Le Koweït promet à l’Afrique un milliard de dollars de prêts

, par  Webmastrer , popularité : 22%

Le continent africain détient un potentiel énorme, mais souffre d’un déficit « aigu » d’investissements. La consolidation d’un partenariat arabo-africain pourrait contribuer significativement à pallier ce problème.

Le Koweït a annoncé hier qu’il allait octroyer d’ici à fin 2018 un milliard de dollars de prêts à faibles taux d’intérêt à des pays africains, à l’ouverture du troisième sommet arabo-africain à Koweït.

Trente-quatre chefs d’État, sept vice-présidents et trois Premiers ministres assistent à ce sommet, sur deux jours, auquel participent des délégations de 71 pays et organisations.

« J’ai ordonné aux responsables du Fonds koweïtien pour le développement économique arabe d’accorder des prêts à faibles taux d’intérêt d’une valeur d’un milliard de dollars à l’Afrique durant les cinq prochaines années », a déclaré l’émir du Koweït, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah.

Il a ajouté que son pays, en coordination avec la Banque mondiale (BM) et d’autres institutions financières internationales, avait décidé de « fournir des investissements et des garanties d’investissements d’une valeur d’un milliard de dollars » durant les prochaines années, notamment pour des projets d’infrastructures.

Le Fonds koweïtien est l’outil d’investissement et d’aide du riche émirat pétrolier du Golfe en Afrique, en Asie et dans les pays arabes. Il a jusqu’ici accordé plusieurs milliards de dollars sous forme de prêts à faibles taux d’intérêt pour le financement de projets de développement et d’infrastructures.

Cheikh Sabah a souligné la nécessité de porter un intérêt particulier aux projets agricoles afin de réaliser « la sécurité alimentaire » dans les deux régions.

Mais il a averti que la coopération ne devrait pas être à sens unique. « Il n’est plus acceptable que nos pays continuent à apporter une aide et que l’autre partie n’y participe pas », a-t-il dit.

L’Afrique, un énorme potentiel


Les participants devraient approuver une série de mesures et de résolutions, adoptées dimanche par leurs ministres des Affaires étrangères et destinées à renforcer la coopération entre les deux blocs régionaux qui comptent parmi leurs membres les riches monarchies pétrolières arabes et des pays africains parmi les plus pauvres au monde.

Le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Sabah Khaled al-Sabah, a indiqué que le sommet, placé sous le thème « Partenaires pour le développement et l’investissement », devrait discuter de la possibilité de créer un marché commun afro-arabe, pour une population de quelque 1,2 milliard d’habitants.

Les participants doivent se concerter également sur les moyens d’accélérer le flux de capitaux vers l’Afrique, qui a un énorme potentiel mais qui souffre d’un déficit aigu d’investissement. Selon la BM, l’Afrique a besoin d’environ 30 milliards de dollars d’investissements dans les domaines de l’énergie et de l’électricité.

42 % des gisements d’or

L’Afrique a enregistré une croissance de 5 % en 2012, d’après le Fonds monétaire international (FMI). Ce taux devrait légèrement baisser cette année, à 4,8 %, avant d’atteindre 5,1 % en 2014, selon les prévisions du FMI.

En outre, le sous-sol de l’Afrique recèle 12 % des réserves mondiales de pétrole et 42 % des gisements d’or. La récente découverte de grandes quantités de gaz naturel au large des côtes est de l’Afrique confirme l’importance économique du continent noir.

Pour leur part, les monarchies pétrolières du Golfe comptent des avoirs de quelque 2 000 milliards de dollars, accumulés à la faveur des cours élevés du brut et placés en grande partie aux États-Unis et en Europe.
Le deuxième sommet, tenu en Libye il y a trois ans, avait adopté une stratégie de partenariat arabo-africain et un plan d’action commune pour la période 2011/2016 avec l’ambition d’accroître les investissements, les échanges commerciaux et les projets économiques conjoints.

Mais sa mise en œuvre a été très lente, en partie à cause des troubles que connaissent depuis 2011 les pays du printemps arabe, où les dirigeants de la Tunisie, de la Libye, d’Égypte et du Yémen ont été renversés sous la pression de la rue, tandis qu’une guerre civile secoue la Syrie.

Le sommet de Koweït doit examiner la mise en place d’un mécanisme financier arabo-africain pour apporter les moyens nécessaires à l’application des projets conjoints et encourager le flux des investissements.

La création d’un comité de coordination sur la migration pour aider à protéger les travailleurs migrants est également à l’ordre du jour.

AFP