Hommage : Un homme juste s’en est allé.

, par  masterEveil , popularité : 22%

Sneibe ould Abdellahi – Samba ould Bilal, pour ses camarades de classe du primaire et du secondaire – a été rappelé à Lui par le Très-Haut, lundi, 30 janvier.
Né en 58 du siècle dernier, i l quitte cette demeure éphémère à l’âge de 58 ans.
Il aura mené une vie pleine d’amour, de détermination, de persévérance, de loyauté et de courage.
Je l’ai côtoyé au lycée national de Nouakchott mais notre amitié remonte surtout à la période de nos études à l’étranger. Nous habitions, en 1978, au Canada, un appartement à quatre et il n’avait pas voulu cotiser avec les autres pour la nourriture. Quand je lui fis le reproche – alors que l’idée de quitter les résidences universitaires au premier mois de notre séjour venait de lui-,il me répondit qu’il a laissé au pays sa famille, dans le dénuement le plus total et qu’il comptait manqué deux à trois repas par semaine pour faire des économies afin de soutenir sa famille. Et il tint promesse ! Je crois que c’est depuis le jour où il me fit cette confidence que notre amitié ne s’est jamais démentie, ayant découvert la valeur réelle du défunt.
Ses etudes universitaires furent très ardues : orienté en économie, il opte, au tout début, pour des etudes en gestion qu’il finit par réussi r grâce à sa détermination proverbiale.
Il rentre ensuite au pays oùil travaille à la Snim.Grâce exclusivement à son mérite, il est nommé Chef de la division financière de cette société.
Je me souviens que c’est aussi,Durant cette période,qu’il me rapporte avoir demandé, sur conseil d’un de nos amis communs, à être inscrit comme expert judiciaire en comptabilité auprès de nos tribunaux. Quant il obtient la dite attestation qui mentionnait qu’il était diplômé en comptabilité, il la déchira, après mûre réflexion, sa conscience ne lui permettant pas d’être l’auteur ou le complice d’une telle imposture, me dit-il.
Plus tard, sa décision sera prise de continuer ses études.
Il retourne alors à son pays d’adoption, le Canada,où il s’inscrit aux Hautes Études Commerciales de Montréal, puis se présente, avec succès au concours d’experts comptables.
Sa vie, par la suite, fut un film à succès : employé dans de grandes firmes de comptabilité, puis ouverture de son propre cabinet où son portefeuille clientèle - nationaux et étrangers- ne tarde pas à enfler.
Succès surtout religieux et spirituel : même au plus fort de sa maladie, il ne ratait aucune prière d’ ‘‘el vajr’’ dans la mosquée. Il envoyaitt aussi régulièrement des fonds au pays pour la zakatt mais pour assister aussi ceux de son entourage, au sens large,dans le besoin. Il avait coutume de me dire, dans le texte, qu’Allah l’ayant comblé de tout ce bien, il devait, ainsi, se montrer reconnaissant.
Sneibe a été enterré, le jour même de son décès, au cimetière el baalatia à Boutilimit, aux côtés de sa mère. C’était bien son ultime désir.
Quand il a réalisé, en effet, que son combat contre la maladie était perdu, son choix fut de revenir à la terre des ses ancêtres pour y être enterré. Qu’Allah l’absolve et l’accueille en son Saint Paradis.
Mes condoléances les plus attristées vont aux familles du défunt en Mauritanie et au Canada, en particulier à son frère le Dr. pédiatre Mohamed Lemine, à sa soeur Lalla, à son épouse Mélanie et sa fille Eliane (alias Lalla) qui l’auront entouré, jusqu’à son dernier soupir, de leur amour et compassion.
A Allah nous appartenons et à Lui nous reviendrons.

Mohamed ould Hannani.