Les pays du Sahel ambitionnent une force de 10.000 hommes contre le terrorisme

, par  masterEveil , popularité : 10%

Les pays du Sahel ambitionnent une force de 10.000 hommes contre le terrorisme
La cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a annoncé lundi à Bamako une aide de 50 millions d’euros pour permettre aux pays du G5 Sahel de créer une force conjointe destinée à lutter contre la menace djihadiste.
L’idée, déjà relativement ancienne, de créer une force conjointe des pays du Sahel pour lutter contre le terrorisme, fait lentement son chemin. La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne, Federica Mogherini, qui assistait en début de semaine à Bamako à la réunion des ministres des Affaires étrangères du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), a annoncé à une aide de 50 millions d’euros pour la création de cette force.
Celle-ci devrait compter 10.000 hommes, a précisé à cette occasion le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, soit le double de ce qui était prévu initialement. En mars, les chefs d’état-major des pays du G5 Sahel avaient approuvé un plan prévoyant des effectifs de 5000 militaires, policiers et civils, dont sept bataillons de 650 soldats chacun. La décision initiale de création de cette force conjointe remonte au sommet du G5 Sahel en novembre 2015 à N’Djamena, au Tchad. Sa « création immédiate » avait été validée, au dernier sommet de l’organisation, le 6 février à Bamako.
Cette initiative ne sera pas aisée à concrétiser. Appuyés par la France, les pays de la région se sont efforcés de développer leurs efforts conjoints pour lutter contre les groupes armés terroristes (GAT). La force française Barkhane (4000 hommes environ) soutient ces efforts en participant à des opérations transfrontalières avec ces partenaires. C’est notamment le cas avec le Mali, le Niger et le Burkina dans la région du Liptako-Gourma - une zone à cheval sur ces trois pays - où l’activité des GAT est forte. La décision de créer une force de sécurisation du Liptako-Gourma - qui serait une des composantes de la force du G5 Sahel - a été prise en janvier, mais tarde à se mettre en place.

Des zones entières du Mali échappent à tout contrôle

Fin mai, à Taormine, en Sicile, au sommet du G7, le président du Niger, Mahamadou Issoufou a appelé les grandes puissances et l’ONU à « doter de moyens nécessaires » la force conjointe du G5 Sahel. Quelques jours plus tôt, en visite à Bamako, le président Emmanuel Macron a rappelé l’engagement de la France, à travers le maintien de l’opération Barkhane, tout en insistant sur la nécessité pour le G5 Sahel d’accroître ses efforts communs contre le terrorisme djihadiste.

« Ce sont les Maliens qui ont la solution et tant qu’ils attendront la solution de la France, il ne se passera rien ! »

Au Mali, où se situe le centre de gravité de la crise, des zones entières échappent encore au contrôle des forces nationales, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes. Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et dans le sud du pays et le phénomène déborde de plus en plus souvent sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.
Pour Laurent Bigot, ancien diplomate et consultant indépendant, « le nord du Mali est hors contrôle, plongé dans une spirale de violence comme jamais il n’en a connu ». « On peut toujours renforcer Barkhane mais quand comprendra-t-on que la solution n’est pas là ? Regardez l’Afghanistan et l’Irak ! Ce sont les Maliens qui ont la solution et tant qu’ils attendront la solution de la France, il ne se passera rien ! », poursuivait récemment cet expert connu pour son franc-parler, dans une récente interview au Journal du Mali.
lefigaro.fr