Les primes d’assurance Auto : vivement le respect du Tarif homologué en Mauritanie.

, par  masterEveil , popularité : 8%

Nous ne pouvons que saluer cette nouvelle volonté ferme de respecter le Tarif Auto homologué, enfin affichée, de la part des Sociétés d’assurance dans notre pays. Il le fallait vraiment et il en était grand temps. Cela va sans dire.

Car d’une part, les opérateurs n’en souffraient que trop, de voir leur production diminuer, jour après jour, et se replier comme la peau de chagrin, du fait des réductions illégalement appliquées aux primes ; et le client, l’assuré, malgré le semblant dans l’immédiat, du prix moins cher ; lui aussi, subissait, par effet ricochet, la conséquence la plus dure du non-respect du Trif Officiel : celle de ne rien avoir comme indemnité, le jour où celle-ci devrait avoir lieu. Même l’Etat, qui voyait lui aussi ses recettes de taxes sur les contrats d’assurances constamment diminuées, était perdant.

Donc tout le monde était perdant, dans cette situation de dumping effréné, qui a frisé la faillite, en amenant des assureurs, obnubilés par l’appât du gain imminent, à se suicider, en sacrifiant leur secteur tout entier, pour des sommes modestes, et se retrouver enfin dans une situation critique où ils ne pouvaient même plus faire face à leurs dépenses courantes, à plus forte raison honorer leurs engagements sur le plan de l’indemnisation, qui, faut-il le rappeler, est leur raison d’être. C’était donc tout simplement fou et cela créait une situation de crise intenable, suffocante et suicidaire pour toutes les sociétés d’assurance.

Rappelons ici, succinctement, que l’état actuel du marché d’assurance dans notre pays est malheureusement marqué, par :

- l’absence totale de toute forme de culture des assurances et le mécontentement général du niveau et de la qualité des indemnisations des sinistres, chez le commun des citoyens ;

- un surnombre des sociétés d’assurances, qui sont devenues au nombre de quinze (15) sociétés d’assurances, en plus de deux (02) courtiers internationaux ;

- des pratiques de dumping, comme sus-évoqué, qui atteignent parfois le seuil d’avilissement de la prime. Des pratiques catastrophiques pour la branche Auto qui reste la plus importante sinon la seule pourvoyeuse de primes pour les assureurs dans notre pays, et ;

- un manque de fermeté de la part de la Direction du Contrôle des assurances qui, sans nier le rôle qu’elle joue, n’a jamais pu être décisive dans l’application des sanctions prévues ; malgré la généralisation et l’ampleur du phénomène de dumping.

Cette situation d’absence quasi-totale de toute forme de culture assurancielle, de baisse de productivité, d’absence de cadre institutionnel, légal et fonctionnel favorable au métier de l’assurance ; interpelle chaque opérateur pour lui rappeler l’impérieuse nécessité et l’urgence de mener une action commune, responsable, ferme et sérieuse, à la hauteur de la taille et de l’ampleur des défis qui menacent sérieusement le secteur des assurances tout entier.

Maintenant, face à cet état de fait, pour renverser cette fâcheuse donne, et remédier à une situation catastrophique, il n’y avait pas trente-deux mille solutions. Aucunement. Il n’y en avait qu’une, et une seule : celle prise au sein de l’APAM, le 26 du mois courant, qui a déclaré, je cite :

« L’Association Professionnelle des Assureurs de Mauritanie (APAM) informe l’ensemble des Assurés qu’à partir du 1er mai 2018, aucune réduction non conforme à la tarification homologuée par l’Etat pour la branche automobile ne sera acceptée sur tout le territoire national.
Toute société qui ne se conforme pas à cette instruction sera considérée en situation irrégulière par rapport à la charte de l’Association et la réglementation en vigueur, ce qui impliquera l’intervention nécessaire des autorités concernées pour prendre les sanctions prévues.
Nous demandons à l’ensemble de notre clientèle une meilleure compréhension pour cette décision seule capable d’assurer l’équilibre technique et financier nécessaire pour garantir une meilleure indemnisation.
Nouakchott, le 26 avril 2018
Le Président

Haimouda Bechir Kemal ». Sic.

Rien à redire. C’est clair. C’est limpide. Tout l’enjeu reste le suivant : combien de temps durera le respect de cette décision ? Et quelles répercussions aura-t-elle sur la qualité et la rapidité des indemnisations des victimes ?

