Mauritanie : les éditeurs de la presse privée en colère

, par  masterEveil , popularité : 19%

Les éditeurs de la presse privée en Mauritanie sont au bord de la crise de nerfs. Ils sont fâchés contre l’Imprimerie nationale et le manifestent à travers une déclaration rendue publique lundi soir.
Un document dans lequel le Regroupement de la presse mauritanienne (RPM), un collectif d’éditeurs privés, fustige le comportement de l’institution publique « qui refuse de recevoir, ce lundi pour la troisième journée consécutive, les journaux de la presse indépendante » envoyés à ses services pour édition.
« Une situation sans précédent que l’imprimerie justifie par son incapacité technique à faire face en même temps à l’impression du numéro spécial de Chaab et Horizons (supplément du quotidien national paraissant en version arabe et française à l’occasion de la célébration de l’indépendance) tout en remplissant ses obligations contractuelles avec la presse indépendante » qui lui procure ses principales ressources, déplore la déclaration du RPM.
Le RPM rappelle également que « ce comportement inqualifiable vient s’ajouter à d’autres tracasseries : tarissement des sources d’information et de financement, absence de concertation sur tous les problèmes concernant la presse, tracasseries administratives et financières et mise à l’écart délibérée de toutes les activités officielles ».
Enfin, les éditeurs de la presse privée invitent les partenaires économiques, techniques et financiers « à tout mettre en œuvre pour trouver des solutions idoines aux nombreux problèmes qui se posent à la presse et menacent l’existence de ce pilier de la démocratie ».
Sur les 200 millions d’ouguiyas d’aide publique à la presse privée, signale-t-on, 60 millions d’ouguiyas sont directement versés à l’Imprimerie à titre de subvention pour l’édition des organes de la presse indépendante.
Mais aujourd’hui, une source proche du collectif des patrons de presse dénonce « une mauvaise gestion cumulée de l’Imprimerie nationale sur plusieurs années, qui se retrouve sous la menace d’une faillite imminente, à défaut d’une intervention rapide du gouvernement ».

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya
Le360.ma