Les moments forts du Ligha Chaab de Nema

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Le Président de la République a animé mardi soir dernier son traditionnel show annuel, retransmis cette fois depuis l’Est du pays, à partir de la capitale du Hodh Charghi, Nema. Comme les précédents Grands oraux de Nouakchott et d’Atar, Ligha Chaab a été une occasion pour Ould Abdel Aziz de jouer à tous les exercices de démonstration pour montrer qu’il est toujours l’homme du pouvoir et que son bilan à la tête du pays est globalement satisfaisant.

La Rencontre du peuple a pour objectif de donner une image claire, loin des tiraillements politiques, sur la gestion du pays, en se fondant sur des chiffres. Selon Ould Abdel Aziz en personne, cette rencontre est également une occasion de faire le bilan de l’application de son programme électoral dans certains secteurs dont la réforme de la justice, la formation des juges, l’amélioration des conditions de séjour dans les prisons, la restructuration de l’armée, l’instauration de la sécurité, l’éradication de la menace terroriste, la remise de la Mauritanie dans la sphère des nations, la mise en place d’une diplomatie au service des citoyens, l’encouragement de la bonne gouvernance, la lutte contre la gabegie, l’augmentation des salaires, etc.
Dans ce Grand Oral, le chef de l’Etat a évoqué tous les aspects de la vie de la nation, évoquant une amélioration de l’emploi, l’existence de documents suspects montés de toutes pièces pour nuire à sa personne ainsi que les présumés charges d’implication dans des affaires narcotiques. Ould Abdel Aziz s’est également appesanti sur les printemps arabes, les futures élections et la croissance économique ainsi que sur le déploiement militaire au Mali.

Amélioration de l’emploi

Le taux de chômage est passé de 31,5% en 2008 à 10,8% actuellement, selon le Président mauritanien. Selon une étude, poursuit-il, relevant du Bureau international du travail (BIT), plus de 12.000 retraités ont bénéficié d’augmentation de pensions, que les dépenses de lutte contre la pauvreté et de renforcement du pouvoir d’achat des citoyens ont été augmentées, que le PIB par personne a atteint 1369 dollars et que l’Etat paie aujourd’hui 103 milliards ouguiyas de salaires contre 77 milliards d’ouguiya en 2007. Ces performances se sont répercutées positivement sur le secteur privé (banques, sociétés de télécommunications, cimenteries, sociétés d’hydrocarbures) dont le chiffre d’affaires global est passé de 200 milliards ouguiya en 2010 à 330 milliards en 2012. Le Président a indiqué également que les prêts accordés par les banques locales sont passés de 138 milliards ouguiya en 2006 à 318 milliards en 2012 alors que la CDD a accordé des prêts de 8,6 milliards ouguiya qui ont permis la création de 6022 emplois.

Existence de documents suspects

Evoquant le dossier des enregistrements compromettants qu’on lui prête, le Président a confirmé leur ’existence, précisant toutefois qu’il s’agit d’un montage. Les gens l’ont mis sur internet et diffusé à grande échelle « dans le seul but de nuire à ma personne ». Parlant de la commission d’enquête installée par la COD sur ces enregistrements, le chef de l’Etat a répondu : « J’attends toujours cette commission, en tout cas personne n’a empêché les parlementaires de créer une commission ». Mais, « Je suis très à l’aise sur ce dossier-là. Et ce n’est pas sur ce point qu’on pourrait m’attaquer ».
Concernant le député français Noel Mamère, il a dit : “c’est vrai qu’il a accusé le président de la Mauritanie- je ne sais pas s’il a cité mon nom- en disant que j’étais le parrain de la drogue. De toute façon, ça c’est un titre qui ne me colle pas du tout (…). Ce sont des dires qui n’ont aucun sans. Et puis, il ne connait ni la personne et je ne sais même pas s’il peut citer la Mauritanie aussi ». Ould Abdel Aziz a affirmé d’ailleurs n’avoir connu Noël Mamère qu’à travers ses accusations, « d’après ses compatriotes, c’est quelqu’un de très particulier ». Le président mauritanien ne doute pas que le député français a été induis en erreur. “Par la suite, l’affaire a été amplifiée par certains journaux et par des sites pour des raisons internes à la Mauritanie. Je ne vais pas rentrer dans ces détails-là ».

Printemps arabes

Ould Abdel Aziz a déploré le fait que certains pays musulmans aient connu des crises politiques pendant le mois béni du Ramadan. Sans citer de pays, il a exprimé « l’espoir qu’ils arrivent à en sortir pour que leurs peuples vivent dans la quiétude, la paix, loin de la violence et de l’extrémisme ».

