Mauritanie : coup de gueule des avocats du dossier Bouamatou

, par  masterEveil , popularité : 12%

En Mauritanie, la douzaine d’avocats du dossier Bouamatou, - du nom de l’opposant et homme d’affaires accusé de corruption - protestent. Dans une déclaration rendue publique, ils dénoncent une procédure « opaque et d’une lenteur injustifiable ». Ils dénoncent surtout l’ouverture d’une nouvelle enquête, en parallèle de la première, confiée à la police chargée de la répression des crimes économiques pour « blanchiment d’argent, évasion fiscale et abus de biens d’associés ». Une enquête ouverte contre X, alors que les personnes visées depuis septembre dernier dans cette affaire sont, elles, bien identifiées : treize sénateurs, quatre journalistes, deux syndicalistes et deux hommes d’affaires.
Cela fait huit mois que le dossier est au point mort. Le sénateur d’opposition Mohamed ould Ghadde est en prison sans avoir été jugé, les sénateurs, journalistes et syndicalistes sont sous contrôle judiciaire avec interdiction de voyager sans savoir quand la mesure sera levée, les hommes d’affaires Mohamed Bouamatou et Mohamed ould Debagh en exil, sont toujours recherchés.

Les uns accusés de corruption, les autres d’avoir perçu de l’argent pour faire campagne contre le référendum constitutionnel du mois d’août dernier.

Un dossier de corruption, qui a pris ces dernières semaines un autre tournant. On ne l’apprend qu’aujourd’hui, mais une autre enquête contre X cette fois-ci a été ouverte notamment pour « blanchiment d’argent, et évasion fiscale ».

Une enquête demandée par le parquet au juge, qui l’a transmise à la police chargée de la répression des crimes économiques.

Une pratique inadmissible pour les avocats qui ne comprennent pas pourquoi le juge a accepté de se dessaisir et de donner toute latitude à un service de police.

Résultat, pointent les avocats, l’instruction n’est aujourd’hui plus menée par un magistrat supposé indépendant, et se déroule à charge uniquement. Pour la défense l’objectif est clair, le dossier est vide et le pouvoir cherche à tout prix de nouvelles accusations.
RFI


Echos&Confi

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