Mauritanie : le projet de loi de finance initiale 2019 adopté

, par  masterEveil , popularité : 12%

Les députés ont adopté, mardi soir, le projet de loi de finances initiale 2019, lors d’une plénière, présidée par M. Bodjel Ould Houmeïd, premier vice-président de l’assemblée nationale.

Ce budget se chiffre, en recettes et en dépenses, à cinquante quatre milliards cent dix huit millions cinq cent soixante un mille six cent cinquante trois (54.118.561.653) MRU.

La plénière consacrée à l’examen du budget avait débuté, lundi, dernier, sous du député Bodjel Ould Houmeïd, premier vice-président de l’assemblée nationale et a offert aux députés l’occasion de discuter l’ensemble des chapitres de ce budget et de donner leurs observations et suggestions sur les meilleurs et voies et moyens de l’exécuter et les domaines sur lesquels l’accent doit être mis.

Les ressources prévisibles de ce budget évaluées à cinquante quatre milliards cent dix huit millions cinq cent soixante un mille six cent cinquante trois (54.118.561.653) MRU sont réparties comme suit :

- Recettes budgétaires à caractère définitif : 53.408. 561.653 MRU

- Recettes budgétaires à caractère temporaire : 10. 000.000 MRU

- Budget annexes et comptes d’affectation spéciale :700.000.000 MRU

Les dépenses prévues projet de finances initiales 2019 sont de 54.118.561.653 réparties comme suit :

- Pouvoirs publics et fonctionnement des administrations : 29.668.021.653 MRU

- Dettes publiques :9.695.540.000 MRU

- Intérêts : 3.076.300.000 MRU

- Biens et services :6.619.240.000 MRU

- Dépenses d’investissements :13.285.000.000 MRU

- Plafonds prêts et avances :770.000.000 MRU

- Comptes d’affectation spéciale :700.000.000 MRU

S’agissant du budget de fonctionnement prévu pour 2019, il se chiffre à 32.744.321.653 MRU.

Les dépenses consacrées au fonctionnement ont connu une augmentation dans la loi de finances initiale 2019 par rapport à celle de 2018. Elles sont de l’ordre de 1.472.762.414, soit un taux de 4,71%.

Les changements opérés sur les grandes masses de dépenses dans le chapitre de fonctionnement montrent une augmentation des salaires et traitements de 1,09 milliards MRU par rapport à la loi de finances rectifiée de 2018, soit un taux de 7,51% , tandis que les dépenses sur les services et biens ont bénéficié d’une augmentation de 139,26 millions MRU, soit un taux de 2,06% .

Quant aux subventions et transferts, ils ont connu une réduction de 244,71 millions MRU, soit un taux de 3,98%, tandis que les charges non ventilées ont été augmentées dans la loi de finances initiale 2019 (LFI) de 64,06 millions MRU par rapport à LFI rectifiée de 2018, soit 5,24%, de même les intérêts sur la dette ont subi une augmentation de 424.157.109 MRU, Soit 15, 99%.

Sur la base de ce qui précède et en comparaison la loi de finances rectifiée (LFR) 2018, ont peut dire que les dépenses des rubriques de fonctionnement, toutes, ont connu une hausse dans la LFI 2019, exception faite sur la rubrique des subventions et transferts qui a subi une régression.

Quant aux dépenses en capital, elles ont enregistré une augmentation de 187,14 millions MRU, soit l’équivalent de 0, 95%, tandis que l’amortissement de la dette quant à lui a augmenté de 269,240.000, soit 4, 24%.

Les comptes spéciaux du trésor, participations, avances et prêts nets ont connu une diminution de 1.530.000.000 MRU, soit -51,00% en valeur relative.

Le budget consolidé d’investissement (BCI) pour l’exercice 2019 (PLFI) se chiffre à 28,04 milliards MRU pour un total de 310 projets, soit une hausse de 0,16 milliard en valeur absolue et 0,6 en valeur relative.

La répartition sectorielle des dépenses d’investissement se fonde sur les priorités stratégiques retenues par le gouvernement, car le secteur d’aménagement du territoire, compte-tenu de son importance, absorbera une grosse part de l’allocation des ressources en investissement avec 9005 millions MRU, représentant près de 32, 12% de l’enveloppe BCI global.

