Le Directeur de SOGEM choisi par l’AFD parmi 15 personnes retenues pour réaliser une exposition photo de 15 portraits

, par  masterEveil , popularité : 9%

En organisant un évènement le 5 juillet 2018 au Musée Théodore Monod (IFAN - Dakar) pour célébrer ses 75 ans d’engagement au Sénégal, l’Agence Française de Développement (AFD) a porté son choix sur le Directeur général de la société de gestion de l’énergie de Manantali M. Tamsir Ndiaye, parmi les 15 personnes retenues pour réaliser une exposition photo de 15 portraits de ses collaborateurs accompagnés d’interviews et quelques photos de projets.
« Pour moi évidemment le choix a été fait sur la base de projets réalisés avec l’OMVS et c’est ce qui justifie que je partage cette marque de reconnaissance de l’AfD avec toute la famille du Système OMVS », dit Tamsir Ndiaye, qui .

« En environnement comme en politique, l’union fait la force », dit Tamsir Ndiaye dans son exposition :

Pas besoin de prêcher un onvaincu. Tamsir Ndiaye sait depuis longtemps que l’environnement est en péril. « Quand j’étais enfant dans mon village de Maka Kahone (Région de Kaolack), il y avait beaucoup d’espèces d’arbres dont nous cueillions les fruits.Aujourd’hui elles ont disparu. Le désert les a remplacées. »
C’est en partie pour renverser le processus de désertification et de destruction de la biodiversité que ce « fils de paysan », comme il se décrit, a fait des études en science et en ingénierie des Sciences de la Terre. Après l’écho et l’engouement de la préparation de la conférence de Rio sur l’environnement en 1992, il quitte une société d’exploitation de phosphates pour travailler au Conseil Supérieur des Ressources naturelles et de l’ Environnement (CONSERE) à la conservation du massif du Fouta Djallon (Guinée), « le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest où plus d’une quinzaine de cours d’eau transfrontaliers prennent leur source ».
Devenu aujourd’hui directeur général de la société de gestion de l’énergie du barrage de Manantali (SOGEM), il a
depuis longtemps aidé à la croissance de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS).
Au début des années 1970, une grande sécheresse au Sahel réduit à certains endroits le débit du fleuve Sénégal à zéro. Il ne pleut pas ou alors très peu. Les cultures ne poussent pas et les populations assoiffées n’ont plus qu’un choix : émigrer. C’est dans ce contexte de crise qu’est créée l’OMVS.
Son objectif est de mettre en commun les moyens financiers et humains de quatre pays (Sénégal, Mali, Mauritanie et Guinée) afin d’exploiter ce cours d’eau et en partager les bénéfices.
Deux barrages sont créés dans les années 1980 : Diama et Manantali.
Le premier empêche l’eau de mer salée de remonter sur environ 200 km le delta du fleuve, ouvrant le champ à l’irrigation des cultures. Le second crée une retenue d’eau de 11,5 milliards de m3 et permet de produire 200 Mw d’électricité, de servir l’eau potable aux habitants de la région et d’irriguer les champs alentours, les pâturages, et les parcs nationaux, redonnant ainsi vie aux différents écosystèmes du bassin.
L’OMVS est un modèle de coopération régionale exemplaire et le barrage de Diama un de ses fleurons. Grâce à des financements conjoints et le soutien de l’AFD qui entre 1980 et 2000 a prêté plus de 100 millions d’euros et subventionné 20 millions, le projet a permis de fournir de l’eau à plus de 20 millions de personnes le long des 1800 km du fleuve. 100 % de l’eau distribuée à Nouakchott provient du barrage de Diama à travers l’ouvrage de l’Aftout.
Dakar est alimenté à 60 % par le lac de Guiers qui se remplit grâce au barrage. L’exploitation du fleuve fournit aussi aux états une énergie hydroélectrique plus propre et moins chère. Deux centrales sont aujourd’hui en exploitation et une en construction.
« Dans ce projet, chaque pays retire des bénéfices au prorata de ses investissements, explique T. Ndiaye. Cela assure la stabilité de l’organisation et l’équité dans la gestion des ressources en eau. » Vecteur de paix, outil diplomatique et environnemental, l’OMVS est loin d’avoir terminé son travail. « Nous irriguons 145 000 hectares de cultures mais nous estimons que le potentiel d’exploitation pourrait aller encore jusqu’à 200 000 hectares », lance-t-il.
S’il n’a pas grand espoir de cueillir à nouveau les fruits disparus de son enfance, Tamsir Ndiaye sait que le combat pour l’environnement n’est pas encore perdu, tant qu’il y aura de l’eau.
Car, à l’évidence, conclut-il :« l’eau c’est la vie ».


Echos&Confi

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