Manifeste haratin : Stop à la fracture généralisée !

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La première version du manifeste haratine a été élaborée clandestinement » en octobre 2012 avant d’être accessible sur la toile à partir de janvier dernier, dans une interprétation réactualisée frappée du sceau « confidentiel », signée par les cadres haratines de l’opposition et du pouvoir, ayant préféré garder l’anonymat pour éviter des tracasseries possibles toujours attendues à l’encontre d’initiateurs de telles déclarations.Selon le premier manifeste, qui énumère 38 types de disparités , des centaines de milliers de haratines sont encore réduits à l’abominable esclavage de naissance, de statut et de condition avec toutes les sujétions et les traitements inhumains et dégradants qui s’y attachent : travail forcé et non rémunéré, viols et exploitation sexuelle, séparation des familles, ignorance et pauvreté, misère sociale et économique, absence de perspectives d’avenir et exclusion…etc. Il est également indiqué que plus de 80% des 1 400 000 personnes les plus pauvres en Mauritanie sont issus de la communauté Haratine, que 85 % des 1500 000 analphabètes en Mauritanie en sont également issus ainsi que près de 90% des petits paysans sans terre du fait de la tenure traditionnelle du sol ou de l’exploitation féodalo-esclavagiste, se recrutent au sein de ce groupe. Dans cette déclaration, il est également indiqué que moins de 10 % des 30 000 hectares attribuées légalement et aménagés dans la vallée du fleuve ont profité aux petits paysans locaux, le reste à quelques dizaines de fonctionnaires, commerçants et hommes d’affaire souvent natifs des Wilayas non agricoles et que la parcelle d’un paysan local est en moyenne de 0,25 à 0,5 hectare contre une moyenne de 200 hectares pour la parcelle d’un fonctionnaire ou homme d’affaires agriculteur d’occasion.
Dans sa présentation des disparités flagrantes dont sont victimes les haratines, le manifeste établit chiffres à l’appui une série d’inégalités qui touche presque tous les domaines dont les prêts accordés annuellement par le Crédit agricole, la part insignifiante dans les villas et habitations de haut standing des quartiers chics de Nouakchott, la participation au programme spécial d’insertion pour les diplômés chômeurs dans le secteur agricole au niveau de la plaine de M’Pourié à Rosso. « Plus de 90 % des dockers, domestiques, travailleurs manuels exerçant des métiers pénibles et mal rémunérés sont des Haratines » indique le manifeste selon lequel « plus de 80% des élèves de cette communauté n’achèvent pas le cycle primaire et moins de 5 % poursuivent jusqu’au bout du cycle secondaire » et « moins de 5 % des étudiants de l’enseignement supérieurs sont issus de cette communauté et une infime minorité de ce pourcentage perçoit des allocations d’études ». Ce tableau noir touche également les étudiants des grandes Ecoles nationales (ENAMJ, Ecole des Mines, Faculté de médecine, EMIA…etc) et étrangères sont issus de cette communauté, les opérateurs économiques (hommes et femmes d’affaires importants) , les hauts fonctionnaires et cadres supérieurs du secteur public et parapublic , les parlementaires , les maires et les conseillers municipaux à l’échelle national puis la part au sein du gouvernement (ministres et secrétaires généraux, dans les affaires religieuses (vaghih et imams ), les walis et hakems… Dans cette déclaration, les haratines déplorent que la part qui leur est réservée soit seulement de 1 à 2 Chefs de Mission diplomatique sur 35 environ, de 3 à 4 Directeurs généraux d’Etablissement ou de sociétés publics sur 140, de 2 Présidentes de Conseils d’Administration d’Etablissements ou sociétés publics sur 140 et de moins de 50 médecins sur plus de 600.
La chaîne des disparités ne fait aucune omission de ces inégalités qui concernent aussi l’ingénierie, les diplômés supérieurs , les présidents ou directeur de banques, de sociétés d’assurance ou du secteur financier, de directeur de radio ou de télévision, parmi quelques dizaines d’établissements de cette nature, les professeurs d’université , les magistrats , les commissaires de police, les administrateurs civils, les officiers supérieurs et les Généraux.Autant d’ingrédients qui font sentir à une communauté entière sa frustration et son refus du statu quo, promettant de se mobiliser pacifiquement sur tous les fronts pour briser la grosse fracture politique et socioéconomique dont souffrent péniblement ses éléments. Une mission qui pourrait interpeller l’agence Tadamoun a apporté son concours pour aider les haratins à s’émanciper et à devenir progressivement des citoyens entiers.

M.D


Echos&Confi

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