Impasse politique : Vives tensions entre la COD et l’UPR

, popularité : 22%

La Coordination de l’opposition démocratique (COD) a organisé la semaine dernière une conférence de presse au cours de laquelle elle a fait savoir ses conditions de participation aux prochaines élections législatives et municipales dans ce pays. Une rencontre avec les médias qualifié de fiasco par le parti au pouvoir, l’UPR qui évoque des échecs réguliers de l’opposition depuis son dernier meeting. En cette période de précampagne électorale, la tension entre les deux camps est toujours vive.

Les leaders de la COD ont condamné dans leur conférence de presse l’acharnement de l’IGE contre le président de la CUN, indexant la Ceni d’inaptitude pour la tenue des futures élections législatives et municipales.

A propos de la tenue des élections démocratiques, transparentes, libres et crédibles, la COD a rejeté toute participation aux élections législatives et municipales, prévues entre le 15 septembre et le 15 octobre. Elle a indiqué qu’elle ne prendra pas part aux élections si les conditions de transparence ne sont pas réunies, en particulier leur organisation sans interférence du pouvoir. Elle a ainsi exigé "une supervision politique crédible, des institutions électorales fiables, la neutralité de l’Etat et des attributs de la puissance publique et une préparation technique suffisante". Considérant que le chef de l’Etat et le Premier ministre actuel sont "incapables de superviser des élections libres, honnêtes et transparentes", le collectif de l’opposition réclame "un gouvernement consensuel dirigé par un Premier ministre neutre" et dont les membres ne pourront pas participer aux élections. La COD demande également l’adoption d’une loi sur la neutralité de l’Etat dans le jeu politique et singulièrement dans les compétions électorales, la dépolitisation de l’administration, un plafonnement des budgets de campagne et une loi astreinte à la neutralité des forces armées et de sécurité.A propos de l’affaire Ould Hamza, la COD a cité l’Inspection Générale d’Etat (IGE) que le régime utiliserait "pour régler ses comptes" avec les opposants politiques dont le président de la CUN, également cadre du RFD et considéré comme un adversaire politique à abattre. Elle a évoqué par ailleurs l’Autorité de Régulation des transports Terrestre dont le recrutement des employés se baserait, à son avis, sur le "clientélisme et qui multiplierait les taxes abusives sur les transporteurs. Citant l’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés qui serait dirigée par un "proche" d’Ould Abdel Aziz qui n’"a aucune expérience dans l’Administration et qui entrave l’enrôlement des Mauritaniens à l’étranger". Evoquant la Ceni, le chef de file de l’opposition démocratique et président en exercice de la COD Ahmed Ould Daddah, a accusé la Commission d’être "incapable" d’organiser des élections législatives prévues en septembre ou octobre. "Cette Céni manque de crédibilité parce que non-consensuelle, non-représentative de toute la classe politique et conduite par un encadrement affilié au ministère de l’Intérieur duquel elle devient du coup dépendante", a-t-il accusé. M. Ould Daddah a par ailleurs affirmé que la Mauritanie du président Mohamed Ould Abdel Aziz, "est présentement kidnappée par un gang au pouvoir" et que toute élection organisée dans ces conditions serait "biaisée d’avance".

Echecs répétés de la COD selon l’UPR

Réagissant à ces sorties récentes de la COD, le parti au pouvoir, l’UPR, a taxé l’opposition de multiplier les échecs depuis son dernier meeting, suivi de sa conférence de presse, qui traduisent à son égard les "délire et tâtonnement" de cette opposition dont la popularité a chuté en raison d’un discours extrémiste et contraire à la démocratie. Concernant le meeting, l’UPR estime que malgré la longue période de préparation et tout le tintamarre autour, "la mobilisation était faible et les discours vides de contenu, comme l’ont constaté des observateurs et même des membres de la COD". Le président de l’UPR s’est étonné par ailleurs qu’en plein mois béni du Ramadan, la COD "profère des injures à l’endroit des institutions républicaines, de l’Administration et des instances électorales, et ce sans vergogne ni respect des valeurs démocratiques".Autant dire que tous ces indicateurs montrent si besoin en est, que la tension entre les deux pôles est toujours vive et qu’à l’approche progressive des futures élections législatives et municipales, rien n’augure encore un apaisement entre ces ennemis jurés.

Mountaga