Mauritanie : la torture des activistes anti-esclavagisme se poursuit

, par  masterEveil , popularité : 7%

Moussa Bilal Biram, champion de karaté mauritanien âgé de 51 ans, s’est fait emprisonner en juillet à Nouakchott. Mis à nu et menotté, un policier lui rend visite dans sa cellule, pendant la nuit, et le torture. Douze autres Mauritaniens subiront le même sort.

Pour le gouvernement mauritanien, les militants de l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) — organisation qu’il ne reconnaît pas —sont une menace à l’ordre public et à la sécurité de l’Etat. Pourtant non violents, ils sont accusés d’être les auteurs de plusieurs affrontements. Malgré l’absence de preuves pour soutenir ces accusations, la chasse aux membres de l’IRA a débuté, sans merci. Au poste de police, les détenus étaient automatiquement torturés. Treize détenus ont rapportés les propos violents d’un policier mauritanien : « Vous, gens de l’IRA, vous jouez avec le feu, tous les Maures sont sur-armés, on ne pourra plus retenir très longtemps fatigués. Le jour où on les lâchera, ils n’hésiteront pas à vous tirer dessus, vous, tous les Négro-Mauritaniens. »

Des accusations jugées fantasques par les ONG

Les victimes de la torture sont souvent privés de soins. Ils souffrent de plusieurs troubles neurologiques. Ils ont été poussés à des aveux forcés, qui ont permis de « grossir » leur dossier judiciaire et de les condamner à des peines de prison injustifiées et bien trop longues pouvant aller jusqu’à 15 ans. Moussa Bilal Biram, par exemple, a été accusé de « violences à l’égard d’agents de la force publique » et d’« attroupement armé », il a écopé de la peine maximale. Les treize militants détenus se trouvent actuellement dans une zone isolée, à Zouérate, au nord de la Mauritanie. La capitale, bien trop surveillée par les défenseurs des droits de l’Nomme, n’arrangeait pas les tortionnaires. Les ONG observatrices ont communiqué à l’ONU un document où figurent l’identité des policiers qui ont torturé — il s’agirait d’une dizaine d’individus. Les autorités mauritaniennes n’ont toujours pas réagi.

Maghrebinfo


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