Mauritanie : L’Armée muette et victime.... par Ely Ould Krombelé

, par  masterEveil , popularité : 6%

L’affaire Mohamed Ould Bouamatou et la corruption des sénateurs aurait-elle accaparé trop de place pour ne pas dire toute la place du microcosme politico-judiciaire nouakchottois ? Toute proportion gardée, quand l’on constate l’ingérence manifeste du Sénégal voisin autorisant un avocat de déblatérer, en se disant défenseur des "mauritaniens expulsés" et surtout la sortie intempestive voire amphigourique du président de l’IRA, le mythomane Biram Dah Abeid, on est en droit de se demander comment inciter ces marionnettistes à dépasser le stade des sensations pour s’élever jusqu’à l’intelligible. 

Mais la ligne rouge,me semble-t-il, a été franchie lors de la dernière session des Nations Unies à New York où l’on peut entendre des énergumènes scander des propos saugrenus, très hostiles à l’Armée mauritanienne, au vu de l’attaché de défense, le colonel Mohamed Lemine Ould Moustapha.

Fort heureusement la cupidité des uns, couplée à l’acharnement affectif des autres, connus de tous, ne sauraient ériger ces pourfendeurs de la Mauritanie en concepteurs de dogme.

Car le psittacisme doctrinaire dont on nous abreuve des années durant,cependant incapable de fissurer notre citadelle, a désormais la prétention,voire le culot de vouloir changer de trajectoire et surtout de cible en s’attaquant au dernier rempart de notre souveraineté à savoir notre vaillante Armée Nationale.

La bouffonnerie longtemps tolérée n’amuse plus le roi encore moins sa doxa.Alors que reprochent ces zouaves de la manipulation ambiante à cette noble institution ? Faut-il céder derechef à la posture de Néron "poétisant sur Rome en flammes", ou enfin courber l’échine aux sicaires armant la main de Brutus et dont le seul dessein est justement d’enflammer notre paisible nation ?

Doit-on concéder le monopole de l’exclusivité médiatique à quelques bacchanales orchestrées de Dakar, de Paris, ou New York dont le credo consiste à répandre des théories mensongères fatales à notre chère Mauritanie ?

1/L’Armée nationale, muette et victime

Le lundi 10 juillet 1978, elle est intervenue pour stopper une guerre qui avait rendu le pays exsangue. Les officiers du comité militaire savaient que le pouvoir qui leur a été presque donné comme sur un plateau d’argent, n’était point une "sinécure".

Alors "qu’ils le prennent donc" disait feu Ould Daddah, soulagé de quitter les commandes, l’évolution de la guerre du Sahara ayant compromis et démenti toutes les statistiques.

Les officiers qui ont pris le pouvoir en 1978 n’étaient que des patriotes animés par la promotion des intérêts supérieurs de la Mauritanie.Ils étaient tout sauf des extrémistes. Ils étaient certes fils de "grandes tentes" ou de "grandes cases", ou même des chefs tribaux pour certains mais à la dimension et à l’éthique mauritaniennes.

Leur valeur doit se mesurer à la chronologie de leurs us et coutumes, l’homme étant le produit de sa superstructure dérivant quant à elle de son milieu naturel. Ces officiers post-coloniaux étaient tout simplement des patriotes, de vrais patriotes et qu’ils reposent en paix.

2/Le temps des Extrêmes 

Dès 1979 l’aile civile politicienne qui a accompagné les officiers à prendre le pouvoir en 1978, commençait à se faire doubler par des nationalistes dont l’entendement mais surtout la soupe et la gamelle proviennent d’autres cieux.

C’est ainsi que dès 1980,on voit l’incorporation dans l’Armée des premiers élèves officiers de la filière arabe. Ce que les extrémistes négro-africains, héritiers de l’empire colonial,ayant la langue française en alibi, ne supportaient pas. Mais la prise du pouvoir en 1980 par Ould Haidallé a atténué leur courroux.

Issu d’une minorité tribale, Haidallé a porté son dévolu sur les gens de la vallée. A cette époque la vallée contrôlait tout : la santé où il relevait du miracle de voir une infirmière mauresque en blouse blanche, la poste, la pêche, la police, la gendarmerie et surtout l’Armée, véritable tremplin pour accéder au pouvoir rien que par coup de force, comme on le voyait un peu partout en Afrique. Tout cela était normal et les mauritaniens n’y pensaient guère.

C’est en 1984 avec l’arrivée de Maawiya que notre Histoire s’est grippée ou du moins s’est précipitée. A partir de 1986 les négro-mauritaniens se sentaient délaissés car n’ayant plus de mentor en la personne d’un Haidalla, ni même de leader de la trempe du très respecté colonel Yall Abdoulaye.

