Macron au Mali pour la nouvelle force militaire africaine : décryptage du journaliste Pascal Ayrault

, par  masterEveil

Après Gao, au Mali où il était le 19 mai dernier en compagnie des troupes françaises de l’opération Barkhane (sa première présence en terre africaine depuis son élection) et Rabat, au Maroc (en visite privée) le 14 et 15 juin, Emmanuel Macron retourne le 2 juillet au Mali pour participer au sommet des dirigeants du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger, Tchad), à Bamako.
Cette fois avec au menu, la création d’une force conjointe de sécurité composée uniquement de soldats africains. Et le G5 Sahel qui dispose déjà d’un contingent africain fort de 5000 hommes a décidé de porter cet effectif à 10.000 soldats pour combattre le terrorisme dans la région. « Que peut faire un soldat des Philippines ou Bangladesh dans le Sahel. On comprend pourquoi les conflits s’enlisent en Afrique malgré la présence des casques bleues comme en Centrafrique ou en République démocratique du Congo. Il faut une vraie force africaine qui connaît le terrain, et qui est aguerrie au combat »,commente le journaliste français Pascal Ayrault, pour Afrikipresse.
Il ajoute : « Son déploiement doit permettre de lutter plus efficacement contre les djihadistes alors que les 10 000 casques bleus et les soldats français déployés au Mali ne parviennent pas à enrayer la menace. La menace s’est même détériorée. En témoigne la dernière attaque, survenue il y a quelques semaines, d’un lieu de villégiature prisé des expatriés occidentaux, en banlieue de Bamako, qui a fait au moins cinq morts, dont deux binationaux Français ». « Ce sommet intervient à un moment où nous assistons à la concrétisation de cette force mixte, qui n’est pas antinomique à Barkhane, mais vient pour compléter" a déclaré à l’AFP le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop le 6 juin dernier.
Si les africains sont décidés à mouiller le treillis pour défendre leurs territoires, il ne leur échappe pas toutefois le manque de moyens face à des groupes terroristes mieux armés. « Ces 10.000 hommes ont besoin de matériel et d’équipement et cela va se faire grâce au soutien de nos amis", avait souligné lors de la réunion des ministres des affaires étrangères du G5 Sahel tenue le mardi 6 juin 2017 à Bamako, le ministre tchadien des Affaires étrangères, Hissein Brahim Taha, rappelant les 50 millions d’euros d’aide annoncés début juin par l’Union européenne. À Bamako, Emmanuel Macron devrait à son tour annoncer officiellement la contribution française pour la mise en place de cette force mixte dont l’effectivité est prévue d’ici la fin de cette année. Mais avant, il faudra l’autorisation du conseil de sécurité de l’Onu. Affaire à suivre !

Philippe Kouhon
Afrikipresse.fr