Il est prévu de consacrer cette importante enveloppe notamment au :

- renforcement des réseaux d’alimentation en eau potable et d’assainissement en milieu rural,

- à l’extension et la modernisation du réseau routier national,

- à la construction/réhabilitation d’équipements collectifs et édifices publics.

Une enveloppe globale de 6593 millions MRU, soit 23,52 a été consacré au secteur de développement industriel, (hors SNIM) du total des investissements de 2019.

Ce montant sera consacré fondamentalement à des activités de promotion, de diversification, et de renforcement de capacités de ce secteur afin d’accélérer la croissance et d’accroitre sa contribution à l’économie nationale. Un accent particulier sera mis sur la densification du réseau d’électrification.

Le secteur des projets multisectoriels a bénéficié d’une enveloppe globale de 3 milliards 742 millions MRU, soit 13,35 du BCI 2019. Ce secteur regroupe :

- Les projets d’approvisionnement en eau potable (AEP) et développement des oasis en zones rurales,

- Le projet d’appui à la promotion de micro, de petites et moyennes entreprises et l’emploi des jeunes (PAMPEJ),

- Le programme intégré d’appui à la décentralisation et à l’emploi (PNIDDLE),

- Le projet d’appui au système filets sociaux,

- Le programme de lutte contre la pauvreté et les séquelles de l’esclavage,

- Le projet d’autonomisation des femmes et dividendes démographiques,

- Le projet de lutte contre la pauvreté dans l’Aftout sud le Karakoro.

Les investissements orientés au secteur de développement institutionnel dans le BCI 2019 sont de l’ordre 1. 999.000.000 MRU, soit 7,13% du total des investissements prévus. Cette enveloppe servira au renforcement des capacités techniques et institutionnelles de l’administration, l’appui de la restructuration des établissements publics et la mise en œuvre des réformes entreprise en matière de gouvernance économique.

S’agissant du secteur de développement des ressources humaines, il verra une enveloppe de 1.231.000.000 MRU, soit 4, 39% des crédits d’investissements publics prévus. Ces investissements seront affectés principalement au renforcement de la qualité du service public de justice, au développement du système d’éducation et de la formation professionnelle, à l’amélioration de la situation sanitaire et nutritionnelle des populations, en particulier les couches les plus vulnérables ainsi qu’à la valorisation des initiatives d’emploi, notamment au profit des jeunes diplômes. Le programme pour l’accès et l’amélioration de la qualité de l’éducation (PAAQE), initié en 2016 pour prendre en charge les travaux de construction et de réhabilitation des établissements scolaires sera poursuivi en 2019.

Le secteur du développement rural, considéré comme l’une des sources de diversification durable de l’économie nationale, reçoit une allocution de 4.915. OOO.OOO MRU, soit 17,53% du total des investissements pour 2019.

Ces financements seront consacrés, pour l’essentiel, à la poursuite des actions engagées en matière d’aménagements et d’ouvrages hydro-agricoles, de désenclavement des zones de production, la promotion du rôle stratégique du secteur en matière de sécurité alimentaire, de lutte contre la pauvreté, d’amélioration à l’accès à l’eau et à l’assainissement en milieu rural et à la protection de l’environnement.

Quant à la SNIM, elle est dotée d’une enveloppe de 55 millions MRU du BCI 2019 soit 1,96 du BCI 2019, qui servira à la réalisation des travaux de réhabilitation du minerai GUELEB II.

Commentant le projet de loi, le ministre de l’économie et des finances, M. Mokhtar Ould Djay, a souligné, dans un exposé devant les députés, que le programme économique du gouvernement pour 2019 vise à atteindre un taux de croissance réelle de 4,6% du PIB, à maintenir un taux d’inflation inférieur à 4%, à maîtriser le déficit budgétaire global à 0,2% du PIB non extractif et à maintenir les réserves officielles à un niveau approprié (5,6 mois d’importations de biens et de services).