De jeunes officiers admirateurs de Thomas Sankara ont voulu passer à l’action en octobre 1987 afin de "rétablir la justice" en cassant le "système beidhane". 

Car les Peulhs se sentant désormais marginalisés se croyaient majoritaires en Mauritanie. Peut-on penser autrement, quand on est majoritaire dans la santé,les postes, l’Armée, bref dans la fonction publique depuis l’indépendance ? Une minorité visible qui a vu ses acquis disparaître petit à petit sous ses yeux au fur et à mesure que les nomades maures se sédentarisaient.

3/Le coup d’arrêt du président Aziz à tous les extrémistes

Après avoir poussé les négro-mauritaniens à se dévoiler en 1987, les Nasséristes ont également eu raison des Baathistes en 1988. En politiciens rodés, ils avaient fait comprendre à Maawiya qu’il fallait purger aussi chez les Maures comme il l’a fait contre les noirs en 1987.

Ainsi les Nasséristes sont restés maîtres du sérail du temps de Maawiya, tirant les ficelles. En 1989 les flam attisent le différend entre le Sénégal et la Mauritanie. En 1990-1991, certains militaires maures (blancs et noirs)excédés par les agissements des négro-mauritaniens lors du conflit Sénégal-Mauritanie, s’en prirent à certains militaires Peuhls.

Mais cela ne peut engager toute l’Armée Mauritanienne, car la majorité des officiers, sous-officiers et soldats était en dehors de ces tragiques événements.

En 2003, avec la tentative de coup d’Etat du 8 juin, les jeunes nationalistes extrémistes ont commis les mêmes erreurs juvéniles que leurs aînés extrémistes négro-africains du mois d’octobre de 1987. Une improvisation, malgré le courage de certains officiers, sous-officiers et soldats, n’a pour autant pas fait basculer le régime de Maawiya.

Ainsi de 1980 à 2005,soit un quart de siècle, les extrêmes avaient le vent en poupe,tantôt alliés des régimes en place, tantôt servant de fusibles à d’autres fins. Il faut reconnaître que depuis le 10 juillet 1978, les chefs militaires n’ont jamais eu l’opportunité de canaliser l’Armée vers sa vraie destinée, à savoir la défense du territoire et la sécurisation des personnes et des biens à cause de querelles bysantines aboutissant toujours à des révolutions de palais et autres coups de force.

Le président Aziz l’a compris et l’a dit "jusqu’à une époque récente l’Armée était sous l’influence des entités extrémistes. Il y a désormais un seul chef qui commande l’Armée : c’est le président de la république".

En effet depuis la prise du pouvoir du président Aziz,nous constatons que l’Armée s’occupe davantage de ses missions régaliennes. L’Armée n’est pas responsable des différentes péripéties de l’Histoire récente de notre nation. Au contraire, ce sont les extrémistes de tous acabits qui ont toujours voulu utilisé l’Armée pour leurs basses besognes.

Non, notre Armée n’est pas une institution esclavagiste, ni tribale.Au contraire elle a permis à "l’officier sans nom", au "soldat inconnu" de s’épanouir, de se faire une notoriété nationale et même internationale.

On vient à l’Armée malade elle vous soigne ; analphabète,elle vous instruit ;pauvre, elle vous remet sur pieds ; d’inconnu elle vous rend souvent célèbre. La grande muette est plutôt victime de l’acharnement de théoriciens du mensonge, quand ils ont échoué en voulant l’utiliser un moment à leurs desseins inavoués. Notre Armée est républicaine et appartient à tous les mauritaniens.

Enfin ceux qui croient que l’Armée est à l’origine de l’esclavage et de ses séquelles que nous tentons de contenir tous ou qu’elle est à l’origine du regrettable passif commis par des individus poussés à la faute, se trompent lourdement. Vous pouvez manifester à Paris, Londres , Dakar ou Washington.

Vous pouvez proférer des insanités à l’égard de dignes citoyens qui ont servi,qui servent encore et qui serviront dans l’Armée, mais cela n’entamera pas l’amour des Mauritaniens, des patriotes mauritaniens pour leur institution étatique préférée. On ne mesure pas la valeur de la paix,de la sécurité qu’une fois qu’on l’aura perdue.

Demandez aux mendiants Syriens qui arpentent les artères de Nouakchott ou au peuple du Mali voisin et vous saurez que sans notre Armée, il n’y aurait pas de Biram pour insulter,ni de Saidou pour critiquer....

Ely Ould Krombele


Echos&Confi

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