"Le dialogue national inclusif : un véritable laboratoire de la diversité et un avant goût de notre unité nationale "

, par  masterEveil , popularité : 16%

Horizons - Le Parti mauritanien du concret, Arc-en-ciel, à participé en septembre dernier à Nouakchott, au dialogue initié par le Président de la République, son excellence Mohamed Ould Abdel Aziz.

Dans une interview accordée à Horizons, Mr Alassane Hamady Soma Bâ dit Balas, président de ce parti, à expliqué que la participation de sa formation politique à cette rencontre à été dictée par la volonté de contribuer à la résolution des questions nationales telle que celle de l’unité nationale. Mr Bâ à souligné que ce dialogue à constitué une opportunité de taille dont ont profité des centaines de mauritaniens, hommes et femmes, de tous âges et d’origines diverses.

Il a ajouté que le dialogue s’est passé dans un climat bon enfant, de fraternité et de compréhension mutuelle.

Chacun s’est exprimé librement.

Parmi les résultats auxquels ce dialogue à aboutis , Mr Alassane Hamady Soma Bâ, à cité entre autres, la promotion de nos langues nationale, l’adoption du principe de la discrimination positive en faveur des couches les plus marginalisées, le problème de l’état civil et le consensus sur la question foncière.

1/ Votre parti a participé au dialogue majorité – opposition, quels sont les motifs qui vous ont poussé à cette participation ?

Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour m’avoir donné l’occasion d’édifier vos lecteurs et au-delà toute l’opinion sur ce grand événement que fut le dialogue national inclusif.

Fidèle à ses principes d’ouverture et de recherche constante de l’intérêt national, le Parti Mauritanien du Concret, PMC Arc-en-ciel a décidé de prendre part à ce dialogue initié par le président de la République, Son Excellence Mohamed Ould Abdel Aziz et qui fut une occasion de débattre, sans détours, de l’ensemble des questions qui peuvent handicaper le développement du pays, de rapprocher les positions des uns et des autres, de vaincre les réticences et les appréhensions.

C’est ainsi que ce dialogue ouvert le 29 septembre dernier au Palais des Congrès, sous l’égide du président de la République a constitué une opportunité de taille, dont ont profité des centaines de mauritaniens, hommes et femmes, de tous âges et d’origines diverses, pour déballer tous les problèmes auxquels notre pays est confronté. Ce fut donc une occasion que notre parti n’aurait pas raté pour rien au monde.

2/ Quels sont les objectifs de ce dialogue ?

Comme j’ai eu à le souligner tantôt, ce dialogue avait pour objectif de réunir la classe politique, la société civile et l’ensemble des forces vives du pays autour d’une même table afin de discuter de l’ensemble des problèmes du pays.

C’est ainsi que pendant près de trois semaines d’affilées des échanges francs, fructueux et parfois passionnés ont émaillé les discussions intenses, au niveau des quatre ateliers au sein desquels près de 60 points, considérés comme des questions majeures, ont été traitées de fond en comble, des points aussi importants que l’unité nationale fortement ébranlée depuis ces dernières années et pour laquelle le PMC Arc-en-ciel se bat et en fait la priorité des priorités.

3/ Quel a été le niveau de participation ? Et la qualité des débats ?

Le niveau de participation était particulièrement relevé avec notamment la participation de dizaines de partis politiques, aussi bien de l’opposition que de la majorité.

La société civile fut également très bien représentée ainsi que les mauritaniens de l’étranger.

Les débats furent certes houleux mais fort fructueux.

Et, il convient de souligner au passage, que notre parti qui demeure convaincu que la Mauritanie ne peut consolider son unité nationale et sa cohésion qu’on rabâche à longueur de journée, sans aborder les questions qui fâchent a fait une participation remarquable au niveau des différents ateliers.

En effet, notre pays, la Mauritanie a besoin de solder ces questions pour avancer. Elle doit se regarder dans un miroir et s’interroger sur son avenir.

4/ Comment décrivez-vous le climat dans lequel s’est déroulé ce dialogue ?

Tout s’est passé dans un climat bon enfant. Il a régné sur le Palais des Congrès un climat de fraternité et de compréhension mutuelle.

Chacun s’est exprimé librement et a vidé sa besace.

Tous les problèmes furent abordés. Et, malgré les passes d’armes des premiers jours et les fléchettes décochées ça et là par les uns et les autres, aux premières heures du dialogue, la situation s’est très vite normalisée et le ressentiment a laissé la place à l’amour et à la compréhension mutuelle et ce, au grand bonheur de tous.

Donc, Dieu merci, les premières réticences et appréhensions passées, les verrous de la méfiance et de la suspicion ont très vite volé en éclats et, nous nous sommes compris et certainement accepté.

5/ A quels résultats vous vous attendez ?

Au PMC Arc-en-ciel, les questions liés à la consolidation de l’unité nationale étaient au centre de nos préoccupations.

