Mort de Mandéla : Une icône universelle s’en est allée

, par  Webmastrer , popularité : 10%

L’ancien président sud africain et symbole de la lutte contre l’apartheid, est mort le 05 décembre dernier à l’âge de 95 ans. Nelson Mandela dit Madiba, aura vécu, des années durant, pour la cause des noirs en Afrique du Sud.

Parmi les prisonniers politiques les plus célèbres, sinon le plus célèbre après 27 ans de vie dans les geôles sud africaines, Madiba restera à jamais une légende de la lutte pour l’émancipation des noirs pour avoir marqué d’une empreinte indélébile, l’histoire de l’humanité. Hospitalisé l’été dernier pour infections pulmonaires, bien qu’affaibli, il retrouvera un état de santé « stable ». Le destin aura raison de lui et Mandela est parti, laissant dernière lui, un peuple pleurant non seulement sa mort, mais inquiet de l’avenir du pays en proie à des violences qui font naître de vieux souvenirs.

Depuis l’annonce de son décès, tout un peuple s’est mobilisé pour rendre un dernier hommage à celui qui a été un symbole, une légende pour la liberté et la justice en Afrique du sud, un pays jadis sous domination de la race blanche qui a terrorisé une autre race humaine. Les drapeaux sont en berne en Afrique du Sud et même dans d’autres pays du monde pour compatir à la douleur qui frappe le peuple sud africain.
Mandela a lutté de manière historique et sans relâche contre un système, l’apartheid, mis en place par les anciens dirigeants blancs tels que Peter Botha, Fréderic De Klerk (dernier président blanc). Ce combat a fait de lui, un héros en Afrique du Sud et un symbole de paix dans le monde entier. Tout comme ses actions pacifiques contre la ségrégation raciale et pour l’établissement d’une démocratie sud-africaine lui ont valu d’être lauréat du Prix Nobel de la paix en 1993.
Né en 1918 au sein du clan royal des Thembu dans la région des Transkei au sud du pays, Mandela a commencé à découvrir la politique lorsqu’il est arrivé à Johannesburg. A 25 ans déjà, il rejoint les rangs de l’African National Congres (ANC), un parti qui défend bec et ongle les intérêts de la majorité noire contre la minorité blanche. Mais c’est en 1948 lorsque le parti national a remporté les élections nationales et met en place le concept d’apartheid que les choses ont vraiment dégénéré. C’est la séparation des races qui entraînera des ségrégations de tous ordres. L’ANC se lance dans des campagnes de mobilisation non violentes basées sur la désobéissance civile, inspirées des méthodes de Gandhi en Inde.
Il sera interdit par le pouvoir en 1960. Mandela donne alors au mouvement un tournant plus radical en fondant une branche militaire qui favorise l’action armée. Sabotages d’installations symboles de l’apartheid, grèves : le mouvement multiplie les attaques ciblées. Il sera alors arrêté en 1962 et condamné deux ans plus tard à la réclusion à perpétuité à Johannesburg.

Un long séjour carcéral

Depuis sa condamnation à perpétuité, Mandela va subir toutes les affres de la prison. Il y effectue des travaux forcés à longueur de journée, dans une carrière de chaux, où il casse des cailloux. Exposé au soleil et à la poussière pendant des années, Mandela y voit sa santé se détériorer. Mais aussi c’est à la prison que Mandela a encore forgé sa personne. Toutes ses vertus ont pris naissance dans cette geôle. "Quand j’ai franchi les portes de la prison, telle était ma mission : libérer à la fois l’opprimé et l’oppresseur", a-t-il expliqué. D’ailleurs, c’est grâce à son emprisonnement que sa notoriété comme tout opposant politique d’ailleurs, a grandi. C’est d’abord l’Assemblée des Nations Unies qui déclare en 1971 l’apartheid crime contre l’humanité.

