Mauritanie : les observateurs de l’UA rejettent les accusations de fraudes

, par  masterEveil , popularité : 11%

En Mauritanie, on est toujours dans l’attente des résultats des élections législatives, régionales et locales qui se sont tenues ce samedi. L’opposition dénonce des fraudes massives, des accusations rejetées hier lundi 3 septembre courant par les observateurs de l’Union africaine au cours d’une conférence de presse.
Le chef de cette mission, Albert Pahimi Padacké estime « prématuré de dire qu’il y a eu des fraudes massives qui impacteraient négativement le scrutin » : « Le scrutin s’est relativement bien passé. Globalement il y a eu un enjouement important de la classe politique. La population a été massivement mobilisée pour le scrutin ».

Dès samedi, l’opposition a dénoncé d’importants problèmes en termes d’organisation. Certains électeurs ayant notamment eu du mal à trouver leur bureau de vote, bureau qui avait été déplacé à la dernière minute. Une situation constatée par la mission de l’UA, mais qui pour Albert Pahimi Padacké ne remet pas en cause l’organisation du scrutin : « En effet, ce problème s’est posé au début. Naturellement, les électeurs, ceux qui se trouvent dans la partie redéployée ont dû chercher leur nouveau bureau de vote et avec l’aide des téléphones mobiles, un numéro 1717 a permis à chaque électeur de pouvoir retrouver la position de son bureau de vote. Mais c’est tout ce que nous avons observé. Il est prématuré de dire aujourd’hui qu’il y a eu des fraudes massives qui impacteraient négativement le scrutin. Il n’a pas été relevé de cas à même de compromettre la validité du scrutin ».

L’opposition vent debout

Les dirigeants des 15 partis d’opposition dont les poids lourds des islamistes de Tawassoul, le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) d’Ahmed Ould Dadah et le Front national pour la démocratie et l’unité (FNDU), se sont retrouvés pour une conférence de presse lundi soir. Ils ont dénoncé la mainmise de l’administration sur la Céni et les fraudes systématiques au profit du parti au pouvoir l’Union pour la République (UPR).

Kane Hamidou Baba, président du Mouvement pour la refondation (MPR) énumère des cas précis à l’intérieur du pays et à Nouakchott : « A l’école 5 de Tavla Zine, c’est le candidat maire de l’UPR [Union pour la République, parti au pouvoir] qui s’est pointé avec une voiture et flanqué de policiers. Donc on a bien l’implication de l’administration. Et ils ont voulu embarquer les urnes au prétexte que le président du bureau de vote est fatigué, et que par conséquent le comptage va continuer à être fait au niveau de la Céni. Le cas le plus flagrant d’ailleurs que je voudrais mettre à la disposition de la presse, c’est le cas qui s’est passé à Tchekane. A la fin du dépouillement, le président du bureau de vote a refusé de donner au représentant du MPR le PV du dépouillement de la commune de Tchekane, sous prétexte qu’ils n’ont pas fini et qu’il faut revenir le lendemain pour prendre le PV. Or le même soir, ils ont donné le PV au représentant de l’UPR ».
RFI


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