Hommage à Ba Ibrahima Demba, dit BID

, par  masterEveil , popularité : 1%

« Il avait su, dans une société où les mérites de la folie des grandeurs sont en train de noyer les valeurs humaines, rester serein, refusant de revêtir ce manteau d’orgueils… »

Le 15 juin 2013, 15 JUIN 2021, jour pour jour, disparaissait un des hommes à l’esprit fécond, d’une grande intelligence, un génie selon un ingénieur en statistiques, un visionnaire, d’après un écrivain poète aujourd’hui disparu, qui travaillait pour les Nations Unies.
Bâ Ibrahima Demba, (BID) puisque c’est de lui qu’il s’agit, était et fut un cadre avisé, un patriote qui aimait son pays, chérissait sa contrée et attaché à son village natal.
Nous reproduisons deux témoignages : celui de son inséparable et fidèle ami, Dr Hamady Samba SY, et une anecdote qui prouve sa perspicacité de NDongo Harouna, dit Samba Diarra qui dévoile le coté humaniste de l’homme et sa fidélité en amitié.
Nous renouvelons nos sincères condoléances à sa maman, sa famille, à ses enfants, Aguibou, Hadja, Karim BA, sans oublier ses frères et sœurs, à tous ses proches et à ses nombreux amis.
Que le tout puissant l’accueille dans son vaste paradis . AMINE ; INALILAHI WA INA ELEYHI RAJIOUNE

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Dr Hamady Samba SY

« Il est parti laissant derrière lui un vide que les siens, et tous ceux qui, un jour, ont eu le bonheur et le privilège de le côtoyer, n’arrivent pas encore à combler. Il était pour certain un modèle de rigueur dans le travail, de fidélité aux principes d’équité et de justice, d’efficacité dans la décision, de probité dans la gestion des deniers publics, d’attachement aux valeurs spirituelles et morales auxquelles s’indentaient cette Mauritanie qui lui était si chère et son Foutah auquel il était infiniment attaché.
Il avait su, dans une société ou les mérites de la folie des grandeurs sont entrain de noyer les valeurs humaines, rester serein, refusant de revêtir ce manteau d’orgueils que son intelligence, devenu légendaire pour ceux dans les oreilles desquels sonnent encore les voix des proviseurs qui égrenaient, en fin d’année son palmarès fait de prix, de félicitations et d’éloges.
Il avait pu, dans une société ou la course à la fortune pousse les hommes sur les chemins de la corruption, partir de toutes les institutions qu’il avait dirigées, la tête haute et couverte de l’estime et de la reconnaissance de ses collègues de travail.
Il avait dans le respect, la courtoisie et la solidarité, maintenu toutes les amitiés qu’il avait tissées depuis sa jeunesse se refusant à tout attachement béat pouvant déboucher sur une forme de courtisanerie.
Il était, pour moi et pour tous qu’il a estimé, aimé, ou élevé, cet infatigable éducateur qui inculquait les vertus de la volonté, de la ténacité, de cette envie de réussir par soi et pour les autres, sans démagogie, sans vantardise et dans le respect de l’autre.
Il a vécu, s’est nourri et a nourri de ses vertus puisées dans sa foi islamique, sa confiance en la valeur et la grandeur humaine et dans la reconnaissance à tous ceux qui un jour ont influencé le cours de sa vie bien remplie. A tous ceux qui, comme moi, gardent en eux l’héritage de cet Homme, je veux renouveler mes condoléances et les inviter à prier pour que du royaume des Elus d’Allah, son âme, éternellement, repose en paix. Amin

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De N’dongo Harouna dit Samba Diarra

Très joli et véridique témoignage. Quand étudiants en France, nous faisions au niveau de l’union générale des étudiants et stagiaires de Mauritanie (UGESM), un travail d’intégration au monde immigré, nous constitutions un binôme qui était chargé des foyers de Saint Denis. Et c’est là, par pur hasard que nous sommes tombés nez à nez avec Djiby mbodj, étudiant arabisant en Libye ou Irak, coincé en Europe suite à un putsch militaire.

Dans une salle où s’alignait des lits superposés (comme au collège dans les temps), BID et M’bodj se dévisageaient alternativement, à chaque fois que l’un baissait les yeux (ne se reconnaissant pas, parce BID voyait en face de lui un blouson noir sensé être dans les pays arabes, et M’bodj percevait ou croyait que BID était censé être encore à l’université de Dakar).

A un moment, BID murmure à l’oreille : "celui-là, on dirait que je le connais” ? Comme je les observe depuis quelques temps, je réponds : « que c’est lui, en me fiant à propres mes observations ».

Et, à un moment donné, il appelle : « Djiby !!!! Et subitement Djiby Mbodj de répondre, Sory !!! C’est ainsi qu’il a récupéré Mbodj dans sa chambre de ponia, ne se séparant plus, et l’encadrant, jusqu’à ce qu’il s’inscrive à Vincennes.
C’est finalement là que Djiby M’BODJ, débutera ses études et obtiendra plus tard un diplôme supérieur de troisième cycle.
BID persévérant, et serviable a retrouvé et ramené Kaw Djiby Mbodj parmi les siens. BID était un patriote, un homme généreux, fidèle en amitié, honnête et rigoureux : il demeurera pour moi une référence.
Mes condoléances à sa famille à ses enfants, particulièrement à sa compagne Aminata Sall BA qui était avec nous dans les années de braise étudiante en France, et a toujours été à coté et un soutien à son défunt mari .Que Le Tout puissant ouvre les portes du Paradis a cet homme exceptionnel : Amine

Inalilahi wa ina iléyhi rajioune .


Echos&Confi

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