Et si nous sommes allés au dialogue, c’est justement parce qu’on était mû par le désir ardent de nous pencher sur cette question de l’unité nationale, entre autres, et de lui trouver les solutions idoines.

Donc, notre décision de participer à ce dialogue a été dictée par notre volonté de contribuer à la résolution des questions nationales telle que celle de l’unité nationale. Cette décision a eu l’aval de la Commission externe des Sages du parti qui l’ont jugé excellente.

Au dialogue nous avons craché nos quatre vérités et les résultats sont encourageants et ils sont consigné dans l’accord politique. Parmi ces résultats, on peut citer : la promotion de nos langues nationales, l’adoption du principe de la discrimination positive en faveur des couches les plus marginalisées, le problème de l’Etat civil, la réouverture du dossier du passif humanitaire, un consensus sur la question foncière, entre autres.

C’est ainsi que pour ce qui est de la discrimination positive, l’accord politique stipule : « - Accorder une priorité dans les programmes publics à la lutte contre les séquelles de l’esclavage et aux programmes de lutte contre la pauvreté, au profit des populations les plus défavorisées, notamment en milieux sous intégré et rural.

- Restructurer et revoir les missions et programmes de l’Agence Tadamoune pour la rendre plus efficace et plus performante dans la lutte contre la pauvreté et les séquelles de l’esclavage ; »

S’agissant de l’Etat civil, il préconise que : «  : l’état civil doit être un service de proximité accessible aux citoyens ; les mesures appropriées doivent être entreprises pour faciliter l’enrôlement de tous les Mauritaniens. » Concernant le passif humanitaire, l’accord politique souligne que : « la reconnaissance de la responsabilité de l’Etat a été consacrée par la prière organisée par son Excellence le Président de la République à Kaédi le 25 Mars 2009.

A ce titre, les pouvoirs publics ont également consenti les efforts nécessaires pour indemniser les victimes de ces douloureux événements, organiser le retour des réfugiés et leur insertion dans la vie active.

Les participants se sont félicités pour la réussite de cette opération solennellement reconnue par la communauté internationale.

Toutefois, ils ont demandé aux autorités publiques de parachever le processus, de revoir notamment les cas qui n’ont pas été suffisamment traités et de leur accorder toute la diligence nécessaire. »

Enfin concernant la question foncière, il a été convenu : d’« engager les réformes foncières de nature à permettre une meilleure exploitation du potentiel agricole du pays en préservant les intérêts légitimes des populations locales. » Il s’agit là de questions sensibles ayant trait directement à l’unité nationale. Et ce n’est pas tout.

Et, à travers la Commission de Suivi, le pouvoir s’est engagé à régler tous ces problèmes avant 2019.

Ainsi, cette retrouvaille historique qui fut un véritable laboratoire de la diversité nous a donné un avant goût de notre unité et notre cohésion nationales. Cette expérience inédite et fort originale nous a revigorés en nous insufflant la profonde envie de vivre ensemble. Après ce test réussi, cette belle victoire sur nous-mêmes, nous n’avons plus le droit de jouer avec le feu.

6/ Que dites-vous aux forces politiques qui n’ont pas voulu participer ?

Nous aurions bien voulu que nos frères de l’opposition regroupés au sein du FNDU nous accompagnent dans cette aventure patriotique très exaltante. Ils auraient dû accepter la main tendue du pouvoir et venir s’adjoindre à tous ceux qui ont décidé d’œuvrer pour le bien-être du pays. Mais, il n’est jamais trop tard et la porte demeure grande ouverte pour ces frères que nous invitons à prendre le train en marche.

C’est en effet avec le pouvoir qu’il faille discuter et pour ce faire nous les invitons à rejoindre le dialogue. C’est de notre point de vue la meilleur approche à suivre.

7/ Un message aux Mauritaniens ?

Notre parti œuvre inlassablement pour la construction de cette Mauritanie Arc-en-ciel que nous avions connu dans les premières années de notre accession à la souveraineté nationale et internationale, cette Mauritanie où il faisait bon vivre et où il y avait une place pour les différentes composantes de notre peuple.

Voilà ce à quoi nous aspirons tous et j’en appelle particulièrement au sens du devoir et de l’amour de la patrie de tous nos compatriotes pour contribuer à sortir notre pays de l’ornière.

Face aux manœuvres politiques et politiciennes qui mettent en danger notre cohésion et notre devenir national, une union sacrée s’impose et tout un chacun, a le devoir d’y contribuer. Cessons donc d’attiser nos divergences. Nous n’avons plus le droit de jouer avec le feu.

Soyons alors sages et patriotes. Unissons-nous, aimons-nous les uns les autres ; Surpassons nos divergences et harmonisons nos différences. Ce n’est en effet qu’à ce prix que nous parviendrons à sauver puis à bâtir notre chère Mauritanie.

Propos recueillis par
Maarouf Ould Oudaa.


Echos&Confi

Les femmes bien loties dans le (...)