Mauritanie : La fuite en avant du pouvoir

, par  masterEveil

Passage en force pour les modifications constitutionnelles, crise politique latente en dépit d’un énième dialogue qui se voulait inclusif, prix des denrées de premières nécessités intouchables, exacerbation des contradictions internes sans précédents, délabrement de notre économie, tensions avec certains pays voisins…

Qui peut alors dire après ce sombre et lapidaire tableau que le pays se porte bien. Contre vents et marées Ould Abdel Aziz est entrain de mener la « barque Mauritanie » vers des lendemains incertains.

Nombreux sont aujourd’hui ceux qui avaient jeté leur dévolu sur le Président Abdel Aziz, qui sont amers aujourd’hui et qui sont sceptiques quant à la situation du pays. Il faut dire que la majorité des indicateurs sont passés au rouge.

La première fausse note vient du refus de l’organisation d’un référendum pour des modifications de la constitutionnelles en dépit de la sérieuse mise en garde de l’opposition et même de partis dits « dialoguistes ». L’on se rappelle que le FNDU indiquait "le caractère illégal de la procédure consistant à faire adopter ces amendements par un parlement dont l’une des chambres a dépassé les délais légaux du renouvellement de ses trois tiers, et dont l’autre ne bénéficie pas du consensus requis pour une telle opération".

Même l’Alliance populaire progressiste (APP), exigeait le maintien d’un référendum populaire "exige une consultation populaire par voie référendaire", comme le prévoyait le dialogue national organisé du 29 septembre au 20 octobre 2016.

L’APP qui avait pris part au dialogue appelait "à la mobilisation de tous les Mauritaniens issus des rangs de la majorité et de l’opposition pour barrer la route à la dérive autoritaire du pouvoir, qui menace la démocratie et les acquis républicains".

De nombreux analystes estiment que le recours par le parlement pour les modifications constitutionnelles constitue une fuite en avant du pouvoir qui craindrait une défaite en cas de consultation populaire.

Outre cette situation politique des plus tendues, les prix des denrées de premières nécessités ne cessent de grimper. Les oignons, les pommes de terre, le lait en poudre, le sucre, le poisson subissent des majorations considérables, rendant encore plus précaires les conditions de vie de milliers de citoyens. Pourtant, l’on se rappelle que le Général Aziz durant la transition s’était attaqué aux prix des denrées qu’il baissait significativement. Ce qui lui avait valu un fort élan de sympathie. Il semble aujourd’hui que le commerçants ont repris le dessus en imposant des prix sans commune mesure avec les moyens des citoyens et l’Etat ne fait rien pour réguler ces mêmes prix.

Encore que depuis plusieurs jours, le poisson est introuvable dans tous les marchés amenant la majorité des ménages à se décarcasser pour assurer ne serait-ce qu’un bon repas, en ces temps de conjoncture déjà difficile. Les nouvelles dispositions appliquées par les autorités de la pêche « exigent que tous les éléments étrangers opérant sur les embarcations de pêche soient expressément mentionnés sur la licence-autorisation de pêcher ».
Du coup, des centaines de pirogues qui ne peuvent plus prendre la mer et le poisson n’est plus alors trouvable. Et ce sont les pauvres qui trinquent de cette situation voulue et entretenue par nos autorités.

Le grand chantier de lutte contre la pauvreté est encore entier. Les pauvres sont encore plus nombreux qu’en 2009 et leur sort ne semble pas avoir varié. On dit pourtant que les caisses sont pleines à craquer alors que la pauvreté progresse partout, une contradiction manifeste.

D’autre part la question de l’unité nationale pour laquelle le Président Aziz avait cru trouvé une solution, refait surface. Le retour des déportés pose encore des problèmes par rapport à la restitution des terres et à la réinsertion des fonctionnaires déportés. L’autre grande question relative au passif humanitaire reste encore mal ficelée et les choses sont loin d’être définitivement réglées. Alors que ces dossiers piétinent , la question des langues a rebondi sur la scène nationale suscitant les plus grandes craintes quant à l’unité du pays.Sans oublier ce fameux enrôlement qui pénalise nos citoyens.

Nonobstant ces dures réalité, vous entendrez dire que tout va bien dans le pays, que ce sont des gens aigris qui cherchent à salir le pays qui critique sa gestion et lui souhaitent les pires desseins !

AOB