Pas question de reporter les élections …

Pour le chef de l’Etat, il n’est pas question de reporter les élections législatives et municipales au-delà d’une semaine ou deux, exprimant vivement son souhait de voir l’opposition participer à ces prochaines échéances électorales, il a précisé que la décision de convoquer le collège électoral en Octobre a été prise par le gouvernement sur la base d’un rapport de la CENI laquelle se disait prête pour l’organisation des élections le 12 octobre 2013. Il a rappelé à ce propos que le gouvernement a déjà reporté la date des élections pendant deux ans, ce pour parvenir à un consensus entre toutes les formations politiques du pays. Ce consensus a débouché sur 14 projets de loi entérinée par le Parlement, dont l’amendement de la Constitution et la composition de la CENI. Par ailleurs le président mauritanien a rassuré que la porte du dialogue politique est restée ouverte à l’opposition.

Augmentation du taux de croissance

Le taux de croissance est passé, entre 2008 et 2013, de 3,5% à 6,9% et l’inflation a été maintenue à 4,7% contre 3,9%, a précisé le président mauritanien, soulignant que les intérêts sur les bons de trésor ont été réduits, ajoutant que le PIB est passé de 854 milliards ouguiya en 2008 à 1360 milliards en 2013. Les réserves en devises sont passées de 195 millions de dollars en 2008 à 1102 millions en 2013 alors que le solde actuel du trésor dans la BCM s’élève à 1.185.000.000 ouguiya contre une cinquantaine de millions en 1992 et que les recettes fiscales sont passées de 36 milliards d’ouguiyas en 2010 contre 450 milliards en 2013, a-t-il indiqué. Dans ce même contexte, les salaires des enseignants, poursuit-il, ont évolué de 45% (de 46.503 à 71.814 ouguiyas) et ceux des infirmiers de 64% (de 32.983 à 54.420 ouguiya).

Déploiement militaire au Mali

La Mauritanie participera à la force de maintien de la paix au Mali sous la bannière de l’ONU (MINUSMA) si les conditions qu’elle pose sont satisfaites, "notamment le déploiement du contingent Mauritanie sur une ligne proche des frontières du pays", a affirmé le président. Le chef de l’Etat a expliqué par ailleurs que l’armée mauritanienne tient à "ne pas couper ses unités de leurs lignes logistiques". Ould Abdel Aziz a en outre rappelé que l’intervention de la Mauritanie avait été sollicitée au cours de la guerre contre les islamistes armés du nord du Mali, mais qu’elle n’a pas accepté d’y aller. "Aujourd’hui, elle accepte cette participation parce qu’elle s’inscrit dans le cadre de l’ONU" et "il s’agit d’une intervention en faveur de la sécurité de notre pays et nous ne mènerons pas une guerre par procuration à la place de qui que ce soit contre Al- Qaïda", a-t-il souligné.
D’autres grands dossiers ont été développés également au cours de ce Ligha Chaab, dont le regain diplomatique, l’enrôlement de 2,5 millions personnes, l’augmentation des salaires des enseignants, les avancées de la liberté de presse et de la lutte contre la gabegie, la santé, l’habitat et l’enseignement ainsi que les équipements et transports. Il a parlé également de sa propre santé, précisant être en excellente forme physiquement et mentalement, en soulignant que « comme toute autre personne, j’ai été victime d’un incident et je suis guéri. C’est un faux alibi qui est ainsi présenté », a-t-il dit.
A propos du dialogue politique, le Président de la République a dit qu’il a permis un consensus au sujet de 14 lois, précisant que « les mauritaniens doivent se préparer pour les élections et s’inscrire sur la liste électorale ». Il a rassuré à cet effet les partis politiques et les autres acteurs politiques qu’il est pour tout ce qui est de nature à assurer la transparence des élections.
Evoquant la proposition d’un Gouvernement d’union nationale, le chef de l’Etat a noté qu’à son propre avis, il ne voit pas d’intérêt pour la formation d’un gouvernement pour 2 mois. La femme n’a pas été oubliée de cet important show. A ce propos, eu égard à la suprématie démographique et à sa volonté de cette junte féminine, Ould Abdel Aziz a promis des avancées dans ce domaine, rappelant qu’au Gouvernement, ils ont augmenté le nombre et nommé des femmes présidentes de conseils d’administration.


Echos&Confi

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