Gambie : le président élu Barrow assure avoir reçu le soutien de l’armée

, par  masterEveil , popularité : 24%

Le président élu gambien Adama Barrow a affirmé jeudi avoir reçu le soutien du chef de l’armée, au moment où beaucoup s’interrogeaient sur l’attitude de la hiérarchie militaire depuis la défaite surprise de Yahya Jammeh qui a dirigé le pays 22 ans.
M. Barrow, qui doit prendre ses fonctions en janvier, a par ailleurs indiqué qu’il mettra en place une Commission Vérité et Réconciliation, en réponse à une question sur d‘éventuelles poursuites contre les auteurs de violations de droits de l’Homme dans son pays sous le pouvoir de son prédécesseur.
“Le chef d‘état-major général des forces armées, le général Ousman Badjie, m’a appelé et m’a félicité. Il a dit que la sécurité de la nation était assurée par l’armée”, a déclaré Adama Barrow lors d’une conférence de presse, sa première depuis l’annonce, le 2 décembre, de sa victoire aux urnes.
Le général Badjie “a dit qu’il était fidèle au président Yahya Jammeh parce qu’il était élu président. Il a affirmé que maintenant que je suis élu par le peuple gambien, il va me soutenir”, a poursuivi Adama Barrow, âgé de 51 ans, comme Yahya Jammeh.
Selon lui, il n’a pas encore rencontré le président battu et n’a pas eu de contact direct avec lui depuis leur conversation téléphonique du 2 décembre.
Dans une déclaration télévisée diffusée le soir du 2 décembre, Yahya Jammeh avait, à la surprise générale, reconnu sa défaite et avait téléphoné Adama Barrow devant les caméras pour le féliciter de sa victoire. Depuis, M. Jammeh n’a pas été vu en public mais, selon des diplomates et des sources au sein de l’opposition, il n’a pas quitté la Gambie.
Interrogé sur d‘éventuelles poursuites contre Yahya Jammeh et des dignitaires de son régime accusé de violations systématiques des droits de l’Homme, Adama Barrow a répondu qu’il créera plutôt une commission Vérité et Réconciliation sur le modèle de celle d’Afrique du Sud ayant enquêté sur les violences commises durant la période de l’apartheid.
“La Commission Vérité et Réconciliation est très importante ici, et nous avons vu comme cela s’est passé en Afrique du Sud. Nous établirons une Commission Vérité et Réconciliation pour étudier le passé”, a-t-il déclaré, sans plus de précisions.

AFP