Opinion : du Naufrage de l’Opposition à la Poussée Extrémiste

, par  masterEveil , popularité : 11%

En Mauritanie, le verdict des urnes a tiré la sonnette d’alarme dans le pays. Malgré la majorité écrasante réalisée par le parti au pouvoir, Union Pour la République, l’élite mauritanienne est aujourd’hui inquiète par les résultats du parti islamiste Tawassoul, qui devance ses pairs de l’opposition.

Des partis politiques, qui jusque-là se considéraient comme la pierre angulaire de l’opposition, se sont retrouvés en bas de l’échelle en raison d’un mauvais jeu politique récurent.

Le Boycott

Une erreur commise deux fois n’en est plus une, elle devient un choix. C’est dans ce mauvais choix que notre opposition baigne depuis plusieurs décennies. Tout commence en 1992 quand elle cède à la dictature l’ensemble des institutions représentatives, abandonnant ainsi un peuple dont elle était l’unique espoir à cette époque. S’en suivit une kyrielle de fausses manœuvres dont le régime dictatorial de l’époque a largement profité. Heureusement qu’un groupe d’officiers consciencieux et patriotes a mis fin au régime de la gabegie institutionalisée.

L’ère nouvelle qui débute n’a pas inspiré aux leaders de l’opposition l’actualisation de leurs programmes dont les idéaux sont mis en œuvre par le nouveau régime. Ce qui justifie un mouvement migratoire massif et continu vers la majorité. L’élite, qui hier réclamait un véritable État de droit où la liberté et la sécurité vont de pair, a abandonné les partis de l’opposition et s’est livré à la construction de la Mauritanie Nouvelle, tant attendue.

Quant à eux, nos chers leaders opposants entourés de nouveaux amis nostalgiques du système de la corruption, ont continué à verser dans les mauvais stratagèmes, la crispation et l’égoïsme aiguë ; laissant le champ libre aux obscurantistes.

Tawassoul qui fait de la religion une monture politique, n’a pas raté l’occasion en 2013 en poussant l’opposition à boycotter le scrutin, pour y participer tout seul. Un coup dur que l’opposition s’est promise de corriger en 2018, mais trop tard : le RFD du président Ahmed Ould Daddah, autrefois meneur de jeu à l’opposition, n’arrive pas à faire le quart des résultats de Tawassoul aux législatives ; les municipales, n’en parlons même pas.

Le Danger

Fort des financements extérieurs et des branches multisectorielles auxquelles nous reviendrons plus tard, les islamistes ont largement profité du morcellement de l’opposition historique et de la coupure que celle-ci a créé avec ses bases, ou ce qui en reste.

Ils ont ainsi conquis l’institution de l’opposition démocratique, eux qui n’ont aucune notion de démocratie et essayent d’en tirer profit pour l’atteinte d’un objectif transfrontalier. L’exemple de Bassiknou en 2006 est à cet égard édifiant, le candidat islamiste doublement malheureux a enjambé la frontière pour diriger une qatiba d’AQMI. Ceci nous donne une idée claire et effrayante sur l’idéologie de cette formation islamiste dans la forme, terroriste dans le fond.

Un petit tour d’horizon dans la sous-région et dans le monde arabe, justifie la multiplication des appels de l’élite mauritanienne pour l’extraction de la tumeur tant que c’est encore possible.

Deddah Fadel


Echos&Confi

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