certains problèmes extrêmement difficiles et sensibles liés à la politique antérieure de la pêche et de l’économie maritime. Le ministre est allé en sens interdit pour briser un tabou qui était imposé aux ministres qui l’ont précédés ces dix dernières années à la tête du département. Il a lancé une « grenade offensive » dans le tas des hommes d’affaires inscrits au pillage des ressources halieutiques. Au cours du dernier point de presse, il a « promit » évoquant un dicton que : « l’odeur du poisson va commencer à se faire sentir ».

Franc succès pour Mariam Mint El Bekaye la professionnelle de l’équipe de Ould Bilal qui se bat contre l’adversité de la nature, la dégradation de l’environnement, la pollution de l’espace mais surtout qui se bat à armes inégales contre les puissants lobbys de la commercialisation du charbon, de la production de la farine de poisson. Cette ministre se bat aussi contre des ennemis dans son propre camp c’est-à-dire son département. Certains cadres de son ministère évoluent à contre-courant des objectifs du millénaire OMD et des ODD pour leurs propres intérêts ou par corruption endémique dans le département.

Le Ministre de la Santé Oud Zahav, né « professionnel » dans un milieu sanitaire se distingue par un travail de progrès remarquable dans l’assainissement de son secteur. Un travail qui va même peut-être remettre en cause certaines politiques qui étaient imposées par ses prédécesseurs. Ces politiques de tâtonnement contreproductives avaient contaminés la politique sanitaire par des « virus mutants » qui appartiennent à la famille d’un désordre entrainant des fièvres hémorragiques dans les compétences et les rendements du personnel médical et paramédical.

Le ministre de l’intérieur échappe de justesse à la liste des ministres qui ne sont pas cités sur ce classement. Depuis qu’il est au gouvernement (2019), il a obtenu des résultats mesurables dans l’application de certaines politiques administratives et sécuritaires révolutionnaires. Des avancées dans la décentralisation, des avancées dans la mise en place de plans sécuritaires adaptés mais malheureusement les mesures d’accompagnement et l’intendance ne suivent pas.

Ould Eyih, Mohamed Lemine, ministre de l’éducation nationale et de la réforme du système éducatif, fait un travail remarquable sans tambour ni trompette. Mais il évolue malheureusement sur un terrain miné par des guerres intestines au sein de son département ce qui ralentit considérablement les avancées positives d’un intellectuel très compétent qui ne parle pas beaucoup mais qui travaille efficacement dans l’ombre.

Mohamed Chighali.
Journaliste indépendant

Administrateur des plateformes

« Vois des Citoyens » Box.fr et

« Groupe de Presse Francophone ».

P.S. Certains ministres n’ont pas été évalués parce qu’ils n’ont pas travaillé sur la même période que les autres.


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