Guerre larvée entre le sénat et le Président : De mal en pis !

, par  masterEveil

Rien ne va plus entre le sénat mauritanien et le Président Mohamed Ould Abdel Aziz, désormais visé par tous les coups directs et indirects, destinés à le plier contre son projet référendaire, notamment sa volonté à supprimer cette chambre haute du parlement.
Dans cette guerre larvée aux allures interminables, opposant les plus grands symboles de l’Etat, le sénat est déjà présent sur plusieurs fronts. En effet, après avoir invalidé le projet de loi du référendum, il a créé en moins de deux semaines, des commissions d’enquête sur les sources de financement de la Fondation Rahma de bienfaisance, présidé par le fils du Chef de l’Etat.
Le sénat a également créé d’autres commissions pour enquêter sur les marchés de gré à gré, particulièrement au niveau de la SNDE et l’ENER.
Selon le sénateur Mohamed Ould Ghadda, ces deux sociétés nationales ont attribué des marchés gré à gré de plusieurs milliards d’ouguiyas à des cercles proches du pouvoir.
Parmi les autres fronts envisagés par la chambre haute dans sa guerre larvée, des sources évoquent l’aéroport international Oumtounsy de Nouakchott, réalisé par le consortium privé national « Najah Network ».
En panne de liquidités pour poursuivre les travaux de cette infrastructure lourde en 2013, cette entreprise, qui n’avait aucune expertise en la matière, avait bénéficié d’un prêt de 50 millions de dollars de la Société nationale industrielle et minière (SNIM). Un procédé vivement dénoncé à l’époque par l’opposition mauritanienne.
Parmi ces marchés à polémique figurent par ailleurs, la réalisation de la centrale électrique duale de 180 mégawatts de Nouakchott, le canal d’irrigation de Keur Macene (sud-ouest), les poteaux pour la fourniture de l’énergie solaire à Nouakchott et une série de marchés de gré à gré pour la mise à niveau de la voirie urbaine de Nouakchott dans le cadre des préparatifs de l’accueil du sommet de la Ligue arabe de juillet 2016.
Le sénat qui poursuit son offensive, appelée à toucher des fronts sensibles, vient aussi de décider d’interpeller le ministre des affaires étrangères et de la coopération, à propos de la décision de la Mauritanie, de rompre subitement les relations diplomatiques avec l’Etat du Qatar.
Une rupture de lourdes conséquences économiques pour la Mauritanie, qui voit en plus, de la résiliation des contrats de centaines de mauritaniens (magistrats, enseignants, ..) travaillant au Qatar, risque d’assister à l’arrêt d’importants projets financés par cet Etat dont l’hôpital Khalifa Ben Hamed, à Boutilimit dont les services bénéficient à plus de 100.000 personnes, selon des sources.
Reste à savoir cependant, si les sages peuvent bénéficier de la collaboration des services de l’Etat pour mener toutes les investigations nécessaires à la manifestation de la vérité.