Initiative MOB : Le « Oui, mais…. » de la majorité présidentielle !

, popularité : 28%

Comme nous l’avions souvent indiqué dans nos précédentes éditions, l’une des conséquences de la situation politique tendue - « crise politique », disent certains - que connait notre pays, pouvait être la non tenu des élections législatives et municipales avant 2014. C’est donc pour débloquer la situation que le président de l’Assemblée Nationale avait lancé une initiative pour tenter un rapprochement entre les deux camps et sortir le pays de l’impasse, basée sur un document politique en faveur d’un "compromis national", qui exhorte les Mauritaniens à "tirer les leçons de ce qui vient d’arriver au Mali pour protéger la Mauritanie contre le désordre".

Aujourd’hui, avec le statu quo créé par l’attitude des uns et des autres vis-à-vis de l’initiative de Messaoud, « seule issue pour la crise », la plupart des observateurs et analystes sont convaincus que dans le meilleur des cas, il y aurait des élections groupées en 2014. Sans compter les contraintes techniques et financières qui sont loin d’être résolues. Pourtant, il y quelques semaines, des informations indiquaient que le Président Aziz "ne refusera pas" l’initiative de Messaoud qu’il venait de recevoir à ce sujet et qu’il était prêt à accepter « toute solution consensuelle à la situation actuelle du pays ». Sauf que c’est sur la « solution consensuelle » qu’il n’y a pas justement de consensus ! En effet, un point semble constituer un blocage insurmontable : celui d’un gouvernement d’union nationale en charge d’organiser des élections. La COD semble y tenir, alors que du camp de pouvoir, on veut tout entendre sauf justement le « partage du pouvoir ».
« Rencontre du chef de l’Etat avec les parlementaires de la majorité »
La COD a mis un peu de bémol à son slogan « Aziz dégage », et demeure globalement favorable à la proposition de MOB. Du côté de la majorité, on se méfie de cette idée de « Gouvernement d’union nationale » qui viserait à isoler le Président à défaut de le « dégager ». En effet, pour la majorité pour garantir des élections transparentes, on n’a pas besoin d’un « Gouvernement d’union nationale », tout au plus un ministre de l’intérieur consensuel et une Commission Electorale avec le maximum d’indépendance et de moyens. La rencontre qui aura lieu aujourd’hui (lundi 13 mai 2013, ndlr) entre le Chef de l’Etat et les parlementaires de sa majorité saura-t-elle mettre fin à la menace qui pèse lourdement sur la stabilité politique ? Rien n’est moins sûr, bien que cette impasse politique fasse planer un doute sur l’organisation des prochaines élections législatives.
Messaoud reste optimiste
Messaoud, qui affirme avoir reçu le soutien d’un large spectre d’acteurs, de formations politiques et de la société civile, a souligné la nécessité de "constituer un ensemble d’opinions" qui œuvrera, notamment dans "la recherche d’un consensus pour sauvegarder la quiétude du peuple mauritanien en vue de l’organisation d’élections transparentes et consensuelles". Il a donc appelé "l’ensemble des acteurs politiques, économiques et sociaux à contribuer à la réussite de cette initiative tout en dépassant leurs clivages, en mettant en avant l’intérêt suprême de la Mauritanie ".
Face à cette initiative, les partis de l’opposition ont manifesté leur bénédiction de principe. Le seul obstacle qui demeure est la coalition des partis de la majorité présidentielle (CPM), qui a apporté une réponse "favorable" à cette initiative mais accompagnée d’une condition. En effet, la majorité, tout en réaffirmant son attachement au dialogue « comme seule voie équilibrée et responsable pour l’ensemble des acteurs politiques » rejette purement et simplement la proposition relative à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale. Elle a en outre expliqué qu’elle demeure "favorable à toutes les proposions de l’initiative, notamment celles qui respectent le texte de la constitution tout en étant favorable aux résultats du dialogue national" (organisé en 2011 et boycotté par la COD).
Pourtant, même si l’impasse politique perdure, il n’en demeure pas moins que l’ensemble des acteurs politiques continuent à exprimer leur attachement au dialogue "comme seule voie équilibrée et responsable" pour la recherche du rapprochement entre les différents pôles politiques.

Sikhoussou