Lô Gourmo : A propos du refus de traduire les discussions dans les langues parlées

, par  masterEveil , popularité : 11%

C’était en 2014 ( http://cridem.org/C_Info.php?article=660557 ) . Loin de s’être améliorée, la situation sur ce front sensible des langues, s’aggrave chaque jour un peu plus. Aujourd’hui, la nation unique se virtualise et céde peu à peu la place à deux mondes identitaires parallèles, séparés par le voile de plus en plus opaque des deux langues d’enseignement devenues une véritable barrière des corail de l’unité nationale : l’arabe et le français. L’État, trahissant tous ses engagements depuis plus d’une trentaine d’années, fait ouvertement la politique du ventre d’une partie de l’élite, au nom de l’arabité exclusive du pays, démolissant peu à peu la confiance que la frange négro-africaine de cette élite avait en cet Etat. Le refus de traduire même les actes officiels dans les langues autres que l’arabe, dans toutes les autres langues , en violation grossière de la constitution qui reconnaît le caractère national de ces langues, apparaît clairement comme une arme contre les locuteurs de ces langues, un instrument de discrimination, de marginalisation et d’invisibilisation des membres des communautés concernées qui, massivement, sont expulsés des différentes fonctions publiques et même boutés, de plus en plus, hors de l’espace public lui même. Le plus dramatique est que cette pratique discriminatoire par la langue tend à se généraliser et â se banaliser au point de s’installer même dans les espaces les plus démocratiques, même dans les milieux de l’opposition démocratique, qui ont désormais, en partie au moins, accepté l’inacceptable, sans même s’en rendre compte le plus souvent. Le chauvinisme a gagné et a établi des bastions qui sont autant de fiefs desquels sont exclus les négroafricains. Si l’on n’y prend pas garde en apportant les correctifs nécessaires, en encourageant l’usage officiel de toutes nos langues, en respectant les droits de tous les citoyens y compris « francisants »,celà risque de mal tourner, en donnant aux extrémistes et les radicaux de tous bords, le « bon droit » dont ils ont besoin tous pour mener le pays vers la catastrophe.

Gourmo Abdoul Lo
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