Forcing constitutionnel : Le blasphème « politique » est-il irréversible ? Tous contre Aziz

, par  masterEveil , popularité : 24%

Transgresser la loi divine conduit son auteur à être qualifié d’auteur d’un blasphème religieux, comme nous le vivons aujourd’hui avec le cas trop controversé de Ould M’Kheitir, qui à la différence du Président mauritanien, dans son intransigeance de violer la constitution et le serment, persiste dans sa volonté d’enfreindre la Loi fondamentale.
Un paradoxe qui suscite un fort élan d’opposition à tous échelons de la Nation, politique, économique, social, culturel et même juridique.
En effet, après les nombreux appels lancés par le forum pour contrer cette intransigeance du sommet de l’Etat à aller à contre-courant de la volonté de la force-loi, ce sont aujourd’hui plusieurs autres segments de la société et groupes qui s’insurgent, dénonçant le blasphème « politique », que Ould Abdel Aziz compte mettre à exécution, au lendemain de la récente réunion du conseil des ministres, qui a adopté jeudi un projet de loi référendaire.
C’est dans ce cadre que l’ex Président mauritanien Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a brisé le silence et appelé à faire échouer le coup d’Etat contre la constitution.
« Dans le cas où le Chef de l’Etat persiste dans la violation de la constitution, j’estime qu’il est du devoir de tous les patriotes, attachés aux valeurs démocratiques et soucieux de l’avenir de leur pays, quelle que soit leur position sur l’échiquier politique – et j’en fais partie –, de déployer tout ce qui est en leur pouvoir pour résister à ce coup d’état constitutionnel et le faire échouer », a-t-il dit dans un communiqué publié à cette fin.
C’est également à ce propos qu’un collectif d’ex éminents bâtonniers de l’ordre des avocats ont publié une déclaration conjointe, dans laquelle, ils rappellent au Président de la République l’obligation que lui imposent la Constitution et le serment qu’il a prêté.
Maîtres Diabira Maroufa (1982), Yacoub Diallo ( de 1987 à 1989), Mahfoudh O. Bettah (1991 à 2005) et Ahmed Salem Bouhoubeyni (de 2008-2014) qualifient la violation délibérée de la Constitution par le Président de la république, de crime de forfaiture ; exigeant en conséquence son renoncement au référendum envisagé.
Ils affirment par ailleurs que cet entêtement à imposer par tous les moyens une adoption d’amendements constitutionnels controversés peut ouvrir a voie à tous les tripatouillages, précisant qu’il fragiliserait « notre dispositif constitutionnel et ferait peser de lourdes menaces sur la paix et la cohésion sociales ».
De son côté Gerddes-Mauritanie, a lancé dans un autre communiqué séparé, un appel pressant et patriotique au Président de la République, Mohamed Abdel Aziz, pour l’honneur de notre Pays, la Mauritanie, « afin de se soumettre à la loi fondamentale, clef de voûte de notre cohésion malgré ses insuffisances, et renoncer à l’organisation d’un référendum qui n’a pas de base légale et ainsi préserver notre Nation déjà fragile et notre sous région en proie à tous les dangers ».

Objection des sénateurs contre l’article 38

Certains membres du Sénat, se préparent à émettre un communiqué de presse dans lequel ils expliquent leur position vis à vis de l’article 38 de la constitution.
La déclaration attendue, explique la raison de l’objection de certains sénateurs quant à l’article 38 de la Constitution et y adressent un appel à leurs autres collègues pour qu’ils signent une demande de convocation d’une session parlementaire extraordinaire dans le but de débattre de la Constitution à la suite de la décision du gouvernement d’organiser un référendum sur le projet des amendements constitutionnels.
La loi autorise les membres du Parlement à convoquer une session extraordinaire dans le cas où la demande de convocation acquiert la signature d’un tiers des députés ou des sénateurs en vertu de laquelle la session a lieu au niveau des deux chambres.

