Mauritanie : La réforme constitutionnelle met le pays en ébullition

, par  masterEveil , popularité : 24%

Les députés mauritaniens ont adopté le jeudi dernier, un projet de révision constitutionnelle qui prévoit entre autres, la suppression du sénat et de la haute cour de justice. Au moment où le pouvoir croyait la réforme déjà acquise, voilà que l’opposition, reconnue pour sa faible représentativité au parlement, fait déferler des milliers de Mauritaniens dans les rues depuis les samedi 11 et dimanche 12 mars, demandant au Sénat de rejeter la loi.
S’il est une chose qui constitue un os dans la gorge du pouvoir en Mauritanie, c’est bien sûr la réaction de l’opposition face au projet de révision constitutionnelle. Le projet de loi de révision de la constitution portant suppression du Sénat, la Haute cour de Justice, le Haut conseil islamique et la modification du drapeau national n’a pas reçu l’aval des députés de l’opposition. Réunis sous la bannière du Forum national pour l’unité et la démocratie (Fnud), ces députés ont pris d’assaut les rues de Nouakchott pour protester contre la révision constitutionnelle adoptée jeudi par les députés et qui doit désormais être examinée par le Sénat. Le Fnud, qui regroupe quinze partis, n’approuve pas certaines de ces modifications et dénonce surtout une méthode politique non consensuelle et un manque de débat démocratique.
En réalité, un retour sur les statistiques du vote de la loi permettra de comprendre quelque peu, la préoccupation des députés. Sur les 147 députés réunis ce jeudi, 121 ont voté pour, 19 contre et 7 se sont abstenus. Ce vote indique l’absence d’un débat véritablement démocratique au sein du parlement. Malgré toutes leurs protestations au parlement, la minorité n’a pas pu arrêter la machine du pouvoir, prête à tout pour faire passer la réforme. Du coup, les craintes formulées par les parlementaires s’avèrent légitimes. Par le rejet de la suppression du Sénat, les députés veulent maintenir le dernier rempart que constitue la haute chambre contre toute modification fantaisiste de la constitution. Au delà de cet aspect, les parlementaires soupçonnent le président mauritanien de vouloir prétendre à un troisième mandat en tenant à la suppression du sénat. Aussi, la suppression de la haute cour de justice mettrait le président Mohamed Ould Abd El Aziz à l’abri de toute poursuite judiciaire en cas de prévarication du bien public. L’opposition soupçonne au travers de ces éléments, une volonté du président mauritanien de gouverner de façon autocratique et en toute impunité. Ce que l’opposition ne compte pas laisser faire. Les jours à venir font craindre des heurts entre manifestants et forces de l’ordre.
beninmondeinfos.


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