Impasse politique : Chassez le naturel, il revient au galop !

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La tension est toujours à son paroxysme entre la majorité présidentielle et l’opposition. Cette dernière l’a signifié de la manière la plus forte lors de son dernier meeting du 07 juillet, au cours duquel, tout en exigeant le départ du président de la République du pouvoir, a comparé Ould Abdel Aziz au Général égyptien Abdel Fattah al-Sissi, accusé de se dresser "contre la démocratie ». Un portrait peu reluisant et assez édifiant sur l’ampleur de la crispation politique et sur la persistance de l’impasse politique allant crescendo avec deux camps diamétralement hostiles l’un à l’autre, avec un pouvoir qui maintient le cap des élections et la COD qui s’oppose à cet agenda. 

"Comme en Egypte, nous avons notre al-Sissi, (qui a déposé le président égyptien Mohamed Morsi, ndlr) qui se dresse contre la démocratie, contre la civilisation et la culture", a affirmé au cours d’un meeting organisé à Nouakchott le président de la Coordination de l’Opposition Démocratique (COD), Ahmed Ould Daddah.
Tout en apportant, à la différence du régime mauritanien, son soutien au président égyptien, Ould Daddah, chef de file de l’opposition, a appelé l’armée égyptienne à "se consacrer à la défense de son pays et de la nation arabe et à éviter le chaos" pour le pays. Le gouvernement mauritanien s’était, après la chute de M. Morsi, dit "rassuré" sur l’issue des évènements en Egypte, estimant qu’elle aurait pu être "pire" que celle imposée par l’armée.
M. Morsi, premier président élu démocratiquement de l’histoire de l’Egypte, a été déposé mercredi 03 juillet au soir par le chef de l’armée Abdel Fattah al-Sissi, après des manifestations d’une ampleur inédite dans le pays.
Le président Aziz "doit dégager pour mettre fin au despotisme et rétablir le jeu démocratique", a déclaré M. Ould Daddah pendant le meeting, enjoignant des milliers de militants qui l’ont ovationné. La COD a longuement fustigé le régime du Président Aziz comme pour "le contraindre à déguerpir", sans évoquer les élections parlementaires et municipales prévues septembre-octobre prochains.
Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz est un ancien général, auteur en août 2008 d’un coup d’Etat qui a renversé le premier président élu démocratiquement de Mauritanie, Sidi Ould Cheikh Abdallahi. M. Aziz avait ensuite été élu président de la République, le 18 juillet 2009, un an plus tard.
Depuis lors, l’actuel homme fort de Nouakchott a bombé sa poitrine, renfrogné le visage comme pour dire que c’est lui le Chef et pas quelqu’un d’autre. Malgré les contestations des malheureux candidats au lendemain de son élection, le Conseil constitutionnel n’a fait que confirmer les résultats des urnes donnant Ould Abdel Aziz vainqueur et le proclamant Président de la République. Les rapports entre le pouvoir et l’opposition se sont détériorés occasionnant une impasse politique qui ôte toute possibilité de dialogue entre les deux protagonistes politiques.
Des tentatives de rapprochements se sont avérés veines. Messoud Ould Boulkheir, président de l’Assemblée nationale et opposant modéré au régime, a lancé depuis quelques mois une initiative pour un consensus politique. Celle-ci peine à aboutir en dépit des soutiens des populations et de certains hommes politiques. Le Président Aziz ne capitule pas face à une opposition qui ne cesse d’exiger son départ eu égard à la situation socio-économique et politique que traverse le pays. Mieux, des scandales soulevés par ci et par là, ont renfoncé la position de l’opposition. Mais Aziz, résiste et contre attaque par des sorties musclées et des campagnes de dénigrement à l’endroit de ses opposants. La retrouvaille n’est pas pour demain. Les deux parties doivent revoir avant tout leurs copies.