Mauritanie : forte mobilisation en faveur d’un troisième mandat pour Aziz

, par  masterEveil , popularité : 6%

De nombreux cadres et militants de wilayas ont plaidé en faveur d’un troisième mandat pour le président Mohamed Ould Abdelaziz, interdit par la Constitution. La Mauritanie est à nouveau agitée par une campagne en faveur d’un troisième mandat pour le président Mohamed Ould Abdelaziz, interdit par la Constitution. 

Le 27 décembre, les cadres et les militants de la wilaya de l’Adrar se sont réunis au palais des congrès de Nouakchott pour lui demander de se présenter malgré tout, puisqu’il est « le meilleur choix pour la présidentielle de 2019 parce qu’étant le seul garant de la paix et de la stabilité du pays ».

Les wilayas du Trarza et de l’Assaba avaient fait de même durant la semaine précédente. Tout indique que le mouvement se prolongera dans les jours qui viennent. En effet, le Premier ministre Mohamed Salem Ould Béchir a invité les députés des wilayas du Hodh El Gharbi et du Hodh El Chargui à réunir leurs troupes dans le même but.

Ce faisant, il emboîte le pas à son prédécesseur Yahya Ould Hademine qui faisait une vigoureuse campagne pour le troisième mandat lorsqu’il était Premier ministre. Sera-t-il candidat ?

Cette mobilisation des notables du parti majoritaire, l’Union pour la République (UPR), est en contradiction avec les déclarations du président qui a répété à plusieurs reprises et notamment à Jeune Afrique qu’il ne se représenterait pas pour un troisième mandat. En novembre encore, lors du Festival des villes anciennes à Oualata, il déclarait encore : « Je suis là pour respecter et faire respecter la Constitution ». 

L’opposition voit dans cette agitation une manœuvre du président qui tiendrait un discours légaliste à l’intention de la communauté internationale mais qui agiterait en sous-main ses partisans afin de pouvoir modifier la Constitution à son profit.

Mohamed Ould Maouloud, président du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) qui regroupe la majorité de l’opposition radicale, incrimine « des directives venues d’en haut » et dénonce « un spectacle qui annonce la remise en cause de tout le processus démocratique ». 

Il déclare que « le chef de l’État doit savoir qu’il est très grave de laisser faire, que laisser faire des discours et des incitations à faire un coup d’État contre la Constitution, parce que c’est de cela qu’il s’agit, c’est comme laisser faire des appels à un coup d’État militaire ».

Stratégies

Il y a plusieurs façons d’analyser ce tumulte. Un proche du pouvoir pense qu’il est le fait de « courtisans qui ont du mal à croire qu’on peut renoncer au pouvoir » et qui craignent pour leurs avantages. Un autre balaie l’hypothèse d’un troisième mandat soutenue par un « enthousiasme » populaire : « À la fin, ce qui compte, c’est la parole du président ».

Pour une partie des caciques de la majorité, certains y voient une façon de combattre – indirectement parce que l’homme est populaire – une candidature du frère d’armes du président, le général Ghazouani, aujourd’hui ministre de la Défense.

D’autres pensent qu’il s’agit d’un moyen pour le chef de l’État de conserver la main jusqu’au terme de son mandat. Le prouverait ainsi le report en mars 2019 du congrès de l’UPR prévu à la mi-décembre et au cours duquel devrait être annoncé le nom du candidat de la majorité à l’élection présidentielle et le refus de Mohamed Ould Abdelaziz de se déclarer pour l’instant en faveur du général Ghazouani.

Jeune Afrique


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