Le Forum dénonce "un coup d’Etat" contre la légalité

Le Forum a qualifié de "coup d’Etat" la décision du président Mohamed Ould Abdel Aziz de passer directement au référendum pour adopter son projet de modification de la Constitution qui a été rejeté par le Sénat.
L’article 33 de la constitution mauritanienne, que le Président compte manipuler stipule : « Le président de la République peut, sur toute question d’importance nationale, saisir le peuple par voie référendaire. ».
L’opposition a mis en garde contre « les conséquences dangereuses de la volonté du président Ould Abdel Aziz d’imposer les modifications constitutionnelles ». Ces modifications concernant entre autres la suppression du Sénat et de la Haute cour de justice et le changement du drapeau et de l’hymne national.
Le FNDU a promis d’utiliser « tous les moyens pacifiques pour face à ce troisième coup d’Etat ». Mohamed Ould Abdel Aziz a participé en tant que colonel de l’armée mauritanienne au putsch du 3 août 2005 qui a renversé le régime de Ould Taya.
L’opposition mauritanienne a appelé les forces armées du pays à ne pas servir de « prétexte pour renverser la Constitution et bafouer le choix des représentants du peuple ».
L’opposition mauritanienne estime que l’article 38 de la Constitution est de portée générale. La procédure de réforme de la loi fondamentale est prévue par le chapitre 11, notamment les articles 99,100 et 101 de la Constitution du 20 juillet 1991 et ses textes modificatifs.

Vive inquiétude du RFD

Dans une récente déclaration rendue publique, le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Daddah, affirme que « la Mauritanie traverse une crise multidimensionnelle aux conséquences imprévisibles, qui menace sa sécurité, sa stabilité » et au-delà celle du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, du fait de sa position géostratégique et de ses immenses ressources. Le RFD met en garde « contre les conséquences néfastes du mépris affiché par le président Mohamed Ould Aziz vis-à-vis de la Constitution et des lois du pays ».
Des jeunes « anti-référendistes » manifestent
Des jeunes opposés au projet référendaire envisagé par les Pouvoirs Publics mauritaniens ont manifesté au PK 18, sur l’axe Nouakchott-Rosso, pour attirer l’attention sur le mauvais état de cette RN.
Les manifestants ont levé des slogans « mouhal taghyir destour » (Jamais un changement de la constitution), dénonçant l’indifférence des autorités devant l’état défectueux de certains parties de cet axe routier vital.
Les jeunes « anti-référendistes » ont promis de réitérer leur activisme hostile au changement de la Loi fondamentale pendant les prochains jours et d’attirer l’opinion sur les vrais problèmes posés aux citoyens.

Les chanteurs opposés aux amendements

Des artistes mauritaniens ont réalisé un nouveau clip, vantant le refus des sénateurs d’adopter le projet de révision constitutionnel soumis à leur approbation et validé, avant eux, la majorité des députés de l’Assemblée nationale. Le clip est joué par le trio Hamed Vall, Mayassa et Vouady en plus de Cheikh Ould Abba. Les chanteurs présentent selon les mots du clip, leurs compliments pour l’esprit patriotique des sénateurs, qualifiant le rejet d’acquis inestimable pour les mauritaniens et de page historique gravée avec des lettres d’or….etc.

Le référendum attendu l’été prochain

Le gouvernement mauritanien a approuvé jeudi 30 mars, deux projets de lois relatifs à l’organisation d’un référendum. Une consultation populaire qui va intervenir dans un contexte de profonde crise, avec de nouvelles lignes de fracture au niveau de la classe politique. La Mauritanie effectue un pas supplémentaire vers l’organisation d’un référendum populaire durant l’été prochain. C’est dans cette perspective que le conseil des ministres du 30 mars a examiné et adopté deux projets de loi référendaire. Des textes destinés à permettre la révision de certaines dispositions de la Constitution du 20 juillet 1991.
La démarche gouvernementale répond à la nécessité de « mettre en œuvre les résultats d’un Dialogue national inclusif (DNI) organisé du 29 septembre au 20 octobre 2016.
Le premier projet de loi constitutionnel référendaire prévoit des amendements tendant à améliorer le fonctionnement des institutions de la république et à promouvoir un nouveau cadre de représentation des populations à travers la création d’une nouvelle catégorie de collectivités territoriales appelées à servir d’outils de promotion et de planification du développement à l’échelle régionale, explique un communiqué du gouvernement.
Quant au deuxième projet de loi, « il porte sur la révision de l’article 8 de la Constitution du 20 juillet 1991 et vise à améliorer l’emblème national dans un sens plus patriotique ».

Avec agences

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