Et s’il y a un commentaire à faire, il doit être le suivant : tenez-vous bien, ô assureurs, à cette décision salvatrice, que vous avez prise, de concert et de plein grès, et souvenez-vous toujours, que c’est en respectant cette décision que vous pourrez continuer à exercer. Tout manquement, toute tricherie, sera catastrophique. La moindre feinte, et la rechute sera dure. Tout l’avenir de votre métier sera compromis.

Et vous assurés ; clients des sociétés d’assurances, citoyens de votre pays et usagers de ses routes, appelées LA VOIE PUBLIQUE, sachez que tout assureur qui accepte de vous vendre une assurance Auto en deçà du prix officiel ne fera qu’empocher votre argent sans contrepartie. Eh oui ! Car il ne sera tout simplement pas en mesure d’honorer l’engagement essentiel pris à votre égard : celui de payer à votre place, le tiers, victime de l’usage préjudiciable, que vous auriez fait de votre véhicule.

Ceci dit, nous devons tous saluer la naissance, vivement accueillie, parce tant souhaitée de l’APAM (Association Professionnelle des Assureurs de Mauritanie).

Il faut permettre à cette structure naissante de jouer pleinement le rôle qui lui revient en tant qu’instance de concertation, de discussion, de débats et d’échanges fructueux ; mais aussi, avant tout et surtout, lui permettre de servir comme cadre de prise de décisions communes, appliquées à l’avantage et dans l’intérêt de tous ses membres.

Le moment était venu, pour que tous les opérateurs se regroupent au sein d’une seule instance, qui constituera un outil d’action commune indispensable à tous.

Ces sociétés, dont le nombre est déjà disproportionnel au marché national et qui, toutes, aujourd’hui, plus que jamais, se trouvent confrontées à un ensemble de défis institutionnels, organisationnels et fonctionnels majeurs, ont tout à gagner en travaillant ensemble.

Et si naguère de tels défis pouvaient être séparément confrontés, la situation est devenue telle qu’aucune société, à elle seule, quel que soit son poids, ou sa taille, ne peut plus agir seule. La concertation en vue de tracer une action commune s’impose donc à tous les membres de cette Association, auxquels il revient d’assumer leur responsabilité pleine et entière en prenant activement part à la prise et à l’application des décisions qu’ils arrêteront ensemble.

Signalons que les missions de l’APAM doivent tourner autour des grands axes suivants :

1/Représenter les intérêts de la profession auprès de ses interlocuteurs, publics et privés, nationaux et internationaux.

2/Etre un outil de concertation avec les différents partenaires tant externes qu’internes.

3/Etudier en commun les problèmes techniques, financiers et juridiques : la connaissance des risques repose sur des observations statistiques les plus larges possibles, ce qui implique de mener des études au niveau de l’ensemble du marché. L’APAM doit établir des statistiques rétrospectives et prospectives de l’assurance.

4/Informer le public, notamment par l’intermédiaire d’un site Internet qui doit être créé en toute urgence à cette fin. L’APAM doit aussi participer aux grands débats de société et avoir une Revue mensuelle.

5/ Promouvoir les actions de prévention afin de réduire la gravité et la fréquence des risques. La profession pourra agir à travers des campagnes de sensibilisation sur la Prévention routière, menées tout au long de l’année, suivant un rythme convenu entre les différentes sociétés membres.

Des missions d’une organisation professionnelle qui se respecte et qui veut mener une action commune dans l’intérêt et à l’avantage de tous ses membres.

Puisse cette instance gagner le soutien de tous, pour qu’ensemble les opérateurs arrivent à mener des actions concrètes, palpables et tangibles de nature à promouvoir et développer le secteur des assurances dans notre pays, à l’avantage et dans l’intérêt de toutes les sociétés membres, mais aussi pour le bien des assurés.

Vivement donc l’APAM et vivement ce nouvel esprit de travail en commun, cette nouvelle volonté, cette détermination pour aller de l’avant en prenant toutes les décisions qui sont de nature à assainir le secteur et contribuer à la mise à niveau de toutes les sociétés d’assurances mauritaniennes. Le chemin est encore long. Il reste beaucoup de travail à faire, ce qui nécessite, entre autres, le recrutement en toute urgence, d’un Secrétaire Général. Mais déjà, cette décision, de respecter strictement le Tarifs Auto, à compter du 1er Mai prochain, est un excellent début.

Bon courage et plein succès pour l’APAM.

Nouakchott le 29/04/2018

Mohamed Yeslem Yarba BEIHATT

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