Majorité/Opposition : Vers une recomposition du paysage politique ?

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La classe politique mauritanienne se dirige-t-elle vers une recomposition du paysage politique eu égard à la fissuration consécutive au départ, le 21 avril dernier, de trois partis (Adil, MPR et RD) de la majorité présidentielle ? Ces partis de l’Alliance Patriotique (AP) qui viennent de claquer la porte de la Majorité, atterriront-ils sur le tarmac de la COD ? Tandis que du côté de leur désormais ex-camp, l’heure est au resserrement des rangs pour faire face à une opposition devenue un peu plus large. Décidément, on s’achemine vers une nouvelle composition de la classe politique mauritanienne si l’on s’en tient à la situation née suite au départ des trois partis de l’Alliance patriotique (Adil, MPR, RD) qui ont décidé de tourner le dos à la mouvance présidentielle pour des raisons aussi évidentes. Pourtant, certains observateurs de la scène politique avaient déjà vu venir cette situation. « Ils ne se sentent pas à l’aise dans cette majorité, leur place est à l’opposition »
Décidément, on s’achemine vers une nouvelle composition de la classe politique mauritanienne si l’on s’en tient à la situation née suite au départ des trois partis de l’Alliance patriotique (Adil, MPR, RD) qui ont décidé de tourner le dos à la mouvance présidentielle pour des raisons aussi évidentes. Pourtant, certains observateurs de la scène politique avaient déjà vu venir cette situation. « Ils ne se sentent pas à l’aise dans cette majorité, leur place est à l’opposition » a lancé un acteur de la société civile. Si cette coalition a soutenu que « le bilan de notre participation est négatif », la raison est aussi ailleurs. Le pou se trouvait dans la non implication de ces partis dans la gestion des affaires publiques. Les nominations à des postes de responsabilité dans la haute administration ne concernent que l’UPR, ce parti-Etat. Seul contre tous … Si les partis frustrés du compagnonnage de la majorité -comme ils ont laissé entendre lors du point de presse consacrant leur départ de la majorité- accordent leurs violons avec la COD avec qui, ils partagent quasiment les mêmes objectifs, les rapports de forces risqueraient de tourner à l’avantage de l’opposition réunifiée. Il s’y ajoute que ces partis et ceux de la COD épousent l’initiative de Messoud Ould Boulkheir. La preuve, la récente visite d’une délégation de la Cod à Messoud pour lui faire part de leur adhésion à son initiative est un signal fort pour mettre la pression sur le Président Aziz et son régime afin de parvenir à une solution consensuelle. Mieux, si le blocus est respecté face au régime, l’opposition obtiendrait gain de cause de ses revendications portées sur les fonds baptismaux. Toutefois, une situation contraire pourrait également se produire dans la mesure où en politique, ce sont toujours les intérêts des uns et/ou des autres qui priment même si ces politiques ont toujours soutenu militer pour l’intérêt supérieur de la nation. C’est du déjà vu ou du déjà entendu. En tous les cas, la recomposition en perspective du côté de la COD et des revenants est attendue par les observateurs pour en avoir le cœur net sur le nouveau bloc politique de l’opposition réunifiée. D’autre part, l’UPR et ses « restes » qui cogitent sur des plans machiavéliques pour contourner les velléités de l’opposition, doit retrousser davantage ses manches. Toutefois, n’est-il pas important que la classe politique, sur initiative du pouvoir, puisse aller vers des convergences de vues afin de parvenir à un consensus sur l’organisation des élections libres, crédibles et transparentes au mieux des intérêts communs. En tout cas, les citoyens et les partenaires mauritaniens sont las d’attendre des élections attendues depuis plus d’an et qui peinent à venir même si des raisons sont avancées par ci et par là du côté du pouvoir. En clair, la décrispation de la situation politique et la levée de l’impasse passeront par le renoncement aux intérêts partisans. Et c’est le régime qui devra donner le ton en tendant la main à son opposition qui devra elle aussi bien tenir son sifflet pour un bon départ.

Moulaye