Il a, par la suite, ajouté que pour atteindre ces objectifs, le gouvernement entend poursuivre la même dynamique que celle qui s’est développée au cours des dernières années, notamment le renforcement de la mobilisation des ressources, l’amélioration de l’efficacité des dépenses, l’investissement dans le capital humain et l’infrastructure économique et sociale d’appui, la réduction des risques financiers et le renforcement des fondements institutionnels de l’Etat.

Et d’ajouter que ces objectifs sont conformes aux trois piliers de la stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée (SCAPP), qui consistent à promouvoir une croissance économique forte, globale et durable, à développer le capital humain et à assurer l’accès aux services de base, ainsi qu’à renforcer la gouvernance dans toutes ses dimensions.

Le ministre de l’économie et des finances a passé en revue, pour l’occasion, les projets les plus importants inscrits dans ce budget, qui couvrent divers domaines d’infrastructures, soulignant la politique adoptée par l’Etat pour promouvoir les secteurs de la pêche, de l’agriculture et de l’élevage en tant que secteurs essentiels pour accélérer le développement du pays.

Les parlementaires ont suggéré, dans leurs différentes interventions, des mesures qu’ils jugent nécessaires pour assurer le succès de la stratégie de développement économique et social 2016-2030, connue sous le nom de stratégie de croissance accélérée et de prospérité partagée, à renforcer l’efficacité des dépenses publiques, grâce à une allocation rationnelle des ressources et à une gestion plus rigoureuse et transparente de la gestion des fonds publics, à chercher à trouver un moyen de financement de l’économie nationale en obligeant les banques à faire preuve d’objectivité et d’égalité et à prendre en compte l’intérêt économique général, et à réduire les taux d’intérêt élevés actuels, qui ne permet pas la croissance des projets financés par ces crédits.

Ils ont également appelé à mettre en place de micro finance, en particulier pour les groupes nécessitant une discrimination positive, tels que les femmes et les groupes vulnérables, pour financer les petites et moyennes entreprises et de créer une valeur ajoutée à nos produits primaires, en particulier les produits miniers, afin de contribuer à la création d’emplois et de permettre à l’économie du pays de résister aux chocs externes, de valoriser les ressources animales et de moderniser leur production pour en augmenter le coût et les protéger des risques des changements climatiques, d’accorder une plus grande attention à l’agriculture pluviale, à travers la mécanisation agricole, la construction de davantage de barrages et de digues pour retenir les eaux de pluie, qui sont gaspillées sans en bénéficier, d’aménager plus de terres sur la rive du fleuve et d’attirer des investissements importants en faveur de ce secteur prometteur, notamment en révisant la législation sur la propriété foncière de manière à prendre en compte les opinions des différentes parties prenantes et à assurer une répartition équitable des biens fonciers.

Les députés ont également souligné la nécessité de créer les conditions propices à la maîtrise de la richesse en gaz et d’en tirer le meilleur profit par la formation des ressources humaines qualifiées, notamment dans les domaines de la pétrochimie et des professions auxiliaires et d’évaluer l’efficacité de la mise en œuvre des premières années de la stratégie de développement du secteur de la pêche mise en œuvre depuis quatre ans ou de la réviser, le cas échéant, afin de maximiser le bénéfice de la richesse marine du pays, et de fournir des conditions de protection pour mettre en place un environnement approprié pour le développement de notre industrie naissante, en particulier l’industrie alimentaire, qui a montré une remarquable capacité de réussite.

Ils ont appelé à redoubler d’efforts pour encourager le secteur privé, par le développement du cadre législatif, la simplification des procédures pour la création d’entreprises, la révision des codes des mines et des hydrocarbures d’une manière permettant de maximiser la rentabilité et d’attirer les investisseurs.

Les députés ont également appelé à doubler la capacité de stockage du pays dans les domaines des denrées alimentaires, des combustibles liquides et gazeux, afin de contribuer à la maîtrise des prix, en particulier face aux fluctuations des marchés et aux perturbations climatiques affectant la navigation maritime, à accroitre l’intérêt accordé à l’investissement en ressources humaines, à veiller à ce que tous les citoyens, en particulier ceux ayant un revenu inférieur et les populations rurales, aient accès aux services de base, et à activer et généraliser le crédit aux éleveurs pour soutenir le secteur de l’élevage.

AMI


Echos&Confi

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