Mandela, une cause internationale

Lorsque le prisonnier noir Mandela a été transféré en 1982 dans une autre prison de la banlieue du Cap, son affaire devient une cause de mobilisation internationale. La pression locale et mondiale exercée sur le gouvernement sud-africain influence d’ailleurs fortement sa libération, le 11 février 1990. La levée de l’interdiction de l’ANC est également annoncée par le président sud-africain d’alors Frederik De Klerk. Des négociations politiques s’ouvrent, les dernières lois sur l’apartheid sont supprimées en 1991 mettant fin à la ségrégation raciale.
A la tête du parti ANC, il remporte les premières élections générales multiraciales et accède à la présidence du pays en 1994. Ainsi commence le rapprochement entre races et la réconciliation est prônée par Mandela afin d’envisager un avenir radieux du pays. Faut-il souligner que sans cet esprit de dépassement de Mandela, l’Afrique du Sud ne serait pas aujourd’hui cité en exemple partout dans le monde comme un modèle de retrouvaille des peuples qui ont longtemps vécu le joug des autres. Aujourd’hui, Mandela est un exemple dans le monde.
Il a engagé la réconciliation nationale, la reconstruction d’un pays devenu pauvre à cause de l’apartheid et une nouvelle constitution a vu le jour. Après avoir mis en place tous ces instruments, réussi à tourner la page de l’apartheid, Mandela a décidé en 1999, après la fin de son premier mandat, de prendre la retraite. Fait rare dans nos jeunes démocraties africaines en proie à des conflits fratricides et armés sans issue favorable.

Un respect à l’échelle planétaire

Après avoir réussi à remettre en selle un pays jadis à genou, Mandela devient une personnalité très respectée en Afrique du Sud et à travers le monde grâce à ses vertus cardinales : le pardon, la réconciliation et la reconnaissance du droit et de la justice pour tous. Mandela est donc devenu, par la force de l’estime et de l’épreuve, une "icône mondiale de la réconciliation", selon l’archevêque sud-africain Desmond Tutu et devient l’un des ex-hommes d’Etat les plus respectés au monde.
Aujourd’hui, malgré sa mort, Mandela restera une figure très respectée de par le monde et un exemple à suivre pour réconcilier nos peuples encore déchirés pour des intérêts partisans. Le Rwanda est passé par là. D’autres pays suivront. Pourquoi pas d’ailleurs la Mauritanie, qui a traversé également une période sombre de son histoire. Il y a là matière à réflexion pour un esprit de dépassement, de pardon, de réconciliation loin des attitudes vengeresses et haineuses. Pourtant, cela est bien possible surtout dans un pays musulman où les vertus de l’islam ont fini par conquérir les cœurs et les esprits. Certes, avec la mort aujourd’hui de Madiba, et les témoignages sur ses vertus et ses qualités humaines intrinsèques, nos petits pays sauront revoir leurs copies et se tourner vers un rapprochement des communautés et des peuples d’Afrique.
Les dirigeants africains, les intellectuels, les artistes, ceux-là qui se sont tous engagés pour défendre Mandela pendant des années de braises, sont interpellés afin de tourner la page des conflits et ouvrir celle du développement. 

Des valeurs humaines reconnues et à s’inspirer

Le président Mandela selon un homme politique sénégalais, « croyait à la contagion des valeurs ». Appartenant aujourd’hui, à notre mémoire collective, Mandela, est devenu, « un homme d’exception » qui ne s’est pas contenté « d’incarner avec incandescence la notion de vertu au sens large, mais il a contribué à redonner de la substance, de la hauteur et du sens aux valeurs de courage, d’endurance, de tolérance, de liberté, de justice et de fraternité humaine » lui reconnaît Ousmane Tanor Dieng Secrétaire Général du PS sénégalais.
Pour sa part, Abdou Diouf, Secrétaire Général de la Francophonie, il a salué celui qu’il considère comme « le militant des causes justes ». Réagissant à l’occasion de son décès, l’ancien président du Sénégal a écrit : ’A l’heure où le monde entier pleure l’une des plus importantes figures du 20e siècle, je retiendrai, pour ma part, l’image de celui qui fut un militant des causes justes et un homme politique de premier rang, celui qui, après 27 ans de captivité, a su trouver au fond de lui-même les ressources nécessaires pour pardonner’’. Pour M. Diouf, ’’Nelson Mandela continuera, pendant très longtemps à inspirer les femmes et les hommes de notre temps ainsi que les générations futures’’.
En tout cas, l’Afrique du Sud est en deuil, le monde entier aussi. Des chefs d’Etat et de gouvernement se sont rendus en Afrique du Sud, pour rendre un dernier hommage au combattant de la liberté et de la justice. Toutefois, il faut s’en inspirer. Un simple voyage ne suffit pas. Le peuple sud africain a raison de s’inquiéter de l’avenir de leur pays avec la recrudescence de la violence partout dans le territoire. Un autre apartheid aura-t-il lieu ? C’est là toute la question. Gageons qu’en se revêtant des vertus de Madiba, plus jamais un autre apartheid au pays Zoulou.

Moulaye


Echos&Confi

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