Elections du 23 novembre : La démocratie en mauvaise posture !

, par  Webmastrer , popularité : 10%

Le collège électoral mauritanien n’a plus devant lui que 5 jours pour voter ses futurs représentants à l’Assemblée nationale et dans les conseillers municipaux.

Après une semaine de campagne électorale morose, les électeurs raisonnables et réfléchis, n’arrivent pas encore à discerner les meilleurs candidats ou listes en lice investis dans la compétition électorale plutôt nourrie par les groupes de pression tribaux, régionalistes et affairistes, plaçant le jeu démocratique sur une mauvaise rampe multipartiste.


Les élections qui sont déjà en mauvaise posture en raison du boycott de la COD, viennent également d’être confrontées à des disfonctionnements d’ordre logistique qui compromet davantage leur organisation dans la transparence.

 En effet, après avoir déploré le recours de certains candidats à ces échéances à l’utilisation des moyens de l’Etat à des fins électorales, la CENI vient de constater la grande confusion faite par ses services sur les bulletins de vote.

 Les logos des partis APP et RAVAH figurant sur le spécimen des bulletins de vote concernant la commune de Badjim dans la wilaya du Guidimakha ont montré une répétition de l’APP en première et quatrième positions ainsi qu’une mauvaise traduction.

Cet incident n’est pas le premier du genre, puisque trois partis, en l’occurrence Sawab, Civilisation et développement/ Pensée nouvelle et l’Union pour la Démocratie et le Progrès (UDP) avaient menacé de boycotter les élections après avoir accusé la CENI d’avoir confondu leurs logos avec ceux d’autres partis. 

Les futures élections qui ont bénéficié pourtant d’un crédit relatif de la communauté internationale, avec cette intention de l’Union Européenne (UE) de déployer une mission d’observation de ces échéances, sont également compromises par l’utilisation abusive des moyens de l’Etat.

Un constat que la CENI a même déploré. Des partis comme l’APP ont également dénoncé ce qu’ils ont appelé le financement "illégal" de la campagne électorale du parti UPR au pouvoir, par des sociétés et des commerçants, de la campagne, pour ses élections législatives et municipales du 23 novembre.

Le directeur de campagne de l’APP Mohamed Lemine Ould Nati a accusé la Fédération des commerçants mauritaniens à Nouadhibou et les sociétés de fabrication de farine de poisson d’avoir mobilisé respectivement 10 Millions UM et 15 Millions UM pour soutenir la campagne l’UPR.

Il a dans le même registre dénoncé « l’utilisation des moyens de l’Etat à des fin de campagne électorale et pour le compte toujours de l’UPR ». Ould Nati a demandé à la CENI d’ouvrir "une enquête sur ces violations et d’appliquer, sur les auteurs, les sanctions requises". Et a promis de poursuivre ces auteurs devant les tribunaux compétents.

Toujours est-il que malgré ces imperfections de la campagne électorale, les partis participants se rivalisent ardemment pour gagner la confiance des électeurs. L’APP , El Wiam et Tawwassoul ainsi que l’UDP nourrissent de grands espoirs de remporter des sièges dans ces échéances, malgré leurs dénonciations régulières de certaines violations. Le parti de Ould Houmeid est ultra optimiste, avec des pronostics de gagner 25 sièges de la future Assemblée nationale.

Au niveau de la majorité présidentielle, c’est le divorce électoral entre le parti au pouvoir et les autres formations. A la lecture des discours et messages de la campagne électorale de l’UPR prononcés couramment par ses cadres dans les meetings et les défilés, soutenir le Président de la République c’est voter UPR, l’inverse étant un désaveu de fidélité à Ould Abdel Aziz.