Mauritanie : trois entreprises publiques vont licencier 1.000 fonctionnaires

, par  masterEveil

Trois entreprises publiques durement touchées par la crise vont dégraisser du personnel. Un millier de postes sont concernés par cette opération inédite dans la fonction publique mauritanienne.

Les restructurations des entreprises publiques mauritaniennes traversant de graves crises auront des impacts négatifs pour de nombreuses familles. En effet, selon diverses sources concordantes, l’Etat a décidé de revoir le fonctionnement de certains établissements déficitaires et qui ne vivent qu’avec le soutien permanent des subventions étatiques.

Ces entreprises ayant souvent des effectifs pléthoriques, sont obligés de dégraisser. Les rapports d’audits relèvent de nombreux manquements : « charges exorbitantes, laxisme dans la gestion des biens sociaux, personnels pléthoriques, salaires de complaisance, impossibilité de recouvrement des créances, etc. ».

Au départ, cette opération devrait concerner 3.000 postes. Toutefois, mettre autant de familles à la porte dans une conjoncture économique difficile risquait de faire tache pour un gouvernement de moins en moins populaire. Ainsi, selon diverses sources, après moultes opérations, cette réduction des effectifs a été ramenée à un millier de personnes.

Cette situation se justifie par la conjoncture difficile que traverse le pays suite à la baisse des recettes provenant des secteurs miniers dans le sillage de la baisse des cours des métaux sur le marché international. Une situation qui pousse l’Etat à l’austérité et à revoir la situation de nombreuses entreprises publiques devenues trop budgétivores sans réellement jouer leurs missions. En clair, pour l’Etat, la gestion approximative des entreprises publiques qui a prévalu jusqu’à présent ne peut plus être tolérée.

Si plusieurs entreprises sont ciblées par les autorités, certaines d’entre elles son particulièrement concernées par ce mouvement de restructuration. C’est le cas notamment de la Sonimex –Société nationale d’import/export, crée au début des années 1970 et qui avait le monopole de l’importation des denrées essentielles de base. Seulement, avec le processus de libération, celle-ci a perdu son monopole pour devenir quasiment une coquille vide avec toutefois un effectif pléthorique.

Ce plan de restructuration va également concerner la Société des transports publics (STP) et l’Agence de promotion des caisses populaires d’épargne et de crédit (Procapec). Si la première fait face à l’éternel problème que rencontrent les transports publics, la seconde a été minée par les impayés et le laisser-aller durant plusieurs années.

Ces restructurations sont jugées nécessaires afin d’assurer la pérennité de ces entreprises. Les rapports d’audits indiquaient la nécessité de supprimer 3.000 fonctionnaires dans les entreprises publiques.

Conséquence, c’est la panique totale dans le personnel des trois entreprises publiques. Chaque salarié craint désormais de figurer dans la liste des futurs licenciés et ce d’autant plus que l’Etat n’a pas laisser filtrer la moindre information sur la manière dont il compte mener cette opération qui laissera un millier de fonctionnaires sur le carreau.

Reste que cette première phase de dégraissage, si elle se déroule normalement sans trop de casse, pourrait induire d’autres licenciements au niveau de la fonction publique mauritanienne tant le nombre d’entreprises publiques en difficulté et traînant des sureffectifs sont nombreuses. Or, la rationalisation des effectifs reste un des fondements de la bonne gestion d’une entreprise.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya

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