Laquelle des constitutions sera respectée ? L’actuelle ou la future ?

, par  masterEveil , popularité : 21%

« Nous sommes en 2017. De toute façon la Constitution sera respectée et c’est l’essentiel ». C’est la réponse faite dernièrement par le Président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, sur les antennes de RFI, en marge d’une visite médicale effectuée en France.
Mais depuis son retour au pays, le carnaval des initiatives, des marches et des meetings organisés à l’intérieur du pays et au palais des congrès, favorables au référendum et à l’adoption des amendements constitutionnels, n’a cessé de s’intensifier, explicitant une ferme volonté de faire passer le trè controversé projet de révision constitionnels.
Cet élan qui n’est encore qu’à son début s’est également accentué avec l’annonce officielle de la tenue du référendum fixée au 15 juillet prochain, ouvrant un large ballet de soutiens à cette perspective politique au sein des forces de la majorité présidentielle.
En effet, après le désaveu du Sénat, c’est dans les urnes que se jouera l’avenir de la réforme de la Constitution mauritanienne. Le président Mohamed Ould Abdelaziz a décidé ainsi de soumettre l’avenir de son projet de révision constitutionnelle à l’arbitrage du peuple.
Le Conseil des ministres a examiné et adopté à ce propos, un projet de décret fixant les modalités pratiques du déroulement du référendum du 15 juillet 2017.
Le Chef de l’Etat a souhaité dans ce cadre une tenue rapide de la consultation populaire. Le gouvernement a obtempéré dans ce sens en réactivant la Ceni et en prenant les dispositions politiques et administratives nécessaires pour l’organisation de ce référendum.
Le référendum servira également à mesurer la popularité du président mauritanien qui démarre son second et dernier mandat. Si le « Oui » l’emporte, le président sera légitimé pour la suite de sa mission à la tête du pays.
Si le « non » est vainqueur, en s’ajoutant au veto sénatorial ; il pourrait pousser le président à la démission. Et l’on peut donc dire que c’est la survie du président et de son parti qui sont en jeu. Réponse le 15 juillet au soir.
Soulignons que la consultation référendaire sera organisée sur « la base de la liste électorale ayant servi aux élections présidentielles de 2014 révisée pour les besoins du référendum 2017 dans le cadre d’un Recensement administratif à vocation électorale complémentaire.
De son côté, l’opposition fédérée autour du forum national pour l’unité et la démocratie (FNDU) semble vouloir mobiliser les mécontents. Se dessine une campagne massive de vote en défaveur du projet.
Au sein de l’opinion, encore divisée, on comprend moins l’insistance de vouloir conduire un projet de révision de la constitution de 1990 alors que le pays, plombé au niveau économique, vit au ralenti. C’est sur ce mécontentement que l’opposition entend surfer pour que le projet présidentiel n’obtienne pas la carte blanche du peuple.

Rappelons que le projet prévoit un changement de drapeau, un remplacement du Sénat par des conseils régionaux et la suppression de la Haute Cour de Justice, du médiateur de la République et du Haut Conseil islamique.