Mauritanie : toute imposition d’un « rite officiel » est anticonstitutionnelle

, par  masterEveil

"Quiconque encourage un discours incendiaire contre le rite officiel de la République islamique de Mauritanie est puni d’un (1) an à cinq (5) ans d’emprisonnement".
Mais alors quel est le « rite officiel » adopté par la République Islamique de Mauritanie et en vertu de qu’elle norme juridique l’État mauritanien peut-il imposer un choix ou officialiser un rite plutôt qu’un autre ?
Dans ce cas de figure, il faut se tourner vers la loi fondamentale du pays.
Or, la Constitution actuelle de la Mauritanie ne définit AUCUN rite à suivre. Pas plus qu’elle ne donne d’indication quelconque à cet égard.
Laissés à eux-mêmes, certains dirons : « sunnite ». D’autres, plus mercantiles, diront « wahabite ». Quant à ceux à tendance plus sanguinaire, diront « salafiste ». Tous ces rites sont praticables dans un « État islamique », à moins que la Constitution n’en donne, en termes clairs, une préséance à « un » au détriment des autres, ce que notre Constitution ne fait pas !
En effet, selon la Constitution en vigueur aujourd’hui dans notre pays, vague et laconique soit-elle, "La Mauritanie est une République Islamique" (article 1) ; et, "l’islam est la religion du peuple et de l’État" (article 2). Sans plus !
La logique juridique derrière ces dispositions est que chaque "MUSULMAN" en Mauritanie a le droit de suivre le rite qui lui convient, en autant qu’il reste à l’intérieur des paramètres de « l’ISLAM » de « Oumetu Mohamed (ASWS) ».
Par conséquent, toute « définition », « hiérarchisation » ou « restriction » du rite en Mauritanie est manifestement anticonstitutionnelle et NULLE de nullité absolue.

Par Maître Takioullah Eidda, avocat (Montréal, Canada)