L’opposition a besoin de revoir sa stratégie", dixit Me Bouhoubeini

, par  masterEveil , popularité : 16%

Dans l’émission ‘’Kelam Vi siyassa’’ où il était invité mardi soir 6 septembre 2016 sur la chaîne privée Al Wataniya, l’ancien bâtonnier et ancien président du Forum National pour la Démocratie et l’Unité, Ahmed Salem Ould Bouhoubeini a revisité la scène politique nationale marquée ces jours-ci par l’imminence d’un dialogue entre la majorité et l’opposition.

Comme d’habitude, Me Bouhoubeini a objectivement évoqué les écueils qui se dressent face à l’organisation de l’impossible dialogue dont parlent depuis plusieurs années les protagonistes d’une scène politique qui ne cesse de se redessiner au gré des circonstances et des calculs.

Les analyses de Bouhoubeini renvoient dos à dos pouvoir et opposition. Chaque bloc se suffisant de ses nombreuses contradictions et divergences internes qui l’empêchent véritablement d’être dans les dispositions demandées pour s’engager dans cette rencontre qui semble être la seule alternative capable de sortir le pays de la crise politique où il est plongé depuis au moins six à sept ans.

Selon l’ancien président du FNDU, l’opposition a besoin d’organiser de grandes concertations internes qui lui permettent le cas échéant de définir une nouvelle stratégie dans la perspective de la conquête du pouvoir à la prochaine élection présidentielle de 2019.

Puisque, tient à préciser Ahmed Salem Bouhoubeini, « le départ de Mohamed Ould Abdel Aziz du pouvoir en 2019 ne constitue pas à lui seul la garantie d’une alternance politique ». Selon Ould Bouhoubeini, l’opposition manque d’organisation voire de vision lui permettant d’être une véritable force de changement capable de renverser la tendance.

L’avocat va même plus loin en accusant l’opposition d’avoir empêché Ahmed Ould Daddah (NDLR : président du Rassemblement des Forces Démocratiques) d’être devenu président. Mais aussi d’avoir refusé d’étudier sérieusement le projet de sortie de crise proposé par le président Messoud Ould Boulkhair.

Notons que depuis plusieurs années, le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz cherche à organiser un dialogue avec l’opposition. Seulement, le FNDU exige des préalables à ce dialogue auxquels Ould Abdel Aziz ne voudrait pas souscrire. Depuis quelques mois, tous les partis du Forum à part le RFD ont mis un peu d’eau dans leur zrig en acceptant de renoncer à la fameuse réponse écrite et ont rencontré les émissaires du pouvoir.

Mais une fois de plus, il y a blocage. Déjà le 3 mai 2016, Mohamed Ould Abdel Aziz avait annoncé que le dialogue allait commencer dans trois à quatre semaines. Quatre mois après, presque jour pour jour, la majorité et les oppositions se regardent toujours en chiens de faïence. Aucun dialogue n’a encore pu être engagé.
Le Calame