Le rappeur et activiste Yëro Gaynääko arrêté par la police

, par  masterEveil , popularité : 9%

La police mauritanienne a arrêté le 16 août dernier Yéro Abdoulaye Sow – alias Yëro Gaynääko, de son nom de scène. Ce rappeur a été arrêté et harcelé par la police. Un nouveau cas, semble-t-il, d’atteinte aux libertés fondamentales.

Yéro roulait sur la route de Nouakchott, tard dans la nuit du 16 août. Il avait quitté quelques heures plus tôt la petite ville de Boghé, à quelque 300 kilomètres au sud-ouest de la capitale, à la limite de la frontière sénégalaise. Il avait organisé et participé, durant deux jours, à une conférence sur le thème « Rap et résistance ».

Des policiers l’arrêtent. Voyant ses traits creusés et son air hagard, les agents le sortent brusquement de son véhicule, qu’ils fouillent pour y déceler des traces de drogue. « Je n’avais pas beaucoup dormi, mes yeux étaient rouges et je ne paraissais pas bien frais à cause de la fatigue », a-t-il précisé au Forum des organisations nationales des droits de l’Homme (FONADH), une ONG mauritanienne qui entend défendre sa cause.

Yéro est alors amené au poste. Forcé par les policiers à se dévêtir complètement devant eux et d’autres détenus, ils auraient commencé à le frapper, tout en l’arrosant de crachats et d’insultes. Il est même accusé de faire partie des FLAM – les Forces de Libération Africaines de Mauritanie, un groupe paramilitaire illégal qui milite pour le rétablissement des droits des Noirs mauritaniens. Puis, sans autre explication, la police relâche le rappeur quelques heures plus tard.

Porte-parole « des exclus et des opprimés »

Remonté, Yëro Gaynääko a décidé de porter plainte avec l’aide des avocats du FONADH. « J’irai jusqu’au bout pour trouver la cause de cette violence », déclare-t-il fin août au site Dakar Express.

Il n’est pas encore clairement établi que le harcèlement subi par Yéro soit attribuable à sa musique. Peut-être davantage, cependant, à son militantisme. La Fondation des Médias pour l’Afrique de l’Ouest (MFWA), l’ONG la plus influente dans la défense de la liberté d’expression de la région, rapporte qu’entre 2010 et 2015, la Mauritanie a connu 29 cas de violation de la liberté d’expression.

Dont 23 relatifs à un abus de pouvoir de la police et des forces de sécurité. Selon la MFWA, journalistes et activistes sont les cibles privilégiées. La torture serait aussi monnaie courante.

Or, Yëro Gaynääko se décrit lui-même comme le porte-parole « des exclus et des opprimés », et se bat « pour une Mauritanie juste et respectueuse ». Sa dernière chanson « Allégorie du feu » parle de racisme, d’inégalités, de terrorisme et d’Islam radical. Le vidéo clip qui l’accompagne montre le rappeur accompagné d’amis arrêtés à un barrage de police. Une altercation s’ensuit mais tout finit par rentrer dans l’ordre. Pacifiquement, dans ce cas.

Maghreb-Info


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