IN MEMORIAM :Dr Diagana Dieydi

, par  masterEveil , popularité : 18%

Le firmament avait pris une couleur inhabituelle. En cette nuit du vendredi saint une clameur semblait percer les ténèbres et on avait également l’impression que « le ciel descendait sur la terre » en annonçant au commun des mortels une triste et terrible nouvelle. Mêmes ceux qui se trouvaient dans d’autres contrées ont ressenti cette onde de choc que seul le tout puissant peut créer en rappelant à lui ses serviteurs selon sa volonté.

Oui terrible et triste nouvelle, car nous venons de perdre un être cher, un homme hors pair, un intellectuel, un cadre, profondément dévoué à sa religion l’islam qu’il maitrisait parfaitement ayant parachevé tout jeune le coran et les préceptes de l’Islam.

Dr Diagana Dieydi puisqu’il s’agit de lui, venait de tirer sa révérence laissant aux uns et aux autres un immense chagrin et une douleur incommensurable. Mais alors que pouvait-on faire de la volonté D’ALLAH L’UNIQUE ET LE TOUT PUISSANT ? Rien ? Absolument rien ? Dès lors, il s’agit simplement de prier : prier pour le repos de son âme.

Fils de Tijane DIAGANA« le renommé commandant Diagana connu pour sa simplicité et sa modestie légendaire, Docteur, comme on l’appelait affectueusement a vu le jour à M’bout. .D’ailleurs, un de ses frères, l’éminent intellectuel Dr Diagana Moussa , sociologue, et auteur de la célèbre pièce , « la légende du wagadu vue par Sia yatébéré » qui a remporté dans les année 90 des prestigieux prix et la palme d’or au Fespaco en 2001, disait en substance :-« c’est le seul qui a hérité de la simplicité de notre père . Madina koita, épouse de feu Biry Diagna renchérit : « il ressemblait parfaitement à son père jusqu’à la démarche ». Issue de la lignée de khoumbaré, il était devenu chef du village après la disparition de son cher grand frère l’inoubliable BIRY DIAGANA

Sa maman était une peule provenant des preux guerriers yalalbé dont on chante et clame encore dans des poèmes épiques les faits et gestes. Sa grand-mère une imposante et forte dame était une arabe de la fraction EHEL BLEL, de la tribu des Tejekane . A M’bout, c’était la famille des EHEL Diom.

Son univers d’enfance comme le décrivait l’autre, était MBOUT, entre le Marigot, le goumbawa qui s’étendait de l’école au puits sur lequel flottait les nénuphars et les herbes aquatiques, le jardin du commandant, le petit pont, les parties de pêche et de chasse. Et les retrouvailles avec « son fédé,ou Asr », au clair de lune pour des causeries et des discussions interminables autour d’un thé, et d’un fourneau sur lequel crépitait le maké( Maïs) . IL ne quittera cet univers que lorsqu’il ira au collège et au lycée de NOUAKCHOTT, ou il obtiendra son bac avec brio pour rejoindre l’université de Dakar, ou il fera de brillantes études universitaires .J’ai encore en mémoire les plaintes de sa grand-mère qui ne comprenait que quelqu’un qui avait son Bac et fils d’une grande famille « s’occupe de soigner les animaux au moment où ils sont en train de mourir ». On était dans les années des grandes sècheresses, (68/73) et de disette qui ont décomposé le monde rural avec son corollaire de famine et de malnutrition. Ses études vétérinaires achevées, il revient au pays et immédiatement affecté comme Directeur régional de l’élevage des trois régions les deux Hodhs et l’Assaba . Laissons la parole au Dr SOUED’AHMED, actuel président de la Ceni : « je l’ai connu jeune Docteur, j’étais Directeur de l’élevage, il était compétent, travailleur et intègre. Si l’on reconnaissait les mérites, ce garçon devrait avoir tous les honneurs et faveurs de ce pays qu’il a parcouru de long en large, en travaillant honnêtement .Malheureusement, souvent on oublie ceux qui se sacrifient. Je peux également certifier que c’est un homme remarquable d’une grande piété » ; témoignage ne pouvait être aussi éloquent de la part d’un doyen de l’élevage de surcroit patron de la CENI . En effet les témoignages sont nombreux et multiformes, ils convergent sur trois principes : honnêteté, piété, probité morale .C’est clair comme de l’eau de roche, Dieydi, n’a jamais courbé l’échine pour la recherche d’un strapontin, dans un pays ou la flagornerie, la cupidité, la recherche du profit sont devenues monnaies courantes.

En outre, c’est le lieu de saluer toutes nos composantes nationales qui ont démontré qu’on peut reconnaître les qualités d’un homme au-delà du pouvoir ou de la richesse puisque Dieydi était la quintessence de cette Mauritanie que nous voulons bâtir. Patriote il aimait son pays, il a disparu en travaillant, le Bureau FAO peut l’attester .Par ailleurs, durant sa courte maladie, dans la douleur et la souffrance Madame Diagana Hawa Barry était toujours là, sans oublier son petit frère Mohamedou DIA, ses inséparables amis d’enfance à Mbout qui ont revisité sa tombe et prier pour cet homme exceptionnel. Aux anciens clubs qui ont rythmé la vie à M’bout : Santos, Filante, Fusée, à la jeunesse actuelle de M’bout et de Kaédi, aux autres, nous perdons un FRÉRE qui demeurera toujours UNE REFERENCE.

Nous présentons nos sincères condoléances à sa chère et brave épouse Halima, à ses enfants, à son grand frère Diagana Moussa qui s’est déplacé de la forêt équatoriale du Congo( RDC), en parcourant des milliers de kilomètres pour être à son chevet, à sa famille de Mbout, particulièrement à son oncle BA Mohamed Abdallahi Directeur des écoles BAMA, à la grande famille khombaré de Kaédi, aux familles Koita, Tandia, à toute la communauté soninké, à L’ordre des médecins vétérinaires, à tous ses amis et proches, en somme à toute la Mauritanie .

QU’ALLAH LE TOUT PUISSSANT L’ACCUEILLE DANS SON SAINT PARADIS. AMINE. INALILAHI WA INA ELEYHI RAJIOUNE